Les belles surprises de la 14ème Nuit des Arts de Roubaix

Décidément, on ne se lasse pas de la Nuit des Arts, et cette dernière édition, le 3 décembre 2016, nous a montré à quel point on pouvait encore se laisser surprendre, émouvoir, étonner par cette manifestation tellement représentative du tissu culturel roubaisien.

 

L’ouverture du Delta Studio

L'installation de Manon Thirriot (photo Delta Runspace)

L’installation de Manon Thirriot (photo Delta Runspace)

C’était la grande sensation de cette Nuit des Arts, et la raison pour laquelle le pot de clôture s’y situait : l’ouverture d’un nouveau lieu culturel, hybride, le Delta Studio, au 158 rue Pierre de Roubaix. Dans les bâtiments des anciennes usines Boléra, Boris Lafargue, sculpteur, a ouvert un « artist run space », où se retrouveront des studios d’artistes, des artistes en résidence, une entreprise d’encadrement, et un fort bel espace  où il compte faire 3 ou 4 expositions par an.

Une belle ambition, et l’expo d’ouverture était plus que concluante, avec plusieurs artistes de renom qui formait un ensemble cohérent et convaincant.

Un lieu à suivre assurément !

 

Un air d’années 80 au Non-Lieu

la foule se presse au concert du Non Lieu (photo Non Lieu)

la foule se presse au concert du Non Lieu (photo Non Lieu)

Une nouvelle fois, le concept « Small is beautiful » du Non-Lieu a fait carton plein, on avait même l’impression d’une foule encore plus nombreuse que d’habitude qui se pressait dans les espaces magnifiques de l’usine ; peut-être était-ce aussi en raison d’une programmation musicale inhabituelle en ces lieux, avec un groupe de reprise des années 80, et je dois dire que quand les premières notes de Manureva ont retenti, une envie de chanter et danser dans l’usine s’est emparée de moi J

 

Une Braderie de l’Art qui bouge

La Braderie de l’Art est une des institutions de la Nuit des Arts, mais loin de se reposer sur ses lauriers, elle bouge et se métamorphose chaque année. Ainsi, 70% de nouveaux exposants, une forte représentation des collectifs, et surtout l’impression d’un fort tournant vers le design et le mouvement des makers, en parfaite ligne avec l’air du temps et pas mal d’autres initiatives de la Condition Publique. N’est-ce pas sa vocation finalement de faire une synthèse du moment ?

 

Au fil du bain – «Ceci n’est pas un arbre de Noël » d’Isabelle Ramnou à La Piscine

des photos se reflètent dans des flaques d'eau sepia en céramique...un détail de l'oeuvre d'Isabelle Ramnou

des photos se reflètent dans des flaques d’eau sepia en céramique…un détail de l’oeuvre d’Isabelle Ramnou

La Piscine a fait très fort encore cette année avec sa traditionnelle commande de Noël, fort justement intitulée « ceci n’est pas un arbre de Noël ». Isabelle Ramnou, céramiste, propose une très réussi installation dans le Grand bassin, entièrement en céramique et porcelaine, bluffante de réalisme, de poésie, de nostalgie. Les maillots de bain d’époque de La Piscine sont reconstitués en porcelaine, de même que les serviettes ou une photo souvenir ; des gouttes d’eau reprennent délicatement des photos de baigneurs, des traces de pieds de quelqu’un qui s’en va, et qui commencent déjà à sécher et à s’estomper. Un beau mélange présent et passé, sur le thème du départ et de l’absence ; une œuvre qui mérite assurément qu’on se pose quelques minutes pour l’admirer en toute tranquillité

 

Artiste et employé municipal –  au Camion

20161203_154453

C’est en visitant la double exposition photo du Camion que j’ai appris que l’un des 2 artistes, Artefact usw, était aussi employé à la Médiathèque ! Une double compétence fort sympathique, tout comme ses photos de femmes, crues, pleines de force et de vitalité, et qui accrochent le regard avec un vrai brio. Le Camion se distinguait aussi par un concert de Christophe Marquillies, tranquille, qui a réjouit ses nombreux fans locaux !

 

Une muse à l’atelier de Witold Heretynski

20161203_161655

Les photos de Danièle, les toiles de Witold

Danièle avait toujours été la muse de Witold, et un célèbre portrait sur le pignon d’un immeuble de bld du Général de Gaulle le montrait assez. Le portrait existe toujours, la muse aussi, et elle inspirait pour cette édition  des photographes, en collaboration avec les Salon des Artistes Roubaisiens ; et c’était un réel étonnement de voir que le visage de Danièle pouvait donner lieu à tant de variations, d’images, de perceptions. Une belle proposition.

