Billet dur aux Inrocks

D’habitude je t’aime bien les Inrocks, d’ailleurs je te lis depuis tellement longtemps, mais là t’es venu à Roubaix, t’as fait un article et t’as pas assuré du tout.

Reflet d’immeubles Photo Jean Miaille www.jeanmiaille.fr

D’abord, dis à ta journaliste Inès Bouchareb que le premier devoir du journaliste, c’est de vérifier les faits. Et là, tout ce que tu racontes, c’est truffé d’erreurs et d’inexactitudes. Ça fait pas sérieux pour la suite. 300 structures dans le tissu associatif local ? Il y en a déjà 400 sur le portail associatif de la ville, sans compter toutes celles qui n’y sont pas référencées. Le tabac du Pile graffé dans le cadre de l’expo Street Art de la Condition Publique ? Non, elle commence à la fin du mois, c’était l’an dernier avec la Maison du Projet. Un projet « Blanchemaille consacré à la rénovation des quartiers insalubres » ? Euh pas vraiment, il s’agit d’accueillir des start-up dans les espaces libérés par La Redoute. La manne de la rénovation urbaine pour Blanchemaille ? Pas un centime de l’ANRU, c’est un programme MEL et EPF. Pierre Dubois « ancien élu de 75 ans » ? Aux dernières nouvelles, il est toujours élu. Bref, en 4 pages, ça commence mal niveau crédibilité.

La « boutique abandonnée » du Pile a aussi été le support d’une oeuvre d’Aurélien Nadaud l’été dernier pour Pile au rdv…

Après, j’aurais aussi aimé que tu sortes des clichés ressassés sur Roubaix qu’on croirait plutôt sortis de Valeurs Actuelles. On enchaîne en quelques pages la « ville la plus pauvre de France » (entre guillemets, mais de qui ?), les « briques de misère », des « structures urbaines quasi insalubres » (ça veut dire quoi ?), la « grisaille du ciel » (original!), un FN « qui aurait dû rafler la mairie depuis longtemps » (toutes les villes pauvres votent FN partout en France, c’est ça ?), un « environnement peu accueillant » (ah bon ?), une ville qui est une « ancienne ville dortoir » (sérieux ?), etc. Ça a l’air d’être dur pour toi de sortir de ton 11ème arrondissement et de te renseigner sur l’histoire et l’architecture d’une ville industrielle, qui se trouve aussi être labellisée Ville d’Art et d’Histoire, depuis plus de 15 ans, avec plus de 40 sites inscrits à l’inventaire des Monuments Historiques, mais c’est un détail qui a dû t’échapper.

Parmi les bâtiments inscrits aux Monuments historiques, les Archives Nationales du Monde du Travail

Bon, si l’on fait abstraction des inexactitudes et d’un biais franchement négatif, j’aurais aussi aimé te dire que sur le fond, je ne suis franchement mais franchement pas d’accord avec toi. Tu parles des jeunes qui ne se retrouvent pas à la Condition Publique, moi je t’aurais parlé de Pile au Rendez-vous, un festival co-construit avec les habitants, qui a attiré plus de 5000 personnes en juin dernier. Pas mal pour une « forteresse […] même pas au quartier ». Tu parles des jeunes talents de la région dont les rappeurs pour qui on ne fait rien, je t’aurais parlé du Festival #XU avec sa grand place noire de monde autour des animations danse et musique de Brahim Bouchelaghem, des ateliers de l’ARA, des salles de répétition du Bar Live, des événements de Da-Mas, du weekend hip hop de So Street, de cette belle expo Street Generation(s) de la Condition Publique qui va aussi – et surtout – investir le quartier du Pile et en faire un musée à ciel ouvert…

So Street weekend 2016, salle Watremez. Photos Ahmed Djemai.

