Archives de catégorie : Culture

Pour que vive le N.A.M.E ! – Lettre ouverte à Jean-René Lecerf

(post publié en commun avec Léonard Delcourt et publié simultanément sur son blog)Name logo

Faire des choix, faire de la politique,  c’est renoncer.

Nous savons et nous connaissons la désastreuse situation financière dans laquelle l’exécutif précédent a laissé le Département du Nord. Nous comprenons aussi les choix forts qui sont devant vous et que vous devez prendre rapidement pour sauvegarder l’action de la collectivité que vous présidez. Cependant nous souhaitions vous dire, au travers de cette lettre ouverte, que ces choix doivent aussi se faire en prenant en compte des critères factuels et concrets, donc être des choix de raison. C’est pourquoi nous attirons aujourd’hui votre attention sur la superbe réussite du N.A.M.E pour le Département, qui dépasse aujourd’hui largement ses frontières, et la part que prend désormais chaque année cette rencontre dans le rayonnement de notre territoire.

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Nous pensons, nous élus locaux en charge de la Culture et du Développement Economique de la ville de Roubaix, qu’un tel événement qui vient de réunir plus de 12.000 personnes sur un week-end est un vecteur incroyable d’une image positive, tournée vers l’avenir, du Nord ; comme il en existe à vrai dire bien peu. Oui, peu d’événements culturels peuvent se targuer de réunir autant de monde sur deux jours, d’horizons différents et de générations différentes. Il est aujourd’hui ce que l’on fait de mieux sur la scène des musiques électroniques au nord de Paris. Il est devenu un étendard pour dire à quel point le Nord excelle, comment le Nord sait accueillir, comment le Nord sait être curieux, comment le Nord sait être à la pointe culturellement comme il l’a toujours été. Il se compare avantageusement avec Marsatac à Marseille, avec les Nuits de Fourvière à Lyon, bref avec la fine fleur du secteur des festivals électro ; et depuis 10 ans il a noué des longues histoires d’amitié et de rencontre artistique avec tous les grands noms de la musique électro mondiale qui lui sont restés fidèles.

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Bien sûr, des efforts sont à faire sur différents points que nous sommes prêts à évoquer avec l’association ART POINT M, évidemment des marges de manœuvre budgétaires sont à trouver, et le N.A.M.E doit encore pouvoir évoluer,  trouver d’autres partenaires, réfléchir à son format, renouveler en permanence sa programmation, être à la recherche d’un lieu d’accueil ; mais ce serait une bien mauvaise nouvelle, peu respectueuse de son histoire et de ses acteurs, que de supprimer soudainement l’aide du Département.

Car, disons-le tout de go,  si le N.A.M.E venait à disparaître alors nous nous mettrions à dos beaucoup d’habitants de ce département, qui y sont légitimement attachés Et au-delà de ça, nous sommes surtout convaincu que le N.A.M.E apporte un vrai rayonnement à notre territoire, qu’il en est un des tous meilleurs emblèmes, et ce même s’il a été engendré par une autre majorité politique.

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Alors oui, faire des choix, c’est renoncer ; et nous vous proposons, Monsieur le Président, de renoncer à faire le choix de la suppression pure et formelle des subventions allouées à l’Association roubaisienne ART POINT M qui organise et développe le « N.A.M.E. FESTIVAL » ; et plutôt de les aider à faire évoluer leur modèle dans les années qui viennent.

Fermement attachés à la pérennité de ce festival, nous sommes prêts à nous impliquer dans l’accompagnement de ce processus et dans la recherche d’une solution durable, qui permette au N.A.M.E de continuer à porter haut l’étendard du Nord qui l’a fait naître.

