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De quoi Gradur est-il le nom ?

La sortie la semaine dernière du 1er album de « L’homme au bob », judicieusement appelé du même nom, a fait grand bruit, à tel point que le rappeur de Roubaix / Hem s’est retrouvé tout bonnement en tête des ventes de la semaine. Qu’est-ce que cela nous dit ?

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Tout d’abord, pour ceux qui en doutaient, que les cultures urbaines n’ont rien de marginal, d’expérimental ou de réservé à une frange spéciale du public. Non, les cultures urbaines en 2015 c’est tout bonnement la culture; et on peut même dire que c’est la culture de masse. On notera avec une certaine jubilation d’ailleurs les 5 premières ventes d’album de la semaine : Gradur, Christine and the Queens, 50 shades of Grey, Kendji, Scorpions, Soit un homme au bob, une digne représentante de la variété française intello,  la BO d’un film ultra commercial, l’album d’une star de la télé, et un groupe de hard rock des années 80. Bel éclectisme que celui des français cette semaine…

Gradur est-il pour autant synonyme de qualité, de contenu culturel dense, d’innovation artistique ? On peut en douter, mais finalement mon avis importe peu. En tant qu’adjoint à la culture, mon rôle n’est pas d’être l’arbitre des élégances et de prononcer des jugements artistiques, mais de mettre en place une politique culturelle qui serve la ville et ses habitants. Et dans la politique culturelle que nous mettons en place, il y a une place toute  particulière pour les cultures urbaines, je me suis récemment exprimé sur le sujet en rappelant que Roubaix voulait et pouvait être une « capitale des cultures urbaines ».

Enfin, Gradur c’est aussi le nom de celui qui réussit. Qu’on le veuille ou non, quoi qu’on en pense, c’est un exemple de réussite. C’est la preuve qu’on peut venir de Roubaix, tourner ses vidéos à Schweitzer, ET avoir 10 millions de vues sur Youtube et être numéro 1 des ventes à sa sortie. C’est un exemple non pas artistique – chacun sa voie, chacun sa voix – , mais un exemple qu’on peut y arriver, qu’il peut y avoir une place pour chacun même venant de Roubaix. Si un seul roubaisien se dit « moi aussi je veux faire comme Gradur, me lancer, tenter ma chance car je crois à mon talent et je veux en faire mon métier », son impact aura été positif. Là aussi mon rôle est de susciter ces talents, de les faire émerger, d’aider à les structurer et à les accompagner par les équipements culturels et les associations de la ville. Je crois que la ville n’a pas à rougir de son bilan, et j’espère bien l’améliorer encore.