Et puis , si tu avais cherché à me joindre, je t’aurais aussi parlé de Camerone Bida, ce jeune danseur du cru, repéré à Shake shake shake, et finalement intégré à Auguri, la dernière création du directeur du Ballet du Nord, Olivier Dubois. Je t’aurais parlé des Fil aux Records, ce collectif de jeunes musiciens qui ont accompagné ce beau projet étudiant et littéraire de « Roubaix en 150 mots » qui a enthousiasmé la ville. Je t’aurais parlé de ces 15 enfants des Quartiers Nord qui vont intégrer l’orchestre Démos de la Métropole Européenne de Lille et jouer du hautbois et de la flûte 2 fois par semaine avec des intervenants de l’Orchestre National de Lille au Centre Social de l’Alma. Je t’aurais parlé de Toi Président, où les jeunes des quartiers vont être formés et rémunérés pour prendre la parole via des vidéos Youtube sur les Présidentielles…

Finalement, je crois que ça aurait donné un bien meilleur article, et là on aurait vraiment compris pourquoi « ma cité va pas craquer », au lieu du misérabilisme condescendant, plein d’erreurs et de clichés que tu nous as asséné. Sans rancune, la prochaine fois on s’appelle avant ?

Un moment de grâce avec Valérie Lemercier au Colisée de Roubaix

Hier soir, le spectacle de Valérie Lemercier concluait l’année 2016 au Colisée de Roubaix, et ce fut un vrai moment de grâce.

Moment de grâce, car c’était la première fois que je voyais cette artiste en live, et comme on le sait elle refuse toute captation ou enregistrement de ses spectacles, donc la seule manière de vraiment connaître son art, c’est d’aller la voir. Pas mal, finalement, comme concept. Ce qui explique aussi, pour respecter le souhait de l’artiste, l’absence de photo ou de vidéo pour illustrer ce post…

Moment de grâce, car l’humour toujours aussi décapant, la présence scénique incroyable, le talent de camper des personnages, mais aussi de faire rire une salle par de simples traversées de 15 secondes, bref Valérie Lemercier maîtrise totalement son art; et reste en pleine connexion avec son époque, comme en témoigne le sketch sur l’ado et les réseaux sociaux, ou l’essayage de mode d’une jeune starlette.

photo Marianne

Moment de grâce, car après le spectacle, et pour la première fois depuis que je préside le Colisée, je suis allé saluer l’artiste en coulisses après le spectacle, et, contrairement à l’image parfois colportée, c’est en toute décontraction que Valérie Lemercier a partagé une coupe de champagne avec son équipe, quelques amis venus la voir et les officiels présents; elle en a profité pour nous faire part de ses impressions sur la salle (« une des plus belles de France avec le Quartz à Brest, je suis passé au Colisée pour tous mes spectacles »), et nous raconter quelques souvenirs personnels sur Roubaix où, il y a quelques années, elle a assisté à l’arrivée du « Paris Roubaix à la marche » (bon, il s’agit des 28h de Roubaix, mais ça prouvait qu’elle connaissait vraiment l’événement…), et aussi nous parler de « Marie-Francine », son prochain film qui sort le 31 mai.

Autant dire que devant l’enthousiasme de la salle et la belle énergie de l’actrice, on a tout de suite pris date pour la prochaine tournée et le prochain spectacle de Valérie Lemercier; peut-être même que si elle prolonge un peu sa tournée actuelle…

 

Si besoin était, Sudinfo.be résume de belle manière les 6 raisons d’aller voir ce spectacle, qui passe encore à Bruxelles la semaine prochaine !

 

Tout cela est un petit peu de la faute de Didier Knoff…

discours prononcé à l’occasion de l’inauguration de l’exposition « Mémoires d’un roubaisien », photographies de Didier Knoff, à l’Espace Ville Patrimoine de Roubaix, Condition Publique, le 3 décembre 2016.

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Qu’on me permette pour une fois de commencer en parlant un peu de moi, en disant que si je prends aujourd’hui la parole, c’est un peu de la faute de Didier Knoff…
Il y a bientôt 15 ans, locataires à Marcq en Baroeul et désireux de devenir propriétaires, mon conjoint et moi avons visité de nombreuses maisons dans beaucoup de villes différentes de la métropole lilloise.
Il faut bien avouer que la déception était souvent au rendez-vous.
En revanche, les visites que nous faisions sur Roubaix nous semblaient plus intéressantes. Des maisons plus spacieuses, avec plus de cachet, plus de charme, et en général moins chère. Mais fallait-il vraiment habiter Roubaix ?
C’est là que Didier Knoff entre en scène. Comme souvent, pour apprécier Roubaix, il faut y avoir été initié. Didier Knoff a été pour nous cet initiateur. Il nous a parlé de l’histoire de la ville, de ce conte de fée d’une piscine transformée en musée, de cette galerie qui se vante d’être la plus petite du monde et qui fait un vernissage tous les 1er dimanche du mois, d’une tenancière de table d’hôte qui recevait chez elle sans menu 15 ans avant que les sites internet ne se jettent sur le concept, des arrivages aux Aubaines les jeudi, et de tant d’autres choses encore. Bref, de Roubaix quoi. Et il nous a convaincu.