Léonard DELCOURT, adjoint  au Maire de Roubaix à l’Economie, l’Emploi, l’Insertion  la Formation et l’ESS

Frédéric MINARD, adjoint au Maire de Roubaix  à la Culture, au Patrimoine et à l’Enseignement Supérieur

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Mon Top 5 Culture de l’année 2015 à Roubaix

Sacrifions à cette sympathique tradition des fins et débuts d’année, celle de tirer le bilan des 12 mois écoulés; l’actualité culturelle a été plus que chargée à Roubaix en 2015, mon choix très subjectifs des 5 événements ou moments qui m’ont marqué est le suivant, sans ordre particulier, et bien sûr en précisant qu’il y a eu des dizaines d’autres moments forts, mais qu’il faut bien faire un choix…

 

La réouverture et les expositions de la Manufacture

La « Manufacture des Flandres » était sympa mais avait un petit côté old school voire ringard; les travaux et l’agrandissement des salles d’exposition en ont fait un petit bijou. Les machines sont toujours aussi impressionnantes; et surtout les expos temporaires qui se sont succédées ont toutes été formidables, et ont bien montré la pertinence du positionnement choisi, sur la création textile contemporaine : l’expo de réouverture Fiber Art Fever, l’expo Recyclage.

Ajoutons à cela un événementiel de plus en plus soutenu et réussi, avec non seulement les grands classiques comme le Marché aux tissus, mais aussi un Museomix d’anthologie, un Inspiration Couture, et j’en passe !

Une réouverture qui est une vraie révélation.

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La Grand Plage…et son Coffee Book !

La Grand Plage, c’était d’abord un pari sur un changement radical pour la Médiathèque de Roubaix, à l’image du résultat d’un an de travaux et d’une recomposition complète de l’agencement, entre autres.

Cela a été de l’avis général une franche réussite.

Mais ce qui n’avait pas forcément été anticipé, c’est la formidable valeur ajoutée de Coffee Book, le café de La Grand Plage. C’est rapidement devenu un lieu de rendez-vous, un endroit de convivialité et de rencontres, mais aussi d’événements et de soirée. Jeannette et Ahmet ont parfaitement réussi leur pari et parachève la réussite de cette Grand Plage !

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Béjart Ballet Lausanne au Colisée

Je n’ai malheureusement pas eu le temps d’aller à tous les spectacles qui m’intéressaient dans la saison 2014-2015 du Colisée; il faut dire qu’avec plus de 50 propositions, c’est un des théâtres les plus actifs de France et le plus important au Nord de Paris; on a parfois tendance à l’oublier.

Mais s’il ne fallait retenir qu’un seul spectacle, celui qui m’a enthousiasmé, et pour lequel on se dit qu’une salle comme le Colisée est idéale car elle permet à la fois d’accueillir des spectacles de grande ampleur (ce spectacle faisait ailleurs en France la tournée des Zénith) et de garder une certaine proximité et chaleur avec le public, c’est le « Presbytère… » du Béjart Ballet Lausanne, dont j’ai déjà parlé ici.

Quelques mois après, j’ai revu des extraits, notamment du passage « Radio Gaga » et du final « The Show must go on », et le souvenir m’a encore donné la chair de poule…

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Gondry à La Condition Publique

C’était sans doute l’événement le plus médiatique de la saison culturelle d’automne à Roubaix, la venue après Paris, Moscou, Shanghai ou Rio de « L’usine de films amateurs » de Michel Gondry à la Condition Publique.

Il faut bien dire qu’on n’a pas été déçu : les décors étaient époustouflants, à la fois poétiques, insolites et réalistes, notamment grâce au travail d’adaptation local mené par les équipes de l’expo et les étudiants de l’ESAAT de Roubaix; à tel point qu’on a une forte envie de les conserver pour une réutilisation future !

Le principe des « films amateurs » a lui fonctionné à plein, et des milliers de participants se sont transformés le temps d’un film en acteur, cadreur, perchiste, décorateur, scénariste…devenant ainsi partie prenante d’un film, comme le souhaitait Gondry.

Un beau moment qui mettait magnifiquement en valeur les espaces incroyables de la Condition Publique, en particulier cette Halle B, véritable cathédrale…

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Camille Claudel à La Piscine

Enfin, comment ne pas citer Camille Claudel parmi les éclatantes réussites de l’année. Avec plus de 100 000 entrées, le Musée La Piscine retrouve les chiffres de l’extraordinaire exposition Picasso de 2004, alors portée par l’énorme communication de Lille2004; et se paie même le luxe de dépasser très légèrement la fréquentation de l’expo Osiris du Palais des Beaux Arts de Lille…

Mais là n’est pas la question; la question c’est surtout quelle magnifique exposition Bruno Gaudichon a réussi à monter, avec des prêts incroyables du musée Rodin et du futur musée Camille Claudel de Nogent sur Seine; bref un ensemble d’oeuvres qu’on ne reverra sans doute jamais côte à côté; les visiteurs ne s’y sont pas trompés…

J’avais déjà été impressionné lors du montage de l’expo, je suis resté sidéré à l’ouverture de l’exposition devant la force expressive de la sculpture de Claudel, devant la finesse des expressions, devant la maîtrise de la pierre. Une grande leçon de sculpture.