 

le XI en (r)êve

 

20161203_184525

L’installation de Régis Marie

On connaissait le 11 rue du Grand Chemin précédemment comme l’atelier de Nicolas Tourte; Nord Artistes avait aussi investi le lieu, c’est maintenant la plasticienne Eve Lagarde qui l’occupe et qui a invité plusieurs artistes pour la nuit des Arts, dont Régis Marie, un habitué de la #NDA; on a adoré l’ambiance très contemporaine et familiale à la fois du lieu, on espère qu’il est parti pour longtemps !

20161203_181848

Et c’est sans compter le 35 autres lieux qui étaient ouverts, et même des « off », comme ce Tom Tom Coffee de la place de la Gare ouvert trop récemment pour être inclus dans le programme « officiel » et qui proposait quand même une exposition de Al’pics’addict, juste pour le plaisir de participer à l’événement. Continuez comme ça !

30 mois avec Jérôme Dumont à la Mairie de Roubaix

Je m’étais fendu d’un post de blog pour me réjouir de son arrivée, il paraissait logique que je fasse de même pour célébrer son départ !

Car, après 30 mois de bons et loyaux services, Jérôme Dumont, « le dircom de sa ville », renoue avec ses anciennes amours. Mais il aura marqué son passage, et je voudrais retenir quelques-uns des moments marquants de notre collaboration.

Le NRJ Music Tour

Ce fut un sacré coup de tonnerre quand Jérôme Dumont nous annonça en réunion que le NRJ Music Tour viendrait à Roubaix. A vrai dire, la plupart des élus ne semblaient pas réaliser l’importance du truc ; mais la liste des invités que Jérôme annonçait était juste incroyable (Kendji, Indila, Sam Smith !) ; je demandai benoîtement si c’était bien Cauet lui-même qui présenterait ; Jérôme me le confirma avec délectation. Je savais qu’on tenait une manifestation emblématique…

 

Roubaix au 20h de TF1

Il paraît que dans le temps, dans les écoles de comm, on disait que « faire le 20h de TF1 » c’était le Graal de tout communicant. Et il paraît que c’est encore vrai, qu’on n’a toujours pas trouvé mieux pour mettre un maximum de millions de Français devant le même sujet. Eh bien ce Graal, Jérôme Dumont l’a trouvé pour Roubaix. C’était le 25 janviers 2016, et c’était bien sûr sur un reportage sur les familles Zéro Déchet. Evidemment, c’est un travail collectif du service, de la comm, des élus, un patient travail de lobbying, de réseautage, de relations publiques. Mais quelle fierté de voir qu’on parle au niveau national de la ville pour ce programme qui nous tient tant à cœur !

 

L’affiche de #XU

xu2015

Un des secrets de la bonne entente avec un service comm, c’est de le laisser faire son travail, rien que son travail, et tout son travail. Le service culture avait préparé un projet de comm sur le nouveau festival consacré aux cultures urbaines. Au milieu de l’argumentaire consacré à justifier « Expériences urbaines », je note le nom du fichier de l’image en pièce jointe : xu.pdf. Et l’image en question était une vue en contre-plongée parfaitement iconique de l’immeuble 70s sous-estimé du rond-point de l’Europe. C’était bien plus qu’assez pour me convaincre.

 

Le naming de La Grand Plage

inauguration-la-grand-plage

Cela nous est apparu tout de suite comme une évidence ; même s’il  fallait sans doute toute l’inconscience d’un élu et d’un dircom fraîchement nommés pour se lancer là dedans : à sa réouverture, la Médiathèque de Roubaix allait changer de peau, de stature, d’aura ; il convenait qu’elle change aussi de nom. Et pour bien faire, une méthode participative maison pour agrémenter le tout. Le résultat a décontenancé certains et enthousiasmé d’autres, mais La Grand Plage est maintenant installée depuis plus d’un an sur la scène roubaisienne et n’est pas prête de la quitter !

 

La présentation de la nouvelle plateforme de communication de la ville.

Sa dernière intervention officielle au Conseil d’Administration, où il a présenté et défendu avec son brio habituel et incomparable la nouvelle communication de la ville de Roubaix. C’était un pur bonheur de l’entendre défendre et illustrer l’image de la ville, les punchlines pleuvaient comme à Gravelotte, nous sommes tous ressortis regonflés à  bloc d’une présentation aussi enthousiaste.

 

Car oui, c’est difficile de garder l’enthousiasme quand on est élu, confronté aux difficultés quotidiennes, après plus de 2 ans. Pendant ces 30 mois, Jérôme a réussi à nous faire aller au-delà de ça pour retrouver le cœur de notre amour pour cette ville. Grâces lui en soient rendues.