C’est peu dire que je ne regrette pas de l’avoir écouté; et aujourd’hui, par une de ses ironies dont l’histoire de Roubaix est friande, c’est moi qui célèbre l’inauguration de cette exposition sur les « Mémoires d’un roubaisien ».
Car c’est peut être ce qui caractérise le mieux Didier Knoff, d’être viscéralement,  intégralement, passionnément roubaisien. Ses photos le disent mieux que tout, lui qui a capturé l’essence de la ville tout au long des années; et rarement l’espace ville patrimoine de la ville aura autant transpiré l’amour de la ville qu’aujourd’hui grâce à cette exposition
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Car l’oeil de Didier Knoff, aiguisé, pointu, malicieux, tendre, parfois aussi rigoureux et graphique, s’est promené partout dans la ville; et ce regard constitue un magnifique témoignage de l’évolution de notre ville au long des années
J’espère donc pour conclure que, comme il l’a été pour moi et sans doute pour beaucoup d’autres, Didier Knoff sera à nouveau un initiateur, un ambassadeur formidable de la ville de Roubaix grâce à cette exposition et je me réjouis de vous voir si nombreux aujourd’hui à être venu la découvrir et l’inaugurer ensemble.

Les belles surprises de la 14ème Nuit des Arts de Roubaix

Décidément, on ne se lasse pas de la Nuit des Arts, et cette dernière édition, le 3 décembre 2016, nous a montré à quel point on pouvait encore se laisser surprendre, émouvoir, étonner par cette manifestation tellement représentative du tissu culturel roubaisien.

 

L’ouverture du Delta Studio

L'installation de Manon Thirriot (photo Delta Runspace)

L’installation de Manon Thirriot (photo Delta Runspace)

C’était la grande sensation de cette Nuit des Arts, et la raison pour laquelle le pot de clôture s’y situait : l’ouverture d’un nouveau lieu culturel, hybride, le Delta Studio, au 158 rue Pierre de Roubaix. Dans les bâtiments des anciennes usines Boléra, Boris Lafargue, sculpteur, a ouvert un « artist run space », où se retrouveront des studios d’artistes, des artistes en résidence, une entreprise d’encadrement, et un fort bel espace  où il compte faire 3 ou 4 expositions par an.

Une belle ambition, et l’expo d’ouverture était plus que concluante, avec plusieurs artistes de renom qui formait un ensemble cohérent et convaincant.

Un lieu à suivre assurément !

 

Un air d’années 80 au Non-Lieu

la foule se presse au concert du Non Lieu (photo Non Lieu)

la foule se presse au concert du Non Lieu (photo Non Lieu)

Une nouvelle fois, le concept « Small is beautiful » du Non-Lieu a fait carton plein, on avait même l’impression d’une foule encore plus nombreuse que d’habitude qui se pressait dans les espaces magnifiques de l’usine ; peut-être était-ce aussi en raison d’une programmation musicale inhabituelle en ces lieux, avec un groupe de reprise des années 80, et je dois dire que quand les premières notes de Manureva ont retenti, une envie de chanter et danser dans l’usine s’est emparée de moi J

 

Une Braderie de l’Art qui bouge

La Braderie de l’Art est une des institutions de la Nuit des Arts, mais loin de se reposer sur ses lauriers, elle bouge et se métamorphose chaque année. Ainsi, 70% de nouveaux exposants, une forte représentation des collectifs, et surtout l’impression d’un fort tournant vers le design et le mouvement des makers, en parfaite ligne avec l’air du temps et pas mal d’autres initiatives de la Condition Publique. N’est-ce pas sa vocation finalement de faire une synthèse du moment ?