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Et vous, quel a été votre moment préféré de l’année culturelle 2015 à Roubaix 😉 ?

Pour la région, pour la culture, je vote Xavier Bertrand !

Aux élections régionales des 6 et 13 décembre, c’est sans aucune hésitation que je voterai pour la liste « Notre région au travail » de Xavier Bertrand.

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D’abord, et ce n’est pas une surprise, parce que je suis adhérent d’un parti, l’UDI, qui soutient et participe à cette liste; un grand bravo d’ailleurs à Emeraude Bensahnoun qui représente avec brio les centristes du Roubaisis sur cette liste.

Aussi parce que 2 de mes collègues élus à Roubaix, le Maire Guillaume Delbar et Milouda Ala, l’adjointe au logement, sont sur cette liste; leur action à Roubaix est déjà remarquable et remarquée, et ce serait un grand avantage pour la ville qu’ils puissent la continuer et l’amplifier au Conseil Régional.

Enfin, c’est aussi en tant qu’adjoint à la Culture que j’ai envie de contribuer à voir Xavier Bertrand élu.

Certes, la culture n’est pas au coeur de son programme (comme pour les autres candidats d’ailleurs), et ce n’est sans doute pas l’attente majeure des électeurs.

Néanmoins, le livre-programme de Xavier Bertrand contient de nombreuses propositions intéressantes, innovantes, pertinentes dans le domaine de la culture et du patrimoine, dont on a, à tort, très peu voire pas du tout discuté, alors qu’elles me semblent aller vraiment dans le bon sens. (voir les pages 65 à 69 du livre programme de Xavier Bertrand). Précisions aussi, toute modestie gardée, que j’ai soumis à l’équipe de campagne de Xavier Bertrand des idées et des suggestions il y a quelques mois, et que certaines ont été retenues, belle preuve de l’écoute que Roubaix peut avoir sur les sujets sur lesquels notre expertise est reconnue.

De manière générale, on remarque par exemple dans le programme :

. l’instauration d’un Pass Musées Régional. Sur le modèle de la C’Art de la MEL, mais étendu au territoire de la région; voilà une formidable opportunité pour encore développer et amplifier celle qu’on appelle déjà « la région des musées ». Et si les difficultés techniques, financières ou diplomatiques seront légion, notons quand même que les Pays-Bas arrivent à le faire au niveau d’un pays entier avec la Museumkaart, cela doit donc bien être possible

La museumkaart néerlandaise permet l'accès à 400 musées des Pays Bas, pourquoi pas un système similaire en NPDCP ?

La museumkaart néerlandaise permet l’accès à 400 musées des Pays Bas, pourquoi pas un système similaire en NPDCP ?

. la mise en place de « TER Musée » à 1 € : excellente manière de surfer sur le succès reconnu du TER Mer et du TER Vert, cette fois vers les musées, quelle meilleure manière de pratiquer la démocratisation culturelle ?

. la culture au cœur des lycées et des centres d’apprentissage : pourquoi aller chercher loin une action culturelle majeure d’envergure régionale, alors qu’elle est sous nos yeux ? La région gère les lycées, la première de renforcer la culture serait de mettre en place des actions culturelles dans les lycées, des partenariats, des jumelages, des sorties. Certes, tout cela existe déjà, mais avec de la coordination, de l’organisation, on pourrait arriver à un nombre de jeunes touchés phénoménal !

. Lille3000…au niveau de la Région : je me suis déjà exprimé sur le sujet; Lille3000 c’est très bien, mais la diffusion métropolitaine de l’événement reste sujette à discussion. La vraie ambition, ce serait effectivement d’embrayer sur un niveau régional, comme l’a fait Nantes en passant du « Voyage à  Nantes » à l’opération « Estuaire »; ou comme le fait la Normandie avec « Normandie impressionniste ».