Dorignac, ou le « métier » de La Piscine

Nous inaugurons ce soir les 2 nouvelles expositions de La Piscine, l’une consacrée à Georges Dorignac, l’autre à la nouvelle présentation des collections animalières du Musée.

dorignac-1

Ces deux expositions sont un magnifique exemple du travail de redécouverte que mènent Bruno Gaudichon et son équipe. Certes, ils ont à cœur de présenter des artistes connus du plus grand nombre, et on se souvient de l’affluence exceptionnelle que connaissent des expositions comme celles consacrées à Chagall et Picasso, avec plus de 100 000 spectateurs.

Mais le cœur du « métier » de la Piscine, si j’ose m’exprimer ainsi, c’est aussi de proposer des redécouvertes d’artistes d’exception, qui méritent un éclairage particulier ; et d’amener un nombre important de visiteurs à découvrir eux aussi ces formidables artistes.

C’était le cas, dans les expositions précédentes, d’Albert Braïtou Sala, ou tout récemment de Jean Martin ; et grâce au travail du musée, à la confiance qu’il a su susciter, et aussi à un travail scientifique remarquable, des dizaines de milliers de visiteurs ont pu admirer les œuvres de ces artistes ; et les replacer à nouveau dans la carte de l’art du 20ème siècle.

dorignac-2

C’est aujourd’hui le cas de Dorignac et de certains sculpteurs animaliers,- je pense en particulier à Marcel Lémar, auquel La Piscine avait déjà consacré une remarquable exposition monographique il y a quelques années ; et je souhaite que ces expositions remportent le même succès, comme cela semble être le cas sur les premiers jours d’ouverture !

Par ailleurs, je me réjouis que La Piscine mène, depuis son ouverture, un réel travail de fond sur la sculpture, travail qui constitue l’une des forces du Musée comme en témoigne l’emblématique Grand Bassin.

Nous avons ainsi accueilli le mois dernier le colloque « Montrer la sculpture », en partenariat avec l’Institut National d’Histoire de l’Art, et qui rappelait à quel point la Piscine est un des musées majeurs sur la sculpture des 19ème et 20ème siècles en France ; et qu’un des enjeux de l’agrandissement du musée serait de donner encore plus à voir pour la sculpture, en particulier avec l’installation unique de l’atelier restitué d’Henri Bouchard.

La nouvelle présentation sur la sculpture animalière en est aussi une très belle illustration. Elle donne un aperçu passionnant de notre collection permanente.

Je voudrais terminer en saluant Cédric Guerlus, dont la scénographie met avec talent en valeur la collection animalière, tout en facilitant la visite des groupes, en particulier des enfants et des jeunes, qui sont nombreux à visiter ces collections du Musée.

extrait du discours prononcé le 25 novembre 2016 pour le vernissage de l’exposition Dorignac au Musée la Piscine

dorignac-3

Notre Dame de Paris en avant première au Colisée Roubaix

Déjà 20 ans que Notre Dame de Paris, la comédie musicale de Luc Plamondon et Richard Cocciante, a marqué l’histoire de la variété française. Je ne vous ferai pas l’insulte de vous rappeler les incroyables tubes qu’elle contient, et puis si quand même : Le temps des cathédrales, Aimer, Vivre…Le genre de tubes où, même après l’avoir entendu des centaines de fois à la radio et à la télé, tu as la chair de poule en reconnaissant les premières notes dans le spectacle.

Un beau décor et une mise en scène astucieuse

Un beau décor et une mise en scène astucieuse

Car aujourd’hui, 20 ans après, le spectacle est remonté, remis en scène, remis au goût du jour. Seul Daniel Lavoie subsiste du cast original, mais les « nouveaux » chanteurs font à vrai dire aussi bien l’affaire que Garou et Patrick Fiori, les créateurs des rôles de Quasimodo et Phébus.

Le Colisée a eu l’honneur, en raison de la taille de son plateau comparable aux plus grandes scènes parisiennes, d’accueillir les répétitions de ce nouveau spectacle et les 2 premières représentations, en avant première nationale, avant plus de 50 dates au Palais des Congrès à Paris, puis une méga tournée.

Disons-le tout de go : cette nouvelle production est franchement réussie. Les nouveaux interprètes sont largement à la hauteur des originaux, avec une mention spéciale pour Hiba Tawaji, qui reprend haut la main l’Esmeralda créée par Hélène Ségara il y a 20 ans.

Le décor est à la fois sobre, éloquent, efficace, et très modulaire; se prêtant à de nombreuses modifications pour les tableaux assez nombreux qui émaillent le spectacle. Et les chorégraphies sont aussi au goût du jour, avec une inspiration hip/hop ninja plutôt inattendue et qui fonctionne assez bien.

