Archives de catégorie : Roubaix au quotidien

ROUBAIX, et si on mangeait mieux?

Source : Nord Eclair

Source : Nord Eclair

L’Intermarché de Mackellerie, vous le connaissez? C’est mon supermarché habituel. Il est pratique car il est juste au bout de ma rue. J’avais décidé d’aller acheter de quoi préparer des sandwiches façon italienne avec du pesto, jambon cru, parmesan et roquette pour un pique-nique. Je commence par la roquette. Je cherche, je ne trouve pas. Je re-cherche, toujours rien. Au bout de 10 min, je demande au responsable et ce dernier me répond « On ne fait pas de roquette ici, ça ne se vend pas, je jette tout. Il y a de la mâche si vous voulez. »

Sa réponse m’interpelle. La roquette est pourtant un classique; certes pas un 20/80, comme on dit dans le métier, mais un classique quand même. « Mais qu’achètent les gens? Que mangent-ils? ». Je me commence alors à regarder les caddies… plats préparés, hamburgers surgelés, fricadelles, sucreries, boissons sucrées. Rien ne manque à l’appel ! Maintenant, je comprends mieux les choix commerciaux du magasin.

Le supermarché est-il pour autant responsable? Il propose tout simplement une offre adaptée à sa clientèle :
•Vous êtes pressés? Optez pour les plats cuisinés.
•Vous avez un faible pouvoir d’achat? Essayez les produits 1erprix.
•Vous êtes les 2? Régalez-vous avec les plats cuisinés et 1er prix.


C’est mathématique, c’est logique. Il n’y a rien à redire. Clientèle heureuse, magasin heureux ! Malheureusement, une donnée importante a été oubliée dans l’équation : la santé. Faut-il préciser que ces plats sont mauvais pour notre santé? Ils sont trop gras; c’est moins cher que la viande ! Ils sont trop sucrés; ça cache le mauvais goût ! Ils sont trop salés; ça rehausse les saveurs ! Acheter ces plats, c’est mettre en danger la santé de toute la famille; c’est faire d’eux des candidats parfaits à l’obésité.

Et la restauration à Roubaix ne s’en sort guère mieux. Combien de kebabs pour un Harold’s? Combien de friteries pour un Bel étage? Combien de fast foods pour un Böka? Ces restaurants proposent pourtant bien souvent des menus à moins de 10 €. Je n’ai rien contre un fast food de temps à autre mais quand il n’y a pratiquement que cela comme choix, cela devient problématique.

CHASSE AUX IDÉES REÇUES…
Je suis pourtant convaincu qu’il est possible de bien manger sans se ruiner. Pour moi, l’alimentation n’est pas une histoire de budget. Elle est bien souvent liée à notre histoire familiale. Je viens d’une grande famille et ma mère a toujours cuisiné de façon économique. Elle savait comment sublimer des produits simples et bon marché. Et j’ai hérité de ses habitudes. Si j’ai envie d’un plat, je le prépare. 

OUI, nous travaillons tous. OUI, nous disposons de moins de temps que nos parents. Mais il est indispensable de se dégager du temps car c’est aussi un moment de convivialité. Il faut d’abord oublier ses vieilles habitudes, ses idées reçues. Et NON cela ne coûtera pas plus cher de préparer  soi-même ses repas.  Il y a mille astuces pour faire ses courses sans se ruiner, en particulier à Roubaix.

Marché de l'Épeule

Marché de l’Épeule

Astuce n°1 : au marché, tu iras !
Ce n’est pas ce qui manque sur Roubaix. Il y en a 6. Faites votre choix !  (cliquez pour le détail des marchés)

Avec les beaux jours, les stands débordent de couleurs et de saveurs. La grande saison des fruits & légumes commence. Il faut en profiter. Et c‘est quand même plus agréable que de faire ses courses dans les rayons d’un supermarché, non? Je vous conseille surtout d’y aller en fin de marché. Ils vous proposeront les meilleurs prix afin de se débarrasser de leur stock. Mon préféré est celui de l’Épeule. Il y a un maraîcher que j’aime particulièrement au fond sur la droite ! Ils sont sympas, leurs produits sont de qualité, et bon marché. J’en achète souvent une tonne pour 3 fois rien.