 

Au fil du bain – «Ceci n’est pas un arbre de Noël » d’Isabelle Ramnou à La Piscine

des photos se reflètent dans des flaques d'eau sepia en céramique...un détail de l'oeuvre d'Isabelle Ramnou

des photos se reflètent dans des flaques d’eau sepia en céramique…un détail de l’oeuvre d’Isabelle Ramnou

La Piscine a fait très fort encore cette année avec sa traditionnelle commande de Noël, fort justement intitulée « ceci n’est pas un arbre de Noël ». Isabelle Ramnou, céramiste, propose une très réussi installation dans le Grand bassin, entièrement en céramique et porcelaine, bluffante de réalisme, de poésie, de nostalgie. Les maillots de bain d’époque de La Piscine sont reconstitués en porcelaine, de même que les serviettes ou une photo souvenir ; des gouttes d’eau reprennent délicatement des photos de baigneurs, des traces de pieds de quelqu’un qui s’en va, et qui commencent déjà à sécher et à s’estomper. Un beau mélange présent et passé, sur le thème du départ et de l’absence ; une œuvre qui mérite assurément qu’on se pose quelques minutes pour l’admirer en toute tranquillité

 

Artiste et employé municipal –  au Camion

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C’est en visitant la double exposition photo du Camion que j’ai appris que l’un des 2 artistes, Artefact usw, était aussi employé à la Médiathèque ! Une double compétence fort sympathique, tout comme ses photos de femmes, crues, pleines de force et de vitalité, et qui accrochent le regard avec un vrai brio. Le Camion se distinguait aussi par un concert de Christophe Marquillies, tranquille, qui a réjouit ses nombreux fans locaux !

 

Une muse à l’atelier de Witold Heretynski

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Les photos de Danièle, les toiles de Witold

Danièle avait toujours été la muse de Witold, et un célèbre portrait sur le pignon d’un immeuble de bld du Général de Gaulle le montrait assez. Le portrait existe toujours, la muse aussi, et elle inspirait pour cette édition  des photographes, en collaboration avec les Salon des Artistes Roubaisiens ; et c’était un réel étonnement de voir que le visage de Danièle pouvait donner lieu à tant de variations, d’images, de perceptions. Une belle proposition.

 

le XI en (r)êve

 

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L’installation de Régis Marie

On connaissait le 11 rue du Grand Chemin précédemment comme l’atelier de Nicolas Tourte; Nord Artistes avait aussi investi le lieu, c’est maintenant la plasticienne Eve Lagarde qui l’occupe et qui a invité plusieurs artistes pour la nuit des Arts, dont Régis Marie, un habitué de la #NDA; on a adoré l’ambiance très contemporaine et familiale à la fois du lieu, on espère qu’il est parti pour longtemps !

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Et c’est sans compter le 35 autres lieux qui étaient ouverts, et même des « off », comme ce Tom Tom Coffee de la place de la Gare ouvert trop récemment pour être inclus dans le programme « officiel » et qui proposait quand même une exposition de Al’pics’addict, juste pour le plaisir de participer à l’événement. Continuez comme ça !

30 mois avec Jérôme Dumont à la Mairie de Roubaix

Je m’étais fendu d’un post de blog pour me réjouir de son arrivée, il paraissait logique que je fasse de même pour célébrer son départ !

Car, après 30 mois de bons et loyaux services, Jérôme Dumont, « le dircom de sa ville », renoue avec ses anciennes amours. Mais il aura marqué son passage, et je voudrais retenir quelques-uns des moments marquants de notre collaboration.

Le NRJ Music Tour

Ce fut un sacré coup de tonnerre quand Jérôme Dumont nous annonça en réunion que le NRJ Music Tour viendrait à Roubaix. A vrai dire, la plupart des élus ne semblaient pas réaliser l’importance du truc ; mais la liste des invités que Jérôme annonçait était juste incroyable (Kendji, Indila, Sam Smith !) ; je demandai benoîtement si c’était bien Cauet lui-même qui présenterait ; Jérôme me le confirma avec délectation. Je savais qu’on tenait une manifestation emblématique…

 

Roubaix au 20h de TF1

Il paraît que dans le temps, dans les écoles de comm, on disait que « faire le 20h de TF1 » c’était le Graal de tout communicant. Et il paraît que c’est encore vrai, qu’on n’a toujours pas trouvé mieux pour mettre un maximum de millions de Français devant le même sujet. Eh bien ce Graal, Jérôme Dumont l’a trouvé pour Roubaix. C’était le 25 janviers 2016, et c’était bien sûr sur un reportage sur les familles Zéro Déchet. Evidemment, c’est un travail collectif du service, de la comm, des élus, un patient travail de lobbying, de réseautage, de relations publiques. Mais quelle fierté de voir qu’on parle au niveau national de la ville pour ce programme qui nous tient tant à cœur !