L'opération "Estuaire" se déploie de Nantes à St Nazaire...

L’opération « Estuaire » se déploie de Nantes à St Nazaire…

. un portail numérique unique pour les Médiathèques de la région : la mise en réseau des médiathèques est source d’échanges, de dynamisme, de partage; mais difficile à envisager à un niveau régional. En revanche, dans les 5 à 10 ans à venir, la question de l’acquisition, de l’utilisation et de la diffusion des ressources numériques va se poser de manière cruciale pour nos médiathèques. L’échelon régional ne serait-il pas le mieux placé pour avoir à la fois une forte coordination, des vrais moyens pour l’achat, et l’ambition d’une politique innovante sur le sujet ? Le Nord Pas de Calais Picardie serait légitime à être une région de référence sur les ressources numériques en accès public…

Alors oui, dans le domaine culturel aussi, les propositions de Xavier Bertrand font mouche et sont la preuve à la foi d’un solide réalisme et d’une réelle ambition pour la région. Nul besoin d’agiter l’épouvantail du Front National, qui serait effectivement catastrophique pour la vie culturelle et le rayonnement de notre territoire, le programme de Xavier Bertrand permettrait d’amplifier et de solidifier le dynamisme culturel et artistique de nos territoires.

Les 6 et 13 décembre prochain, c’est donc aussi pour ses propositions culturelles que j’irai voter Xavier Bertrand !

 

Mon Top 5 de #XU 2015

Ne boudons pas notre plaisir, la première édition de #XU, alias le nouveau festival « Expériences urbaines » de la ville de Roubaix, a été une franche réussite. J’ai pour ma part particulièrement apprécié les moments suivants :

Top 5 : A2K au Colisée

Oui, ça n’était pas vraiment au programme de #XU, mais comment résister au spectacle d’un tout jeune humoriste roubaisien en première partie du show d’Arnaud Ducret ?

A2K et Arnaud Ducret

A2K et Arnaud Ducret

A2K m’a impressionné par son aisance, son contact avec la salle, cette manière d’aller à la rencontre du public, le tout sur des sujets pas forcément simples, avec lesquels il est allé cherché les rires …Chapeau Akim !

 

Top 4 : Le village de fresques et de danse de la Grand Place

Il y avait ce week-end une vraie ambiance de fête sur la Grand Place; les graffeurs s’en donnaient à coeur joie sur les immenses panneaux dressés pour eux, les danseurs s’enchaînaient dans les battles ou les spectacles sur la scène; bref il y avait une énergie positive typiquement roubaisienne comme on aimerait en avoir encore plus souvent !

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Top 3 : le « soul train » du Bal Waacking au Gymnase

Ah, si on m’avait dit que Princesse Madoki réussirait à me faire passer au milieu d’un « soul train », comme aux plus grandes heures de la danse à Harlem dans les années 70…Et pourtant elle y est arrivée; et on a particulièrement apprécié le mélange des publics au Gymnase, qui faisait plaisir à voir !

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Top 2 : les baskets customisées du Grand Bassin

L’idée est simple et brillante : achetez un lot de baskets blanches, et demandes à des artistes de les customiser ! Le résultat est juste bluffant, jugez-en vous mêmes…Merci aux artistes du Grand Bassin, et à Loïc Trinel et Sébastien Prisset pour l’idée et l’organisation.

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Top 1 : JonOne superstar

JonOne en couverture de Nord Eclair, Jonone sur la scène avec le maire à l’inauguration, Jonone en dédicace, mais surtout Jonone devant l’immense volet métallique de la rue de l’Hospice, qui est maintenant totalement métamorphosé…

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Jonone à l'oeuvre...

 

Merci à Jonone d’avoir été en quelque sorte le parrain officieux de cette première édition, merci à Mikostic qui l’a convaincu de venir nous rendre visite, et à très bientôt on espère…

Et bien sûr j’en oublie tant d’autres, comme la fresque de Des Friches et Des Lettres sur le parking de la Cave aux Poètes, les rappers de Detroit, les percussions de l’ARA, la conférence de hip hop… Une seule conclusions : rendez-vous l’année prochaine pour #XU 2016 🙂

Journées du Patrimoine 2015 : toujours quelque chose à découvrir à Roubaix !