Astuce n°2 : les étiquettes promos, tu chercheras !
Ensuite vous pouvez aller à la chasse aux étiquettes. Souvent, les supermarchés proposent des réductions jusqu’à 50% sur des dates courtes. Pourquoi s’en priver surtout si c’est pour les manger dans les jours qui suivent ? De plus, si vous prenez la peine de regarder le prix au poids, vous remarquerez qu’il est souvent plus avantageux d’acheter sa charcuterie ou fromage au stand plutôt qu’en libre service. En plus, le stand propose généralement des offres promotionnelles. Cela vous évitera d’acheter du jambon injecté d’eau à moins que vous trouvez normal de payer l’eau au prix de la viande !

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Astuce n°3 : les restes, tu accommoderas !
Ne gâchons rien, ne jetons rien. Soyez inventif, soyez astucieux. C’est aussi ça la cuisine…Il faut oser ! Un poulet rôti peut faire une très bonne salade, des restes de fromages une délicieuse tarte, un pot-au-feu un parmentier gourmand. Laissez exprimer votre imagination ou investissez dans des livres de recettes.

Dimanche, je suis allé faire mes courses dimanche sur le marché et chez Intermarché pour vous mitonner 3 plats, des plats simples et sains. Bon appétit ! (cliquez pour la recette des plats sur ma page Facebook)

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REMARQUES
Les prix sont approximatifs car je n’ai pas calculé ni au gramme, ni au légume près. Il faut surtout retenir que j’ai dépensé environ 10 € de légumes et je n’ai pas tout utilisé car il y avait des radis, pourpiers et herbes qui me serviront dans la semaine.
Au supermarché, j’ai pris un talon de jambon qui est plus économique et surtout adapté à ce type de salade (4 €), le fromage était à -50 %, soit 2 €. Bien sûr, il y a des restes!
Et les croûtons ont été faits avec le pain de la veille.

Vous trouvez toujours ces plats appétissants? Je vous laisse juge

ThanhNguyen

RBX loves StreetArt

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Si je vous dis  » Mister P, Lem, Saraconti, Benjamin Duquenne « , cela vous dit quelque chose? Peut-être pas ! Pourtant, ils ne vous sont pas si inconnus que cela. Vous devez même les voir tous les jours sans y faire attention. Ils font partie de notre quotidien.

Roubaix, ce n’est pas seulement la ville la plus pauvre de France, la ville sous assistance respiratoire, où les commerces ferment les uns après autres; où les ordures s’entassent; où les voitures brûlent, où l’insécurité fait rage; où les dealers ont pignon sur rue…Je n’ai rien oublié?

Roubaix, c’est aussi une « ville d’art et d’histoire », une ville qui regorge de manifestations culturelles. Aujourd’hui, l’art a même envahi nos rues. La prochaine fois, quand vous déambulerez dans ses rues, laissez de côté vos préjugés et prenez le temps d’observer. Faites-moi confiance : vous serez étonnés de découvrir une nouvelle facette de notre ville. Vous verrez que ce que vous pensiez être un vulgaire dessin est en réalité une œuvre d’art, qu’on appelle simplement STREETart . Il a maintenant une place à part entière dans le patrimoine artistique de la ville. De plus en plus d’artistes renommés viennent y illustrer leurs talents. L’office du tourisme organise même des visites guidées en leur compagnie. (Pense-bête à moi-même : m’inscrire à une de ces visites !)

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Inutile donc d’aller dans les musées, de faire des expositions ou autres foires d’art contemporain pour admirer des graffitis. D’ailleurs, peut-on encore appeler cela du StreetArt une fois exposé? Le débat est ouvert.

Le StreetArt dont je vous parle ne se contemple que dans la rue parce qu’il est né dans la rue. Il y puise toute son énergie et son inspiration. Un musée à ciel ouvert de 13 km² vous ouvre ses portes. Entrée libre, ici, tout est gratuit !

Avec les beaux jours qui reviennent, chaussez vos baskets et sortez prendre un bol d’art frais. Vous remarquerez différentes représentations du Général de Gaulle, de drôles de personnages naïfs, des découpages de poupées russes ou encore des arabesques abstraites. Admirez la finesse des traits, la précision de chaque détail et surtout le choix des couleurs toutes aussi joyeuses les unes que les autres.

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IMPORTANT : il est obligatoire de se munir d’un appareil photo, de mitrailler la ville, et de partager vos photos sur Instagram

Thanh Nguyen

en souvenir de Bernard Dewaele

Je n’avais croisé Bernard Dewaele qu’aux réunions de l’équipe de campagne de Guillaume Delbar, peut-être 15 ou 20 fois en tout. Pas de quoi vraiment me sentir proche de lui. (Même pas sûr qu’il se soit vraiment souvenu de mon nom. Moi je me souvenais du sien, on se souvenait facilement de lui une fois qu’il avait pris la parole). Mais assez pour me sentir plus qu’affecté par sa disparition dimanche dernier.