 

L’affiche de #XU

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Un des secrets de la bonne entente avec un service comm, c’est de le laisser faire son travail, rien que son travail, et tout son travail. Le service culture avait préparé un projet de comm sur le nouveau festival consacré aux cultures urbaines. Au milieu de l’argumentaire consacré à justifier « Expériences urbaines », je note le nom du fichier de l’image en pièce jointe : xu.pdf. Et l’image en question était une vue en contre-plongée parfaitement iconique de l’immeuble 70s sous-estimé du rond-point de l’Europe. C’était bien plus qu’assez pour me convaincre.

 

Le naming de La Grand Plage

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Cela nous est apparu tout de suite comme une évidence ; même s’il  fallait sans doute toute l’inconscience d’un élu et d’un dircom fraîchement nommés pour se lancer là dedans : à sa réouverture, la Médiathèque de Roubaix allait changer de peau, de stature, d’aura ; il convenait qu’elle change aussi de nom. Et pour bien faire, une méthode participative maison pour agrémenter le tout. Le résultat a décontenancé certains et enthousiasmé d’autres, mais La Grand Plage est maintenant installée depuis plus d’un an sur la scène roubaisienne et n’est pas prête de la quitter !

 

La présentation de la nouvelle plateforme de communication de la ville.

Sa dernière intervention officielle au Conseil d’Administration, où il a présenté et défendu avec son brio habituel et incomparable la nouvelle communication de la ville de Roubaix. C’était un pur bonheur de l’entendre défendre et illustrer l’image de la ville, les punchlines pleuvaient comme à Gravelotte, nous sommes tous ressortis regonflés à  bloc d’une présentation aussi enthousiaste.

 

Car oui, c’est difficile de garder l’enthousiasme quand on est élu, confronté aux difficultés quotidiennes, après plus de 2 ans. Pendant ces 30 mois, Jérôme a réussi à nous faire aller au-delà de ça pour retrouver le cœur de notre amour pour cette ville. Grâces lui en soient rendues.

Dorignac, ou le « métier » de La Piscine

Nous inaugurons ce soir les 2 nouvelles expositions de La Piscine, l’une consacrée à Georges Dorignac, l’autre à la nouvelle présentation des collections animalières du Musée.

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Ces deux expositions sont un magnifique exemple du travail de redécouverte que mènent Bruno Gaudichon et son équipe. Certes, ils ont à cœur de présenter des artistes connus du plus grand nombre, et on se souvient de l’affluence exceptionnelle que connaissent des expositions comme celles consacrées à Chagall et Picasso, avec plus de 100 000 spectateurs.

Mais le cœur du « métier » de la Piscine, si j’ose m’exprimer ainsi, c’est aussi de proposer des redécouvertes d’artistes d’exception, qui méritent un éclairage particulier ; et d’amener un nombre important de visiteurs à découvrir eux aussi ces formidables artistes.

C’était le cas, dans les expositions précédentes, d’Albert Braïtou Sala, ou tout récemment de Jean Martin ; et grâce au travail du musée, à la confiance qu’il a su susciter, et aussi à un travail scientifique remarquable, des dizaines de milliers de visiteurs ont pu admirer les œuvres de ces artistes ; et les replacer à nouveau dans la carte de l’art du 20ème siècle.

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C’est aujourd’hui le cas de Dorignac et de certains sculpteurs animaliers,- je pense en particulier à Marcel Lémar, auquel La Piscine avait déjà consacré une remarquable exposition monographique il y a quelques années ; et je souhaite que ces expositions remportent le même succès, comme cela semble être le cas sur les premiers jours d’ouverture !

Par ailleurs, je me réjouis que La Piscine mène, depuis son ouverture, un réel travail de fond sur la sculpture, travail qui constitue l’une des forces du Musée comme en témoigne l’emblématique Grand Bassin.