S’il fallait regretter une seule chose, c’est la bande son qui accompagne le spectacle; l’absence de « vrais » musiciens sur scène est parfois vraiment dommageable; mais il faut tempérer ce bémol et en reconnaissant que le spectacle est une vraie collection de tubes, qu’on fredonne rapidement ou qu’on reprend en choeur; et la foule ne s’y est pas trompée avec une standing ovation finale bien méritée !

Le Colisée Roubaix c’est vraiment un théâtre parfaitement adapté à la comédie musicale, il l’avait prouvé en son temps avec West Side Story ou Porgy and Bess, aujourd’hui avec Notre Dame de Paris, espérons que de pareils moments soient programmés la saison prochaine !

Ce diaporama nécessite JavaScript.

 

 

J’ai décidé de soutenir Alain Juppé à la « Primaire de la Droite et du Centre »

Nous entrons dans la dernière ligne droite de la Primaire de la Droite et du Centre; 2 débats ont déjà eu lieu entre les 7 candidats sélectionnés, les positions sont maintenant bien connues et je crois que le temps est venu pour moi de prendre parti et de l’annoncer publiquement.

Alain Juppé en meeting à Villeurbanne (photo La Croix)

Alain Juppé en meeting à Villeurbanne (photo La Croix)

Il est temps de prendre parti, car le lauréat de cette primaire aura de bonnes chances d’aborder l’élection présidentielle dans une position de force, et que je souhaite vivement que ce candidat me représente du mieux possible.

Il est temps de l’annoncer publiquement, car, conscient du poids modeste de ma fonction, je considère néanmoins que c’est à la fois mon devoir d’élu local de prendre part aux débats de la nation; et que cette prise de position constitue un indicateur utile pour situer mon action d’élu par rapport aux enjeux nationaux.

C’est vers Alain Juppé que se porte mon choix pour le 1er tour de ces primaires; et ce pour des raisons assez simples.

Pour la sensibilité centriste qui est la mienne, c’est clairement lui le candidat qui porte le plus haut les idées de réforme économique, de progrès social, mais surtout et avant tout de modération et de souci du consensus national; et sa belle formule de « l’identité heureuse » me ravit particulièrement.

Un des enseignements des débats de ces primaires, c’est que je ne crois pas du tout à la rupture, au « renouveau », aux mesures extrêmes, bref aux mesures simplistes qui prétendent résoudre en 6 mois les problèmes de la France depuis 30 ans. Surtout quand elles sont promues par ceux qui l’ont dirigée pendant 5 ans.

Et en particulier, réveiller les antagonismes, opposer les uns aux autres, aller toujours plus loin dans le clivage ne me semble pas souhaitable pour celui qui conduira la destinée du pays pendant 5 ans.

aj-gd

photo Voix du Nord

Les 20 et 27 novembre prochain, je soutiens le processus des primaires en présidant le bureau de vote du Foyer-Restaurant du Boulevard de Fourmies.

Quelle que soit leur opinion, j’invite tous ceux qui souhaitent agir pour la désignation du candidat de la droite et du centre à venir voter les 20 et 27 novembre prochaine, en rappelant que ces primaires sont ouvertes à tous ceux qui en partagent les valeurs et qu’il n’est absolument pas besoin d’être membre d’un parti. Pour connaître votre bureau de vote, une seule adresse : http://www.primaire2016.org/ou-voter/

 

 

A la création mondiale de « Auguri » d’Olivier Dubois

20160810_214753

Le flyer… »Weltpremiere » !

C’est peu dire que la création d’Auguri, d’Olivier Dubois, était attendue avec impatience. Non seulement parce que c’est sa première « grande » création depuis son arrivée à la tête du Ballet du Nord – CCN Roubaix, mais aussi – et surtout – parce que c’est la nouvelle création d’un des chorégraphes français les plus reconnus dans le monde entier.

Sa pièce précédente, Tragédie, est un succès phénoménal, tant vis-à-vis des critiques que du public (j’en parlais ici) ; avec déjà plus de 100 représentations depuis sa création au festival d’Avignon en 2013, pour une œuvre qui implique une vingtaine de danseurs, c’est réellement un « tube » de la danse contemporaine ; et d’ailleurs la troupe du Ballet du Nord s’envole la semaine prochaine pour Sydney où 3 représentations y seront données.

Grâce au Ballet du Nord, j’ai pu donc assister hier à la création de l’œuvre au Kampnagel, qui faisait l’ouverture du très réputé Sommerfestival de Hambourg… et j’ai été emballé. On retrouve tout ce qu’on aime dans l’art d’Olivier Dubois : des danseurs impliqués à l’extrème, des idées et des concepts travaillés jusqu’au bout, une précision et une rigueur hallucinantes, une mise en scène sobre mais prenante, la musique électro de François Cafenne qui fait partie intégrante de l’œuvre.

salut final

salut final. Pas de photos du spectacle, parce que c’est interdit…(les premières photos de presse arrivent bientôt!)