Bernard dans sa boutique (photo Nord Eclair)

Bernard dans sa boutique (photo Nord Eclair)

Nous l’avions encore tous vu un lundi soir, lors de notre réunion hebdomadaire au local de campagne. Avait-il pris la parole ou pas, je ne saurais le dire. Peut-être même l’ai-je encore vu dans la semaine, parce qu’il passait souvent au local, pour un oui pour un non, pour le plaisir de dire bonjour, pour voir si tout allait bien, pour savoir s’il l’on avait besoin qu’il ramène quelque chose. Il avait l’air d’être comme ça Bernard, prêt à rendre service, prêt à discuter le bout de gras. Toujours un truc à nous dire qu’un commerçant avec qui il avait discuté lui avait rapporté.

70 ans, de nos jours, on ne peut pas vraiment dire que ce soit vieux. Il aurait pu, si les électeurs en avaient décidé ainsi, faire un bon mandat d’élu, grâce à sa disponibilité, son sens du contact, sa bonhomie. On avait pris les photos de lui pour les documents de campagne, il était prêt.

Cela n’arrivera pas. Vendredi, la nouvelle de son AVC nous a tous cueilli à froid, et les mauvaises nouvelles se sont rapidement accumulées durant le week-end jusqu’à celle de sa disparition dimanche. Le démarrage de la réunion de lundi, sans lui, a eu un drôle de goût, on s’est tous rendu compte que finalement il manquait au subtil équilibre qui compose une équipe de campagne. Guillaume et Margaret ont su trouver les mots pour parler de lui. Ça m’a laissé une drôle d’impression d’enlever un destinataire sur la mailing list.

La célébration de ses funérailles aura lieu ce samedi février à 9h30 en l’église St Martin de Roubaix.

http://memoire.lavoixdunord.fr/espace/monsieur-bernard-dewaele/238507

 

La gaufre Meert : tout ça pour ça…

Il n’y a pas de fumée sans feu. Il n’y a pas de Laurel sans Hardy. Et tout naturellement, il n’y a pas de Meert sans ses gaufres fourrées.

LA gaufre. Meert,  bien sûr...

LA gaufre. Meert, bien sûr…

Cette gourmandise n’a cessé de faire parler d’elle depuis sa création. Aujourd’hui, nous avons le Pierre Hermé, le Maestro du macaron parisien. En 1849, il y a eu M. Meert, le virtuose de la gaufre lilloise. Quel génie ce M. Meert ! Quelle audace d’avoir osé revisité cette pâtisserie en incorporant du sucre, du beurre et de la vanille de Madagascar entre 2 tranches de fines gaufres marquées à l’emblème de la Maison !

Le Général De Gaulle n’a cessé de vanter ses mérites. Je l’imagine bien faire son appel du 18 juin en dégustant une gaufre. Ça remonte le moral ! Sa renommée est internationale. Il n’est pas un guide touristique qui ne mentionne pas la Maison Meert.

Les gens se bousculent, se prennent en photo, font la queue pour acheter ces gaufres. C’est un signe qui ne trompe pas ! La gaufre Meert, cette simple gaufre fourrée au sucre est devenu le symbole d’une région. Même ma belle-mère auvergnate a eu pour mission d’acheter ces gaufres pour ma belle-sœur toulousaine. Et oui, même le Sud la connaît !

Je me suis toujours demandé ce qui faisait sa renommée. Est-elle si bonne?

Sans attendre, je cours, je vole, je goûte. Convaincu? Pas encore ! Je suis peut-être dans un mauvais jour. Je RE-goûte. Toujours rien ! Toujours pas convaincu! Le point positif de cette aventure est la découverte du salon de thé et des pâtisseries Meert. Une pure merveille pour nos papilles… J’AI ADORÉ !

Un café à la Piscine...Avec sa gaufre Meert !

Un café à la Piscine…Avec sa gaufre Meert !

Des années passent jusqu’à aujourd’hui où je vais prendre un café au Musée la Piscine. Oui je sais, ça fait BOBO mais ce n’est pas notre sujet 🙂 Je refais une tentative et cette fois, JE SUIS CONVAINCU! Convaincu d’une chose : cette gaufre est d’une banalité extrême ! Oui elle est bonne mais j’en ai mangé de nettement meilleures à « La ruche qui dit oui ».