Nous avons ainsi accueilli le mois dernier le colloque « Montrer la sculpture », en partenariat avec l’Institut National d’Histoire de l’Art, et qui rappelait à quel point la Piscine est un des musées majeurs sur la sculpture des 19ème et 20ème siècles en France ; et qu’un des enjeux de l’agrandissement du musée serait de donner encore plus à voir pour la sculpture, en particulier avec l’installation unique de l’atelier restitué d’Henri Bouchard.

La nouvelle présentation sur la sculpture animalière en est aussi une très belle illustration. Elle donne un aperçu passionnant de notre collection permanente.

Je voudrais terminer en saluant Cédric Guerlus, dont la scénographie met avec talent en valeur la collection animalière, tout en facilitant la visite des groupes, en particulier des enfants et des jeunes, qui sont nombreux à visiter ces collections du Musée.

extrait du discours prononcé le 25 novembre 2016 pour le vernissage de l’exposition Dorignac au Musée la Piscine

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Notre Dame de Paris en avant première au Colisée Roubaix

Déjà 20 ans que Notre Dame de Paris, la comédie musicale de Luc Plamondon et Richard Cocciante, a marqué l’histoire de la variété française. Je ne vous ferai pas l’insulte de vous rappeler les incroyables tubes qu’elle contient, et puis si quand même : Le temps des cathédrales, Aimer, Vivre…Le genre de tubes où, même après l’avoir entendu des centaines de fois à la radio et à la télé, tu as la chair de poule en reconnaissant les premières notes dans le spectacle.

Un beau décor et une mise en scène astucieuse

Un beau décor et une mise en scène astucieuse

Car aujourd’hui, 20 ans après, le spectacle est remonté, remis en scène, remis au goût du jour. Seul Daniel Lavoie subsiste du cast original, mais les « nouveaux » chanteurs font à vrai dire aussi bien l’affaire que Garou et Patrick Fiori, les créateurs des rôles de Quasimodo et Phébus.

Le Colisée a eu l’honneur, en raison de la taille de son plateau comparable aux plus grandes scènes parisiennes, d’accueillir les répétitions de ce nouveau spectacle et les 2 premières représentations, en avant première nationale, avant plus de 50 dates au Palais des Congrès à Paris, puis une méga tournée.

Disons-le tout de go : cette nouvelle production est franchement réussie. Les nouveaux interprètes sont largement à la hauteur des originaux, avec une mention spéciale pour Hiba Tawaji, qui reprend haut la main l’Esmeralda créée par Hélène Ségara il y a 20 ans.

Le décor est à la fois sobre, éloquent, efficace, et très modulaire; se prêtant à de nombreuses modifications pour les tableaux assez nombreux qui émaillent le spectacle. Et les chorégraphies sont aussi au goût du jour, avec une inspiration hip/hop ninja plutôt inattendue et qui fonctionne assez bien.

S’il fallait regretter une seule chose, c’est la bande son qui accompagne le spectacle; l’absence de « vrais » musiciens sur scène est parfois vraiment dommageable; mais il faut tempérer ce bémol et en reconnaissant que le spectacle est une vraie collection de tubes, qu’on fredonne rapidement ou qu’on reprend en choeur; et la foule ne s’y est pas trompée avec une standing ovation finale bien méritée !

Le Colisée Roubaix c’est vraiment un théâtre parfaitement adapté à la comédie musicale, il l’avait prouvé en son temps avec West Side Story ou Porgy and Bess, aujourd’hui avec Notre Dame de Paris, espérons que de pareils moments soient programmés la saison prochaine !

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J’ai décidé de soutenir Alain Juppé à la « Primaire de la Droite et du Centre »

Nous entrons dans la dernière ligne droite de la Primaire de la Droite et du Centre; 2 débats ont déjà eu lieu entre les 7 candidats sélectionnés, les positions sont maintenant bien connues et je crois que le temps est venu pour moi de prendre parti et de l’annoncer publiquement.

Alain Juppé en meeting à Villeurbanne (photo La Croix)

Alain Juppé en meeting à Villeurbanne (photo La Croix)

Il est temps de prendre parti, car le lauréat de cette primaire aura de bonnes chances d’aborder l’élection présidentielle dans une position de force, et que je souhaite vivement que ce candidat me représente du mieux possible.

Il est temps de l’annoncer publiquement, car, conscient du poids modeste de ma fonction, je considère néanmoins que c’est à la fois mon devoir d’élu local de prendre part aux débats de la nation; et que cette prise de position constitue un indicateur utile pour situer mon action d’élu par rapport aux enjeux nationaux.