Ce qu’il y a de fascinant avec le patrimoine à Roubaix, c’est que, même quand vous pensez bien le connaître, il y a toujours de nouvelles choses à découvrir ou de nouvelles manières de le voir.

Le minaret de la mosquée Bilal

Le minaret de la mosquée Bilal

Ainsi, pour cette édition 2015 des Journées du Patrimoine, alias #JEP2015, des nouveaux lieux étaient ouverts pour la première fois dans ce cadre. J’ai pu à ce titre visiter la mosquée Bilal, rue de l’Epeule, dont la qualité de finition architecturale est remarquable; ou encore le bâtiment administratif de l’IFSI, rue Henri Regnault, avec un magnifique et majestueux escalier, décoré de peintures de maître, absolument exquis !

L'escalier de l'IFSI

L’escalier de l’IFSI

 

Il y avait aussi de grands classiques que je n’avais jamais visité, comme les caves d’affinage César Losfeld, sous le bâtiment Liberty Box de la rue du Luxembourg, où l’on apprend, incidemment, que ce sont les derniers affineurs du Nord à utiliser des clayettes en bois, ce qui donne à leur mimolette un goût de noisette incomparable…Qui pourrait imaginer que 80000 boules de mimolette dorment en permanence sous ce bâtiment ?

Boules de mimolette

Boules de mimolette

J’ai aussi découvert l’Ecomusée Liétart, rue de Brézin, où le temps semble s’être arrêté il y a quelques dizaines d’années sur une peignerie, dont les machines sont encore en parfait état de marche et « dans leur jus »; comme un voyage dans le temps en quelques minutes…

Le décor mural de l'écomusée Liétart

Le décor mural de l’écomusée Liétart

Mais ces journées à Roubaix, c’était aussi l’occasion d’expositions mettant en avant le patrimoine, comme les très beaux fusains de Jérémy Moncheaux à la librairie Autour des Mots place de la Gare; ou d’interventions artistiques dans un cadre patrimonial, avec bien sûr la visite guidée théâtralisée de Détournoyment à l’Hôtel de Ville, ou encore une très intriguante et très réussie « Conférence dansée » sur les danses urbaines dans le superbe cadre du Gymnase, rue Chanzy.

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La conférencière danseuse du Gymnase…

Tout cela ne pouvait que se terminer avec un des sommets du week-end, le salon « Objet céramique et textile », organisé à la Manufacture, qui une fois de plus réunissait des créateurs remarquables, l’exposition « Ornement » d’étudiants français et belges, et bien sûr le cadre unique de la Manufacture. Un incontournable.

Une oeuvre en céramique de Sylvie Lytka, salon Objet Céramique et Textile

Une oeuvre en céramique de Sylvie Lytka, salon Objet Céramique et Textile

J’ai une bonne nouvelle pour vous : depuis cette année, en collaboration avec Tourcoing, il n’y a pas un mais 2 week-ends du Patrimoine, donc la semaine prochaine, d’autres visites et découvertes seront possibles, il sera temps de se rattraper !

Abba The Museum vs. Musée La Piscine !!!

Mes vacances estivales m’ont mené à Stockholm, et entre autres à une des nouveautés muséales de la ville : Abba the Museum. Je ne résiste pas à l’envie de faire un banc d’essai un peu #WTF avec un autre musée bien connu : la Piscine à Roubaix…

  1. Les environs

D’un côté, Skansen, l’île aux Musées de Stockholm, à quelques pas du Vasamuseet, l’extraordinaire musée où un galion du 16ème siècle dans un état de conservation incroyable vous attend. Sans compter la galerie d’art contemporain Absolut et le Musée Nordique. Bref, du lourd. Mais en soi l’endroit n’a rien de charmant.

Abba à Skansen

A Roubaix, le cadre majestueux de l’avenue Jean Lebas, la gare d’un côté, l’hôtel de ville de l’autre, l’Ensait en face. Le charme opère, même si les environs sont un peu moins flatteurs qu’à Stockholm.