Je retiens surtout le goût très sucré qu’elle laisse en bouche. J’avais tout simplement l’impression d’avoir mangé du sucre à la cuillère. Après, je n’avais envie que d’une chose; boire 1 l d’eau afin de me débarrasser de tout ce sucre.

Maintenant, je peux affirmer une chose : cette gaufre est belle. On est surtout charmé par son histoire, on l’aime pour ce qu’elle représente mais d’un point de vue gustatif je reste dubitatif quant à sa réputation.

Personnellement, je trouve qu’on en fait des tonnes et je pense plutôt aux tonnes de calories qu’on laisse sur nos hanches.

6 mois en V’Lille électrique à Roubaix

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Photo Jean Miaille

Déjà 6 mois que j’arpente les rues de Roubaix sur un V’Lille électrique, c’est l’occasion d’en tirer un premier bilan et de voir Roubaix sous un autre angle, celui d’un cycliste.

La première bonne surprise, c’est que j’utilise toujours mon V’Lille au bout de 6 mois, c’est à dire en plein mois de décembre, ce qui n’était pas gagné d’avance. L’hiver clément y est certes pour beaucoup, mais c’est néanmoins la preuve que le vélo est un moyen de transport crédible même en hiver.

Autre satisfaction : mon V’Lille est toujours là, entier, non volé, non dégradé. Sans sombrer dans la paranoïa, cela pouvait être une crainte. En pratique, pas vraiment. J’utilise d’abord des moyens de protections efficaces (antivol en U). J’accroche le V’Lille à des supports solides, si possible dans des endroits bien exposés. A ce titre, on peut quand même remarquer que les arceaux de sécurité sont un peu les parents pauvres du centre-ville. Il y en a quelques uns sur la Grand Place en face du Petrus, d’autres en face de l’entrée de côté de l’Espace Grand Rue (dégradés), et sinon c’est plutôt au petit bonheur la chance sur des grilles, des poteaux de signalisation, etc. Pour le centre ville, j’utilise aussi le parking de l’Espace Grand Rue, où l’emplacement pour les 2 roues se situe juste en face du local de gardiens, ce qui est assez sécurisant. Le box fermé pour vélo nécessite de faire appel à un gardien qui se déplace, c’est donc lent et peu pratique (et assez dommage).

On peut aussi espérer qu’arrivent bientôt à Roubaix les parkings sécurisés Transpole comme il en existe déjà à Croix (place de la République); je crois avoir lu que c’était prévu à la station de Métro Epeule Montesquieu et c’est une bonne chose.

Autre point : l’aménagement routier. Et je dois reconnaître qu’il se défend; qu’il est même plutôt plus développé à Roubaix que dans les communes avoisinantes. Les sens inverses réservés aux vélos sont une vraie bonne idée pratique et sécurisante, et je souhaiterais qu’il en soit aménagé encore plus. Néanmoins, il y a vraiment peu d’axes où l’on se sente en insécurité en vélo.

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Boulevard Lebas (photo Nord Eclair)

A noter quand même le fiasco (de mon point de vue) du nouvel aménagement routier du Boulevard Beaurepaire, puisqu’il ne comprend de piste cyclable que lorsque les voies de bus sont matérialisées, et que sinon on continue à devoir partager la route avec les voitures sur une portion où la vitesse est souvent élevée, sans même au moins une piste tracée sur les côtés. Vraiment décevant.

Enfin, notons aussi qu’en vélo électrique, à Roubaix, on circule à peu près aussi vite qu’une voiture, même en respectant les feux rouges et la signalisation (je vous entends déjà !). Dans une ville qui fait maximum 5 km sur 4, les temps de trajets sont fort proches et on ne saurait prendre argument de la lenteur pour refuser d’utiliser un vélo.

Autre point noir : l’état de certaines rues, et non des moindres, fait que la circulation en vélo y est parfois cahotique, voire dangereuse. La rue du Général Sarrail (entre la Mairie et l’IUT) est remplie d’ornières sur le côté droit, qui oblige à rouler très lentement, ou au milieu de la route. Idem sur le bas de la rue Inkermann, à l’arrivée sur la place du Trichon, dans un triste état. Quant à la rue du Curoir, il faut un VTT bien amorti pour imaginer l’emprunter à vélo tellement elle est défoncée. Le mauvais entretien de certaines rues, regrettable mais pas dramatique quand on roule en voiture, est très pénalisant quand on roule à vélo.

