« Le presbytère » au Colisée Roubaix : le tour de force de Béjart

C’était hier soir la dernière de 3 soirées exceptionnelles au Colisée de Roubaix, qui accueillait le Béjart Ballet Lausanne dans la reprise du « Presbytère » (celui qui n’a rien perdu de son charme ni le jardin de son éclat..), une pièce créée par le maestro en 1997.

Gil Roman

Gil Roman

Gil Roman, le directeur artistique qui a succédé à Maurice Béjart, me le disait après la représentation. « Pour certains fans de la danse contemporaine, Béjart c’est ringard, c’est kitsch, c’est daté, ce n’est quasiment pas de la danse contemporaine…Ils me font rire avec leurs solos qu’ils jouent devant 50 personnes, moi chaque fois je remplir des Zéniths et des théâtres de grande taille avec des milliers de personnes, qui prend le plus grand risque artistique ? »

(photo François Paolini)

(photo François Paolini)

Et il faut bien reconnaître qu’il a raison. Les 3 soirs étaient complets, près de 5000 personnes sont venus voir le Béjart Ballet à Roubaix, et chaque soir la standing ovation était de rigueur, et amplement méritée.

L’art de Béjart est gourmand, généreux, majestueux, et se prête bien aux grandes scènes et aux grandes salles. Il faut avoir vu ces presque 40 interprètes sur scène, dans des tableaux remarquablement composés, pour se dire qu’effectivement les pièces de danse qu’on a l’habitude de voir sont souvent un peu anémiques en comparaison !

"Le Presbytere" par le Bejart Ballet Lausanne

« Le Presbytere » par le Bejart Ballet Lausanne

Alors c’est vrai, la grammaire gestuelle de Béjart n’est pas forcément audacieuse; certains passages du Presbytère se laissent rapidement oublier; les moments parlés tombent un peu à plat, on pourrait tiquer sur les costumes…

Mais en revanche, depuis quand n’avais-je pas vu autant de morceaux de bravoure dans une pièce ? Le lever de rideau où l’ensemble de la compagnie émerge de ses linceuls ? L’extraordinaire « Radio Gaga », qui évoque avec force et élégance la promiscuité, le désir, la solitude des êtres, un des meilleurs moments que j’ai vu depuis des années ? Le ballet des lits d’hôpital, grinçant dans tous les sens du terme et qui nous rappelle avec force qu’il y avait AUSSI un message dans l’oeuvre de Béjart ? Et, bien sûr, le final, énorme, enthousiasmant, formidable de dynamisme et de beauté, sur « The Show Must Go On », qui va nous rester dans les têtes bien des jours, semaines et mois…

 

3 réflexions au sujet de « « Le presbytère » au Colisée Roubaix : le tour de force de Béjart »

    1. Fred Auteur de l’article

      Peut-être un journaliste local pourrait-il demander à Olivier Dubois ce qu’il pense du Béjart Ballet 😉

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