Roubaix - Façades colorées Boulevard Jean Lebas

Roubaix – Façades colorées Boulevard Jean Lebas

2. Le bâtiment

Pour Abba the Museum c’est simple : absolument aucun intérêt, tout le musée est dans des pièces aveugles en sous-sol. Cela dit, belle mise en scène…

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Pour la Piscine : on n’insistera pas sur le formidable « effet wow » du Grand Bassin de ce qui était sans doute la plus belle piscine de France…

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3. Le prix d’entrée.

Toute la différence entre un musée public et un musée privé. Abba, disons 20 € par adulte, La Piscine 9 € avec l’expo temporaire, et encore de nombreuses réductions possibles…Le contribuable suédois n’apporte pas son obole à Abba – et c’est normal.

4. Les collections

Match nul : difficile de comparer la guitare dorée de Waterloo avec La Petite Châtelaine, ou le piano blanc de Bjorn et Benny avec un paysage de Van Dongen.

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La Petite Châtelaine, Camille Claudel (photo Musée La Piscine)

La Petite Châtelaine, Camille Claudel (photo Musée La Piscine)

5. Interactivité et réseaux sociaux

Certes, la Piscine est dans le top 3 des musées de province pour son nombre de fans Facebook, une extraordinaire performance due aux Amis du Musée, certes.

Mais en face, pour Abba the Museum, c’est une débauche de moyens, de dispositifs, d’occasions qui sont proposées au visiteur : du classique panneau découpé où l’on met sa tête, à l’enregistrement vidéo ou karaoké à partager directement en ligne, ou encore du morceau à remixer. Du beau travail.

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Conclusion

Au final, malgré de bons points, dans ce banc d’essai ultra scientifique et pas du tout biaisé, Abba the Museum est nettement battu par Musée La Piscine, une belle performance roubaisienne !

L’art intime, délicat…et injustement oublié de Mazerolle à La Piscine

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Alexis-Joseph Mazerolle 1826-1889

Intime et délicat, ces 2 mots décrivent simplement mais fidèlement mon ressenti à la visite de l’exposition « Mazerolle, itinéraire d’un grand décorateur », qui vient d’ouvrir à La Piscine.

Cette exposition, l’avant-dernière avant le début des travaux d’agrandissement soit dit en passant, met pour la première fois en lumière le travail d’un illustre inconnu : Alexis-Joseph Mazerolle. Ce décorateur très actif durant la Monarchie de Juillet et le Second Empire a exécuté de nombreuses commandes privées pour des hôtels particuliers, des salons de réceptions, tout en honorant des commandes publiques de très grand prestige comme un plafond de la Comédie Française (un de ses chefs-d’œuvre !).

 

Malheureusement, s’il fut un réel grand nom de la peinture à son époque, il a sombré dans l’oubli pour plusieurs raisons : son style classique, très académique, a été balayé par les très nombreux courants picturaux et artistiques de la fin du XIX siècle et par tout le XXème siècle. Ses œuvres mythologiques et figuratives furent complètement oubliées, une telle proposition artistique fut au mieux moquée, au pire violemment critiquée.

L’autre grand drame que connurent les tableaux de Mazerolle vient de leur état, la plupart sont dans les mains de collectionneurs privés et tiennent plus d’œuvres décoratives que de tableaux, de ce fait, elles ont disparu, en même temps que la décoration de la pièce dans laquelle elles se trouvaient.

Alice Masse, conservatrice adjointe nous expliquant l'exposition

Alice Masse, conservatrice adjointe nous expliquant l’exposition

Enfin, dernier regret, sa « France couronnant Molière, Racine et Corneille » disparut lors de l’incendie de la Comédie-Française en 1900.

Heureusement, aujourd’hui Alexis-Joseph Mazerolle sort de l’oubli grâce à l’Association des Amis du peintre Alexis-Joseph Mazerolle et de Marie-France Lavalade qui a effectué sa thèse de l’École du Louvre autour de l’œuvre du peintre décorateur.

Cette dernière signe d’ailleurs le commissariat de l’exposition avec Alice Massé, conservatrice adjointe à La Piscine.