Terminons néanmoins sur une note positive, puisque ces 6 mois à vélo m’ont permis, heureuse conséquence de rouler à vitesse lente et en plein air, de découvrir de nouveaux endroits charmants ou insolites de notre belle ville : la tranquillité de la rue Philibert Delorme, les restaurants de la rue Nain et de la rue de l’Ermitage, les étendues encore vierges de l’Union, la petite vie de quartier de la contre-allée de la rue d’Avelghem…et sans doute tant d’autres encore à venir !

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Photo Ville de Roubaix

Et vous, avez-vous des expériences en 2 roues à Roubaix à partager ?

Ça balance pas mal à Roubaix (3) : la Braderie de l’Art

Cette chronique « Ca balance pas mal à Roubaix » de ce qu’on pourrait appeler « le week-end des Arts » ne peut que s’achever sur son point fort : la Braderie de l’Art, à la Condition Publique.

C’est maintenant devenu une institution, et la foule bigarrée qui se presse à des heures indues dans les halles de la Condi montre bien le succès de l’opération. De quoi s’agit-il pour ceux qui ne connaîtraient pas ? Pendant 24 h, du samedi soir au dimanche soir, les 2 grandes salles de la Condition Publiques sont remplies de stands d’artistes, qui doivent produire sur place des oeuvres sur le support de leur choix, pourvu qu’il s’agissent d’objet ou de matériau de récupération, et qui sont vendues entre 1 et 300 €.

Concrètement, il s’agit donc d’un joyeux bordel de ferrailleurs, de fabricants de lampes dont l’abat jour est une moitié de jerrycan, de détourneurs de  boîtes de camembert, de street artists, de sculpteurs en feuilles de papier, d’assembleurs de Lego, et des mille et une autres idées bizarres, charmantes, absurdes, laides, superbes que peuvent avoir les artistes présents.

Le public adore, car on voit la création se faire, le contact avec les artistes est direct et simple, qu’on peut acheter une « vraie » oeuvre sans se ruiner; et que sinon on peut aussi flâner dans une ambiance arty à la berlinoise une bière à la main jusqu’à très tard…

Ma sélection perso :

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Ça balance pas mal à Roubaix (2) : La Piscine et la Nuit des Arts

Ce week-end groovy à Roubaix, c’est aussi l’occasion de faire le tour des galeries, lieux d’exposition temporaires, et bien sûr de « notre » fameux musée, La Piscine (ou plutôt, comme personne ne le dit jamais, « Musée d’Art et d’Industrie – André Diligent »).

On se dirige bien sûr de suite vers l’exposition du moment « Le siècle d’or de la peinture danoise », qui donne le la à toute la saison culturelle roubaisienne. Et c’est peu dire qu’après les fastes de Picasso ou de Chagall l’an dernier, c’est plutôt une douche froide qui nous attend.

Le « siècle d’or » en question paraît bien terne et de peu d’intérêt. Les premières salles regorgent de portraits banaux, de paysages plats dont on peine à comprendre ce qui a pu justifier la sélection, de scènes historiques malhabiles …Ca s’améliore un peu dans les salles suivantes, où les paysages se font plus pittoresques, la technique picturale plus affirmée, avec même quelques tableaux assez bluffants par les couleurs ou le trait. Néanmoins, il faut bien avouer qu’on cherche au plus profond de sa motivation pour estimer l’expo intéressante. Quelques exemples :

Heureusement, la Piscine ce n’est pas que l’expo danoise, elle regorge aussi de « petites » expos temporaires, et aussi des collections permanentes qu’on connaît déjà; et c’est l’occasion d’une multitude de découvertes charmantes, que ce soit les austères céramiques de Gisèle Buthod Garçon, le malicieux lapin Rabbittears de Nadia Anemiche et Virginie Besengez, la confrontation au long du 20ème siècle de Wemaere et Jorn, les « interventions » irréverencieuses de Délit Maille, ou même, très à propos quelques pièces de céramique sud-africaine. C’est ça la Piscine qu’on aime, faite de découvertes, d’audace, de culot…

Mais la Nuit des Arts, c’est aussi le charme d’expo chez un coiffeur (chez Alexandre à Usual Break…), ou, de manière plus convenue, dans une des galeries de Roubaix comme la « Plus petite galerie du monde », qui donne lieu à de belles rencontres d’oeuvres…

 

Ça balance pas mal à Roubaix (1) : le Marché des Modes

Pour ceux qui en doutaient encore, Roubaix est ce week-end THE place to be dans la métropole lilloise (et au-delà…); avec une concentration d’événements qui à juste titre attirent une foule de curieux, d’amateurs ou de flâneurs.