De quoi s’agit-il concrètement ? 24 danseuses et danseurs (oui, Olivier Dubois aime les groupes et les œuvres d’ampleur) travaillent un geste à la fois simple et peu utilisé dans la danse : ils courent. Seuls, à deux, à 3, à douze, à 24. Ils forment des boucles, des figures, des cercles, des aller-retours, sans jamais s’arrêter de courir. Ils se suivent, se font face, s’évitent, se font miroir, et disparaissent en un instant derrière un fond de scène mystérieux et en évitant 4 boîtes disposées sur le plateau.

Mais on se rend vite compte qu’il y a une infinité de manières de courir, et que chaque danseur a son style de course bien à lui, qui peut aussi changer, évoluer,  exprimer bien des choses. Et malgré une durée tout à fait raisonnable, à peine plus d’une heure, on est rapidement saisi par une sorte de transe devant ces courses infiniment diverses, expressives, impressionnantes, dont les subtiles variations sont finalement perçues comme des révolutions. Pour retrouver une des acceptions originales de « Auguri », les parcours des danseurs m’ont aussi évoqué des oiseaux volant en nuée, dans des figures toujours renouvelées, d’une complexité rare et malgré tout dans une parfaite coordination…

Alors oui, cet « Auguri » est une digne suite de « Tragédie »; et on ne peut qu’espérer que le même succès public et critique sera au rendez-vous.

Auguri donnera aussi lieu à une déclinaison avec des amateurs, « Auguri Extended »; et à une proposition qui sera reprise dans l’édition 2016 de #XU, le festival des cultures urbaines de Roubaix.

Auguri sera créé en France à la Biennale de Lyon cet automne et à l’Opéra de Lille (https://www.opera-lille.fr/fr/archives/bdd/cat/danse/sid/99628_auguri) les 6 et 7 décembre prochain. Grosse actualité Olivier Dubois cet automne puisqu’on pourra aussi se préparer en découvrant le 23 novembre le fameux « Tragédie » au Colisée de Roubaix (http://www.coliseeroubaix.com/196_tragedie.html)

Au Kampnagel

Au Kampnagel

#Brexit : l’Histoire en direct

C’est finalement un moment assez rare dans une vie d’homme, que d’avoir l’impression de vivre un instant historique, aux conséquences lourdes, où les événements s’enchaînent. Pour ma part, sans doute en novembre 89, et en septembre 2001. Cette impression, je l’ai depuis vendredi matin et le vote du Royaume-Uni pour sortir de l’Union Européenne, le fameux Brexit.

Brexit Economist real

l’iconique couverture de The Economist sur le Brexit

A vrai dire, même les Anglais ne s’en sont pas remis et n’y croient pas encore vraiment, puisque des pétitions réclament un second vote, et que les articles de presse reprennent des témoignages d’électeurs sur le thème « je pensais qu’on allait rester, je ne pensais pas que mon vote pouvait compter, si j’avais su… ». Un peu tard pour une méditation sur la responsabilité individuelle de chaque électeur.

Depuis vendredi matin donc, les événements s’enchaînent à la vitesse de l’éclair : démission annoncée du Premier Ministre, probabilité d’un référendum en Ecosse, annonces sur Gibraltar, troubles au Parti Travailliste, mauvaises nouvelles économiques… Chaque jour amène son lot d’informations nouvelles sur les conséquences du départ du Royaume-Uni dont il faut bien reconnaître que personne n’avait saisi l’ampleur tellement elles paraissent gigantesques. Mais c’est bien cette montagne qu’il va falloir gravir, car on ne pourrait décemment imaginer que le pays revienne sur son vote (même si certains imaginent déjà des scénarios où, in fine, on expliquerait aux électeurs…Drôle de respect de la vie démocratique!).

Brexit Economist

illustration The Economist

Oh je ne pense pas que le Royaume-Uni aille à la catastrophe, loin de là. C’est un pays suffisamment fort pour préparer la sortie, se remettre en ordre de marche et franchir une nouvelle étape de son histoire. Mais tout le monde est persuadé que c’est un événement de cette importance qui vient de se produire, une nouvelle étape majeure dans l’histoire quasi millénaire du pays. Et qu’il faudra quelques années pour se remettre de ce moment probablement difficile. On ne se souviendra sans doute de David Cameron dans quelques années que pour ce pari référendaire hautement risqué et aux conséquences bien incertaines pour son pays…Comme l’explique si bien The Guardian, une « tragédie européenne ».