Mais ce qui fait d’ores et déjà la réussite de cette exposition nous vient de la précieuse aide des descendants du peintre. Ils ont travaillé pendant des années en très étroite collaboration avec Bruno Gaudichon, conservateur en chef de La Piscine, pour offrir le meilleur panorama de leur aïeul. Ils sont également très généreux, offrant 27 dessins du maître et permettant à La Piscine de devenir le musée ayant le plus grand fond de dessins de Mazerolle en France, merci encore à eux !

Nicolas Harvé, arrière-petit-fils du peintre célébrant le travail réalisé par les équipes de La Piscine

Nicolas Herbet, arrière-petit-fils du peintre célébrant le travail réalisé par les équipes de La Piscine

Car c’est aussi une des vocations de notre musée que de révéler ou de faire redécouvrir des artistes parfois injustement oubliés. Le fond du musée, éclectique et assez riche dans un style et une période bien identifiés, nous permet d’être souvent à l’origine de telles opérations; et c’est tout le talent de Bruno Gaudichon et de ses équipes de faire réapparaître des oeuvres longtemps négligées…

 

Pour finir cet article, et revenir au vif du sujet, voici les coups de cœur que j’ai eus durant ma visite avec Alice Massé, je vous laisse le soin de découvrir le reste de l’exposition, par vous-même, bien entendu 😉

 

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21ème défilé Esmod, la fashion week roubaisienne !

Le défilé Esmod est toujours un événement mémorable, celui de cette année va sûrement faire parler de lui encore un moment…

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Le discours, un des impératifs stimulants de l’adjoint !

Soyons honnêtes, peu d’entre nous peuvent se vanter d’avoir des souvenirs des 1ers défilés. Nous avons en effet assisté au 21ème défilé, une telle longévité est à saluer. Esmod est un repère dans Roubaix et la ville est plus que fière d’accueillir un des 26 campus internationaux du groupe. Nous soutenons ainsi sans rougir la comparaison avec Séoul, Berlin ou encore Dubaï !

21 années d’existence, cela correspond à 21 promotions d’élèves talentueux, doués et passionnés qui font rayonner Roubaix dans le Nord, la France et même le monde !

Citons quelques exemples de ces élèves. Lorsque Agatha Ruiz de la Prada était membre du jury il y a quelques années, en même temps que son exposition à la Piscine, une étudiante, Jiao Yé, lui avait tapé dans l’oeil, cette étudiante est aujourd’hui sa 1ère assistante, son bras-droit.

Une autre marque née d’une étudiante d’Esmod et qui a beaucoup fait parler d’elle Filles A Papa. Fondée par Sarah Piron et sa sœur, cette ligne de vêtements a pris une ampleur considérable quand des stars comme Beyoncé, Rita Ora ou encore Ellie Goulding se sont mis à la porter. Les réseaux sociaux se sont emballés et le succès est depuis au rendez-vous.

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Les étudiants roubaisiens arrivent donc à devenir des créateurs internationaux, mais ils n’en n’oublient pas moins leurs racines. Ainsi, Maxime Bera, créateur de LB Sweat & Makers, a ouvert sa boutique de costumes pour homme demi-mesure dans la métropole. Métropole qu’il fait rayonner dans le monde entier, il a en effet créé les uniformes de tous les restaurants d’Alain Ducasse. Quand la gastronomie française rencontre le talent stylistique roubaisien, on peut être fier de notre fameuse exception culturelle.

Enfin, ce qui fait la force du campus de Roubaix, c’est qu’il s’inscrit dans un territoire industriel où le textile régna en maître et où ce secteur d’activités se réinvente avec succès. Cela dynamise la créativité des étudiants et leur permet de maîtriser des techniques d’avant-garde, histoire d’être les futurs grands entrepreneurs de demain, les stylistes parisiens n’ont qu’à bien se préparer !

Comme d’habitude, le public est venu toujours aussi nombreux à ce rendez-vous, un des moments immanquables de l’année, complet depuis des mois. C’est notre fashion-week roubaisienne !

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Un tonnerre d’applaudissements plus que mérités !

La Piscine s’agrandit, c’est officiel !

C’est avec une grande fierté et un réel bonheur que je vous annonce officiellement que le musée de La Piscine va être agrandi !