On commence par le Marché des Modes, qui est l’occasion de rappeler que Roubaix est un des 2 lieux d’implantation des « Maisons de Mode » (avec Lille Sud), programme qui aide au démarrage à l’installation de jeunes créateurs. Bien entendu, leurs boutiques, situés le long du boulevard Jean-Baptiste Lebas, sont ouvertes pour ce Marché, mais aussi le « Vestiaire », sorte de mini grand magasin des créateurs, et le hall de l’ENSAIT, qui accueille un vaste marché de stand de boutiques tout aussi sympathiques.

Soyons clair, on n’est pas dans le discount et pas toujours dans le grand public, mais ceux qui cherchent des pièces originales, artisanales, en petites séries, ou des bijoux originaux, des accessoires de cuir, etc, y trouveront forcément leur bonheur. Un exemple ci-après

Evacuation du camp Rom du Galon d’Eau : 5 leçons locales

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Il n’y a guère plus épineux comme sujet actuellement que celui des Roms, en particulier à Roubaix. Qui plus est le jour même de l’évacuation par la police du camp du Galon d’Eau. Essayons néanmoins d’être constructif et d’en tirer quelques leçons au niveau local, sans rentrer dans les débats actuels au niveau national qui ne nous concernent guère :

1. Oui, la violence de ces camps est intolérable

Que ce soit pour ceux qui y habitent à cause de l’insalubrité, à cause des phénomènes mafieux qu’ils génèrent; pour ceux qui en sont les voisins à cause de la proximité de ce qui est un bidonville, il n’était pas possible de laisser ces camps s’installer durablement dans le centre-ville de Roubaix.

On pourrait d’ailleurs rendre hommage aux riverains, qui, même ulcérés par cette cohabitation forcée, n’en sont pas arrivés aux extrémités que d’autres villes ont connu (incendies, coup de feu…).

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2. Oui, la Mairie a bien trop attendu pour le faire

Pierre Dubois a laissé s’installer ces camps il y a maintenant près de 18 mois; il en avait promis le démantèlement pour l’été 2012, on voit ce qu’il en a été. Est-ce par complaisance envers Martine Aubry sur ce dossier, pour ménager son aile gauche, par incapacité à mobiliser la force publique, ou par peur des risques de dérapages ?

3. Oui, le déménagement du camp rue d’Avelghem était une mauvaise idée

Qui partait certes d’une bonne intention sur la possible intégration d’une partie des habitants du Galon d’Eau. Mais l’exécution ressemblait plus à un “coup de plumeau” du camp d’un endroit à un autre, plus discret; avec une grosse consommation de moyens publics, et dans un contexte de franche hostilité d’un voisinage déjà échaudé, l’annulation du projet est vite devenue incontournable, et les “raisons techniques” invoquées prêtent à sourire.

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4. Non, l’évacuation n’est pas une solution miracle

Elle ne fait que déplacer le problème, elle ne dissuade pas vraiment les personnes en question de rester sur le territoire français, et ces évacuations sont par leur nature même au moins symboliquement violentes.

Mais à l’inverse, la politique d’accueil inconditionnel, d’intégration, de traitement social prônée par certains est certes généreuse et pleine de bons sentiments, mais manque vraiment de réalisme, et ne pourrait être que difficilement comprise dans une France en crise économique profonde, qui plus est dans une ville qui souffre déjà de sa qualité de “plus pauvre de France”.

5. Oui, une voie médiane est possible

  • Eviter autant que faire se peut la reconstitution de nouveaux campements, qui sont intolérables pour les habitants, et qui ne favorisent absolument pas l’accueil des populations.
  • Permettre à ceux qui en montrent une réelle volonté (scolarisation des enfants, pas de mendicité ni de délits, démarches d’intégration) de bénéficier des dispositifs existants pour tous les roubaisiens (aide sociale, logement, scolarisation adaptée…)
  • Etre intransigeant sur les questions de sécurité et de délinquance

 

photos : Nord Eclair

lien article : http://www.nordeclair.fr/info-locale/roubaix-le-camp-de-roms-du-galon-d-eau-evacue-vingt-ia50b0n281131

BBC world s’est aussi intéressée au sujet : http://www.bbc.co.uk/news/world-europe-24296405