L’hypothèse la plus lourde serait la tenue d’un référendum sur l’indépendance de l’Ecosse qui donnerait cette fois un  « yes » pour l’indépendance de l’Ecosse; le Brexit pourrait donc aussi être la fin du Royaume-Uni. De même, pour qui connaît le fragile équilibre de la paix en Irlande du Nord, on ne peut que s’inquiéter d’un très probable ravivement des tensions entre les unionistes et les républicains, les 1ers plus que jamais attachés à un lien fort avec l’Angleterre et les seconds sentant le vent de l’histoire gonfler leurs voiles.

Alors oui, on est un peu loin de Roubaix dans ce post, mais je dois avouer que l’importance historique majeure et flagrante du Brexit m’incite à relativiser ces derniers jours les vicissitudes de la vie municipale…On y reviendra bien assez vite !

photo Reuters

photo Reuters

 

 

La recette d’une saison réussie au Colisée – Théâtre de Roubaix

mot d’accueil des 2 soirées de présentation de la saisons 2016-2017 du Colisée, les 24 et 25 mai 2016

Nous fêterons donc ensemble cette saison les 90 ans du Colisée de Roubaix; et donc, c’est à peu près la 90ème fois ou presque qu’un adjoint à la Culture de la Ville prend la parole devant les spectateurs du Colisée réunis pour l’annonce de la prochaine saison …

Alors pour fêter cet anniversaire, j’ai décidé de vous livrer quelques secrets; et de partager avec vous la recette du Colisée, cette recette si particulière, au goût inimitable – et pourtant beaucoup s’y sont essayés ou s’y essaient encore…, qui permet, année après année et depuis si longtemps, de vous concocter un programme qui attire toujours plus de monde.

La recette, elle est très simple : du travail, de la passion, de l’intuition, et de l’ambition.

Du travail bien sûr, parce que vous imaginez bien qu’assembler plus de 52 spectacles, 90 représentations, 3 lieux, cela implique de grands efforts, de longues réunions, des contrats à gogo, d’innombrables mails; bref une année de dur labeur.

Mais cette année de labeur n’a de sens que parce que tous ici sont guidés par l’amour de leur métier et par la passion du spectacle, du partage, de la joie d’être ensemble et de vous accueillir. Et aussi, ne l’oublions par la passion pour accompagner les artistes, les découvrir, les guider, les encourager; et finalement leur permettre de donner sur scène le meilleur de leur art

De l’intuition aussi, car il n’y a pas de science exacte de la programmation; un artiste qui tourne à guichets fermés pour un spectacle peut faire un four avec le suivant; personne ne peut prévoir ce qui va plaire ou pas; nous nous posons sans arrêt mille questions pour deviner ce qui va vous plaire et quels spectacles en vaudront vraiment la peine; nous espérons cette année encore que cette intuition ne nous aura pas trop fait défaut.

Colisee saison 1617

Et enfin, de l’ambition; car croyez moi il en fallait pour avoir l’idée de faire de la salle de spectacles de l’Epeule à Roubaix le plus grand théâtre au Nord de Paris; de l’ambition il en fallait pour se dire que plus de 100 000 spectateurs y viendraient chaque année; et cette ambition vous la partagez avec nous puisque chaque année, de plus en plus d’abonnés nous rejoignent et soutiennent la programmation du Colisée.

Alors voilà, pour la 90ème fois ou presque, nous vous présentons ce soir le fruit de cette recette simple et espérons que ce travail, cette passion, cette intuition et cette ambition, vous serez encore nombreux et pour très longtemps à la partager avec nous ce soir !
Je vous souhaite une excellente saison 2016-2017 au Colisée !


le lien sur le site du Colisée pour avoir toute la programmation 2016-2017

Pour un Lille3000 plus ouvert, plus ambitieux, plus efficace

C’est la semaine du bilan pour l’édition « Renaissance » de Lille3000, qui s’est déroulée de septembre 2015 à janvier 2016. Après une présentation aux élus de la MEL ce mercredi, un point presse ce vendredi détaillera les chiffres et les leçons de cette édition.

les totems brésiliens de la Rambla de Renaissance

les totems brésiliens de la Rambla de Renaissance

Disons-le avec flair play, ou tout simplement avec honnêteté : cette édition est pour ma part un succès. La fréquentation, si elle est en retrait sur l’édition 2012, reste néanmoins tout à fait honorable au vu du contexte plus que délicat des terribles attentats du mois de novembre. De manière plus profonde, le talent d’assembleur de Lille3000, pour faire travailler ensemble des dizaines de villes de la MEL, est remarquable; et la forme participative de nombreuses manifestations (la parade d’ouverture et les Conservatoires ou écoles de musique, les opérations jardin de St So, les cafés Renaissance, le Mumo…) une vraie réussite voire une source d’inspiration pour un élu à la culture comme moi. Citons aussi certaines initiatives innovantes, comme le fablab des makers de la Maison Folie de Moulins, particulièrement inspirantes.