L'entrée de la Piscine (photo Philippon Architecte)

L’entrée de la Piscine (photo Philippon Architecte)

Je vous avais déjà annoncé il y a quelques mois le financement de la salle d’Histoire de Roubaix grâce au mécénat, mais cette nouvelle annonce est d’une ampleur bien plus importante, et ce pour 4 principales raisons :

– Le musée a clairement atteint son seuil de saturation. Lors de l’exposition Camille Claudel et de son succès sans commune mesure, c’étaient jusqu’à 3 000 personnes qui visitaient le musée chaque jour, un niveau disproportionné par rapport aux capacités d’accueil. Les conditions de visite n’étaient pas agréables9, les œuvres étaient mises en danger, les équipes ne travaillaient plus dans de bonnes conditions…

– Des oeuvres et notre patrimoine sont à valoriser, mais les bâtiments du Musée sont déjà exploités au maximum de leur capacité, quand on pense que l’intérieur des cabines est utilisé pour valoriser des céramiques et des pièces textiles, on constate vraiment le manque criant d’espaces d’exposition.

– La Piscine est l’un des grands symboles de Roubaix (quand on pense que c’est elle qui a représenté le Nord-Pas de Calais dans l’émission Le Monument Préféré des Français). Son rayonnement est prestigieux et d’une ampleur certaine. Ce n’est pas que le musée de la ville de Roubaix et des roubaisiens, sa fréquentation est bien plus variée que cela, les habitants de l’Eurométropole étant les plus importants. Il était donc légitime que la Métropole Européenne de Lille, la Région ou encore le Département du Nord participent au financement des travaux d’agrandissement. Cela permet également de se rendre compte de la nouvelle place, plus assurée, plus reconnue, qu’occupe Roubaix dans les instances territoriales et intercommunales.

– Guillaume Delbar et moi-même n’avons cessé de le répéter, l’agrandissement de la Piscine était le dossier majeur dans le domaine de la culture pour la mandature (dis ici, encore ). Notre engagement et notre ténacité ont payé , l’extension est actée !

Le bassin de La Piscine, la star du soir

Les équipes du musée se réjouissent vivement de cette annonce, de même que l’équipe municipale, les roubaisiens et les amateurs d’art.

Début des travaux dès la fin de l’année pour un retour à la normale en 2017.

Petit plaisir final, le musée reste bien sûr ouvert durant la durée des travaux, et ça, c’est la nouvelle meilleure nouvelle qui soit 🙂

 

 

Muséomix à la Manuf, c’est réussi !

Je vous avez récemment donné 6 raisons pour que l’édition 2015 de Muséomix Nord ait lieu à la Manuf.

Et bien c’est chose faite 😀

 #Museomix2015 c’est parti !!! http://t.co/iLxxCNPZCb

Ce choix n’est pas anodin résulte d’un travail global autour du numérique, des musées et des pratiques autour de ces derniers mené à Roubaix depuis un moment et qui commence à prendre une réelle ampleur.

Roubaix dispose d’une faculté d’adaptation, de dépassement et d’innovation certaine, et cela tombe bien ! Ce sont les axes majeurs de Muséomix et notre adéquation avec ces derniers a forcément motivé leur décision.

De même, Roubaix dispose de nombreuses opportunités autour du numérique qui ont séduit les organisateurs. Le projet Blanchemaille en est un très bon exemple, la ville cherche à valoriser ses talents, ses potentiels… On peut très bien imaginer que des concrétisations de Blanchemaille puissent un jour être adaptables au niveau muséal.

Parlons aussi de la Manuf. Ce n’est pas un banal lieu où l’on voit de vieilles machines de tissage, un écomusée local. C’est un véritable musée, à part entière et le fait que l’édition 2015 de Muséomix y aura lieu conforte (si cela était encore nécessaire) son statut de musée.

Manuf

La Manuf, futur lieu d’échanges mouvementés et riches

Enfin, je pense que l’on peut saluer la présence numérique des équipes culturelles locales, des amateurs et des passionnés qui ont une réelle présence numérique et des usages multiples et stimulants, ils feront tout leur possible pour que l’édition roubaisienne de Muséomix soit mémorable.

 

Vidéo de présentation du Museomix du Musée d’Art et d’Histoire de Genève