C’est vers Alain Juppé que se porte mon choix pour le 1er tour de ces primaires; et ce pour des raisons assez simples.

Pour la sensibilité centriste qui est la mienne, c’est clairement lui le candidat qui porte le plus haut les idées de réforme économique, de progrès social, mais surtout et avant tout de modération et de souci du consensus national; et sa belle formule de « l’identité heureuse » me ravit particulièrement.

Un des enseignements des débats de ces primaires, c’est que je ne crois pas du tout à la rupture, au « renouveau », aux mesures extrêmes, bref aux mesures simplistes qui prétendent résoudre en 6 mois les problèmes de la France depuis 30 ans. Surtout quand elles sont promues par ceux qui l’ont dirigée pendant 5 ans.

Et en particulier, réveiller les antagonismes, opposer les uns aux autres, aller toujours plus loin dans le clivage ne me semble pas souhaitable pour celui qui conduira la destinée du pays pendant 5 ans.

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photo Voix du Nord

Les 20 et 27 novembre prochain, je soutiens le processus des primaires en présidant le bureau de vote du Foyer-Restaurant du Boulevard de Fourmies.

Quelle que soit leur opinion, j’invite tous ceux qui souhaitent agir pour la désignation du candidat de la droite et du centre à venir voter les 20 et 27 novembre prochaine, en rappelant que ces primaires sont ouvertes à tous ceux qui en partagent les valeurs et qu’il n’est absolument pas besoin d’être membre d’un parti. Pour connaître votre bureau de vote, une seule adresse : http://www.primaire2016.org/ou-voter/

 

 

A la création mondiale de « Auguri » d’Olivier Dubois

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Le flyer… »Weltpremiere » !

C’est peu dire que la création d’Auguri, d’Olivier Dubois, était attendue avec impatience. Non seulement parce que c’est sa première « grande » création depuis son arrivée à la tête du Ballet du Nord – CCN Roubaix, mais aussi – et surtout – parce que c’est la nouvelle création d’un des chorégraphes français les plus reconnus dans le monde entier.

Sa pièce précédente, Tragédie, est un succès phénoménal, tant vis-à-vis des critiques que du public (j’en parlais ici) ; avec déjà plus de 100 représentations depuis sa création au festival d’Avignon en 2013, pour une œuvre qui implique une vingtaine de danseurs, c’est réellement un « tube » de la danse contemporaine ; et d’ailleurs la troupe du Ballet du Nord s’envole la semaine prochaine pour Sydney où 3 représentations y seront données.

Grâce au Ballet du Nord, j’ai pu donc assister hier à la création de l’œuvre au Kampnagel, qui faisait l’ouverture du très réputé Sommerfestival de Hambourg… et j’ai été emballé. On retrouve tout ce qu’on aime dans l’art d’Olivier Dubois : des danseurs impliqués à l’extrème, des idées et des concepts travaillés jusqu’au bout, une précision et une rigueur hallucinantes, une mise en scène sobre mais prenante, la musique électro de François Cafenne qui fait partie intégrante de l’œuvre.

salut final

salut final. Pas de photos du spectacle, parce que c’est interdit…(les premières photos de presse arrivent bientôt!)

De quoi s’agit-il concrètement ? 24 danseuses et danseurs (oui, Olivier Dubois aime les groupes et les œuvres d’ampleur) travaillent un geste à la fois simple et peu utilisé dans la danse : ils courent. Seuls, à deux, à 3, à douze, à 24. Ils forment des boucles, des figures, des cercles, des aller-retours, sans jamais s’arrêter de courir. Ils se suivent, se font face, s’évitent, se font miroir, et disparaissent en un instant derrière un fond de scène mystérieux et en évitant 4 boîtes disposées sur le plateau.

Mais on se rend vite compte qu’il y a une infinité de manières de courir, et que chaque danseur a son style de course bien à lui, qui peut aussi changer, évoluer,  exprimer bien des choses. Et malgré une durée tout à fait raisonnable, à peine plus d’une heure, on est rapidement saisi par une sorte de transe devant ces courses infiniment diverses, expressives, impressionnantes, dont les subtiles variations sont finalement perçues comme des révolutions. Pour retrouver une des acceptions originales de « Auguri », les parcours des danseurs m’ont aussi évoqué des oiseaux volant en nuée, dans des figures toujours renouvelées, d’une complexité rare et malgré tout dans une parfaite coordination…

Alors oui, cet « Auguri » est une digne suite de « Tragédie »; et on ne peut qu’espérer que le même succès public et critique sera au rendez-vous.