dans l'antre des makers...

dans l’antre des makers…

Pour autant, Lille3000 cède comme souvent à son goût de la gonflette : à additionner les fréquentations de toutes les manifestations culturelles de la métropole, la somme totale annoncée est finalement bien virtuelle; et on a du mal à croire que la Villa Cavrois, la fête des Allumoirs à Tourcoing ou la Nuit des Arts à Roubaix aurait accueilli moins de visiteurs sans Lille3000. Mais ils sont labellisés dans le programme, donc on additionne…Ne serait-il pas plus honnête de ne parler que des manifestations « pures » Lille3000, à St Sauveur et au Tri Postal ?

De la même manière, Didier Fusillier souligne dans la presse le coût pour lui modeste de la manifestation (8 M€) par rapport au Festival d’Avignon (14 M€) ou à la Biennale de Lyon (21 M€ d’après lui). A y regarder de plus près, la comparaison n’est pas si simple, entre une manifestation qui a lieu tous les 3 ans d’un côté, tous les 2 ans pour Lyon, et pour des coûts bien moindres si l’on consulte d’autres sources (8 M€ pour l’édition 2015 de la Biennale de Lyon, soit pile poil le coût de Liille3000…). Quant au Festival d’Avignon, j’avoue ne pas trop comprendre ce qu’il y a de similaire entre un « simple » festival de théâtre et 4 mois d’événements culturels dans 77 communes.

Didier Fusillier, conseiller artistique de Lille3000

Didier Fusillier, conseiller artistique de Lille3000

Quant à l’impact économique qui est parfois invoqué, c’est à vrai dire le grand flou. L’étude commandée est plutôt axée sur le qualitatif, avec à vrai dire d’excellents résultats; mais la commande n’était pas celle d’une évaluation des retombées économiques; et même une donnée simple comme l’évolution des nuitées sur la période n’est pas encore disponible. On laissera donc chacun gloser sur le sujet, sans vrai chiffres sur lesquels se baser. Ennuyeux.

Pour ma part, j’estime qu’une manifestation culturelle d’envergure est indispensable à la notoriété et au rayonnement de la métropole lilloise; et que Lille3000 a acquis en 11 ans et 5 éditions un savoir faire et une crédibilité irremplaçables. La forme est convaincante; la qualité des manifestations proposées est forte; et drivée par son conseiller artistique multicartes, elle arrive à surfer sur l’air du temps culturel avec un réel brio.

Pour autant, il est légitime de se poser certaines questions. La première est celle de la nécessaire évolution de la forme. Ne risque-t-on pas une certaine lassitude si la 6ème édition à venir nous propose aussi une parade d’ouverture, une rambla rue Faidherbe, des expos best of à St So et au TriPo, la labellisation de tout le reste…? Il pourrait être temps de faire bouger au moins un des paramètres. On aimerait aussi que des mouvements émergents soient mis encore plus en avant; je pense en particulier aux arts numériques et au gaming.

L'expo Séoul vite vite au Tri Postal

L’expo Séoul vite vite au Tri Postal

De la même manière, ma qualité d’élu roubaisien me force à souligner le lillocentrisme patent de la manifestation. Certes, la ville de Lille est le plus gros financeur de l’opération, soyons francs, et c’est légitime que les opérations y soient très concentrées. Mais la MEL est aussi partie prenante; et pourtant au global c’est moins de 2% du budget de l’événement qui est consacré à Roubaix, 2ème ville du territoire. La disproportion paraît énorme, surtout quand on voit comment Lille3000 met en avant dans sa communication et ses bilans des expositions ou des événements qu’elle n’a que très marginalement financées.

(le nouveau festival #XU de cultures urbaines à Roubaix a été soutenu par Lille3000)

Ce qui nous mène aussi à nous interroger sur la pertinence du territoire concerné. De la même manière que le Voyage à Nantes a évolué en Estuaire sur toutes les villes du long de la Loire, ne serait-il pas temps que Lille3000 rayonne sur tout ou partie de la région NPDCP, comme Xavier Bertrand le proposait dans son programme (« une réussite comme Lille 3000 doit être un événement à rayonnement large qui profite à toute la Région ») ? Evidemment, il ne faudrait pas que la dilution fasse perdre de l’intensité, mais il y a sans doute des pistes à creuser.

Enfin, il faudrait aussi parler sans tabou du coût, de l’efficacité de l’événement par rapport à ses semblables, de l’impact économique; bref avoir des données fiables et sans biais méthodologiques, ce qui n’est pas pour l’instant disponible du moins à ma connaissance.

Je serai bien sûr, comme je l’ai été pour cette édition, en tant qu’élu de Roubaix et conseiller métropolitain, disponible pour accompagner la réflexion des équipes de Lille3000, de la MEL et de la Région dans cette voie.

Lettre à Fleur

Chère Fleur Pellerin,

Vous avez été remerciée du Ministère de la Culture lors du dernier remaniement ministériel, fort délicatement, en 6 minutes de conversation, au cours de laquelle le Président de la République vous a expliqué qu’il avait « besoin de quelqu’un pour faire de la politique » dans ce ministère. On n’avait pas remarqué que vous faisiez autre chose…

FP cuir

Néanmoins, c’est ainsi que, adjoint à la Culture de Roubaix, j’en suis à « ma » 3ème ministre de la Culture en pas même 2 ans de mandat. On notera d’ailleurs qu’il semble que ce soit un ministère dévolu aux femmes; sans doute pour caser plus d’hommes dans les ministères régaliens, ou pour éviter la création de trop de Secrétariat d’Etat à l’Egalité Réelle ou l’Aide aux Victimes, toutes choses importantes certes, mais dont on se demande en quoi l’existence d’un maroquin va les aider (et alors qu’il n’y a toujours pas de Ministre de l’Enseignement Supérieur).

Mais je m’égare; et alors qu’on se demande ici ou là ce qu’il faut retenir de votre court passage au MCC, comme on l’appelle entre intimes, je voulais à mon tour vous livrer quelques remarques à ce sujet.

Noter tout d’abord que j’ai particulièrement apprécie votre passé « numérique » avant d’arriver au Ministère de la Culture; que c’était sans doute la première fois qu’une ministre avec une vraie connaissance du sujet avait été nommée; et que devant les nombreux dossiers en lien avec le numérique de ce ministère, c’était un choix plutôt heureux. On s’étonnera a posteriori qu’Audrey Azoulay, votre successeure, n’ai créé son profil Twitter qu’après sa nomination…

Fleur Pellerin, à Paris le 30 octobre 2011 - photo Nicolas Reitzaum

Fleur Pellerin, à Paris le 30 octobre 2011 – photo Nicolas Reitzaum

Votre tropisme assumé vis à vis des industries créatives, assumé à de nombreuses reprises; ainsi que l’accent que vous avez mis sur l’enseignement artistique, cela aussi était plutôt heureux; car qui ne voit qu’il est fini le temps du Ministère obnubilé par les créateurs stars, par les avis des coteries parisiennes, le mercato des opéras et des théâtres mondiaux ou les enchaînement de cocktails et vernissages…

Il paraît qu’on vous en a beaucoup voulu pour le #ModianoGate, cette prétendue faute d’avoir avoué que vous n’aviez lu aucun livre de nouveau prix Nobel français que vous receviez peu de temps après l’annonce de l’attribution. Dois-je vous avouer que j’avais pour ma part trouvé plutôt réconfortant qu’une Ministre reconnaisse et assume le fait qu’elle n’avait pas ou plus le temps de parfaire sa culture générale et son amour de la littérature, assommée de la lecture de notes et n’ayant sans doute que fort peu de temps libre ? Hélas, cette touche bienvenue de vie réelle n’est pas passée; visiblement les Français – ou les journalistes ? – s’attendent à ce qu’un Ministre de la Culture consacre quelques heures par jour à la lecture. Est-ce vraiment ça qu’on attend de lui ?

PatrickModianoA

Evidemment, d’autres séquences ont été moins réussies dans votre passage rue de Valois, je pense en particulier à la gestion chaotique de la grève à Radio France, ou aux suites de l’affaire « Saal » à l’INA, où l’on aurait aimé des actions plus lisibles et plus tranchées. C’était peut-être cela faire de la politique…

Votre plus belle victoire, c’est sans doute celle dont vous ne profiterez pas; à savoir l’augmentation, sensible et réelle (+2,7%), du budget de la Culture en 2016. C’est en effet 190 M€ supplémentaires par rapport à 2015 que vous étiez allé chercher dans les arbitrages interministériels, dont on peut imaginer qu’ils n’ont pas été faciles.

Mais bon, cela n’aura servi à rien, vous saviez depuis le début qu’être ministre c’est un CDD, et la semaine dernière le CDD s’est arrêté. Avec pas mal du culot, vous ironisez sur Twitter à ce sujet, tout en vous en défendant. On aurait peut être aimé vous voir aussi facétieuse quand vous étiez encore en fonction. mais on vous saura néanmoins gré de réussir à l’être dans ces moments plus difficiles !