Auguri donnera aussi lieu à une déclinaison avec des amateurs, « Auguri Extended »; et à une proposition qui sera reprise dans l’édition 2016 de #XU, le festival des cultures urbaines de Roubaix.

Auguri sera créé en France à la Biennale de Lyon cet automne et à l’Opéra de Lille (https://www.opera-lille.fr/fr/archives/bdd/cat/danse/sid/99628_auguri) les 6 et 7 décembre prochain. Grosse actualité Olivier Dubois cet automne puisqu’on pourra aussi se préparer en découvrant le 23 novembre le fameux « Tragédie » au Colisée de Roubaix (http://www.coliseeroubaix.com/196_tragedie.html)

Au Kampnagel

Au Kampnagel

#Brexit : l’Histoire en direct

C’est finalement un moment assez rare dans une vie d’homme, que d’avoir l’impression de vivre un instant historique, aux conséquences lourdes, où les événements s’enchaînent. Pour ma part, sans doute en novembre 89, et en septembre 2001. Cette impression, je l’ai depuis vendredi matin et le vote du Royaume-Uni pour sortir de l’Union Européenne, le fameux Brexit.

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l’iconique couverture de The Economist sur le Brexit

A vrai dire, même les Anglais ne s’en sont pas remis et n’y croient pas encore vraiment, puisque des pétitions réclament un second vote, et que les articles de presse reprennent des témoignages d’électeurs sur le thème « je pensais qu’on allait rester, je ne pensais pas que mon vote pouvait compter, si j’avais su… ». Un peu tard pour une méditation sur la responsabilité individuelle de chaque électeur.

Depuis vendredi matin donc, les événements s’enchaînent à la vitesse de l’éclair : démission annoncée du Premier Ministre, probabilité d’un référendum en Ecosse, annonces sur Gibraltar, troubles au Parti Travailliste, mauvaises nouvelles économiques… Chaque jour amène son lot d’informations nouvelles sur les conséquences du départ du Royaume-Uni dont il faut bien reconnaître que personne n’avait saisi l’ampleur tellement elles paraissent gigantesques. Mais c’est bien cette montagne qu’il va falloir gravir, car on ne pourrait décemment imaginer que le pays revienne sur son vote (même si certains imaginent déjà des scénarios où, in fine, on expliquerait aux électeurs…Drôle de respect de la vie démocratique!).

Brexit Economist

illustration The Economist

Oh je ne pense pas que le Royaume-Uni aille à la catastrophe, loin de là. C’est un pays suffisamment fort pour préparer la sortie, se remettre en ordre de marche et franchir une nouvelle étape de son histoire. Mais tout le monde est persuadé que c’est un événement de cette importance qui vient de se produire, une nouvelle étape majeure dans l’histoire quasi millénaire du pays. Et qu’il faudra quelques années pour se remettre de ce moment probablement difficile. On ne se souviendra sans doute de David Cameron dans quelques années que pour ce pari référendaire hautement risqué et aux conséquences bien incertaines pour son pays…Comme l’explique si bien The Guardian, une « tragédie européenne ».

L’hypothèse la plus lourde serait la tenue d’un référendum sur l’indépendance de l’Ecosse qui donnerait cette fois un  « yes » pour l’indépendance de l’Ecosse; le Brexit pourrait donc aussi être la fin du Royaume-Uni. De même, pour qui connaît le fragile équilibre de la paix en Irlande du Nord, on ne peut que s’inquiéter d’un très probable ravivement des tensions entre les unionistes et les républicains, les 1ers plus que jamais attachés à un lien fort avec l’Angleterre et les seconds sentant le vent de l’histoire gonfler leurs voiles.

Alors oui, on est un peu loin de Roubaix dans ce post, mais je dois avouer que l’importance historique majeure et flagrante du Brexit m’incite à relativiser ces derniers jours les vicissitudes de la vie municipale…On y reviendra bien assez vite !

photo Reuters

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