Archives de catégorie : Journal du mandat

Chroniques du bureau 112 #5 : merci à tous ceux…

Alors voila, ça fait déjà 6 fois que je tiens un bureau de vote sur les 7 derniers mois, 8 fois si je remonte aux Régionales de fin 2015, et je voulais conclure cette séquence électorale en remerciant les électeurs, tous les électeurs, un grand merci donc…

à ceux qui viennent en tenue juste avant leur jogging – et à ceux qui viennent juste après, toujours en tenue

à ceux qui pensent qu’il faudrait mettre une amende à ceux qui ne viennent pas voter (mais qui ne sont pas venus au 2ème tour de la présidentielle…)

à ceux qui s’excusent de ne pas être venus voter la semaine d’avant et qui nous expliquent pourquoi

à ceux qui ont scanné les professions de foi des candidats pour l’envoyer à l’électeur qui leur a fait une procuration, « pour qu’il puisse choisir »

à ceux qui refusent catégoriquement de signer leur carte d’électeur (ok, ça ne sert à rien, mais pourquoi refuser ?)

à celles qui arrivent simultanément à tenir un enfant, avoir un sac en bandoulière, ranger leur carte d’identité et leur carte électorale, ET à signer le registre d’émargement sans faire tomber au moins un des ceux-là…

à ceux qui viennent voter en tong, en espadrilles, en claquettes, en babouches, en Birkenstock, en charentaises…(venez comme vous êtes, on s’en moque, on n’est pas au défilé Esmod !)

à celles qui demandent, à 80 ans bien passés, si elles doivent signer avec leur nom de jeune fille ou leur nom de femme marié sur le registre

à ceux qui « apprennent » à leur enfant à voter en lui faisant mettre le bulletin dans l’urne

à ceux qui laissent leur enfant faire des tours de patinettes dans le bureau de vote pendant qu’ils sont dans l’isoloir (parfois, les mêmes que ceux d’avant)

à ceux qui ne savent pas ou ne peuvent plus signer, mais qui viennent quand même voter (prenez votre temps, les suivants attendront…)

à ceux qui regardent d’un oeil ému leur progéniture voter pour la 1ère fois à 18 ans et ne peuvent s’empêcher de nous en faire la remarque (confidence pour confidence, nous aussi on est émus…)

à ceux qui arrivent tous les jours de scrutin à 7h55 le matin, et ceux qui passent après la fermeture, parce qu’ils sont sûrs d’avoir entendu que les bureaux fermaient partout à 20h

à ceux qui sont venus voter, ceux qui ne sont pas venus voter, ceux qui sont venus un jour et que reviendront peut-être, ceux qui ne sont jamais venus et viendront plus tard, ou jamais, parce que, quoi qu’ils en pensent, leur voix compte, et que s’ils venaient nous la donner, le résultat serait sans doute bien différent

Enfin, spécial dédicace à Olivia, qui nous remercie chaque semaine d’être là pour lui permettre de voter, qui se souvient que sa grand-mère lui disait qu’elle n’avait pas toujours eu le droit de vote, et que c’est aussi en pensant à elle qu’elle vient voter à chaque fois…

 

Chroniques du bureau 112 #4 : au 1er tour des Législatives 2017

La frénésie de la présidentielle est retombée, et pour ce jour de vote, le bureau 112 a accueilli à peine 400 électeurs, contre plus de 700 pour la présidentielle. Autant dire que l’activité était moins soutenue, et qu’on s’est même parfois un peu ennuyé.

 

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Autre conséquence, logique (ou plutôt cause à vrai dire) : quasiment aucun nouveau électeur, presque tous ont déjà voté à au moins 1 des 2 tours de la présidentielle. Avantage : on se connait déjà un peu, on discute mieux, les contrôles d’identité sont plus rapides. Et comme c’est déjà la 5ème fois en un an et demi que je préside ce bureau, je reconnais à peu près tous les visages, et suis maintenant repéré par une bonne partie des électeurs. La politique locale, de terrain, c’est ça aussi…

on fera finalement 4 fois plus…

Cela donne aussi le temps d’échanger avec ses assesseurs, et répondre à leurs questions parfois surprenantes : peut-on récupérer des bulletins de vote non utilisés dans la poubelle ? Doit-on écrire en bleu ou noir sur les procès verbaux ? Et puis surtout, bel hommage à la participation, cette réflexion d’une assesseur : finalement, c’est pas compliquée de tenir un bureau de vote, on avait l’impression qu’il y avait plein de choses à savoir mais en fait c’est simple. Alors oui, je le confirme : c’est simple, c’est sympa, on voit du monde et on discute; vous pouvez vous adresser au service Elections pour être volontaire pour un prochain tour !

Petit plaisir Zéro déchet d’une électrice à qui l’on signale la poubelle pour les bulletins non utilisés : « oh non, ça va me faire mes listes de courses pendant 1 mois » 😉

Enfin, dans ce bureau de vote situé dans la salle de jeu d’une maternelle, c’est un régal de lire les panneaux et autres indications aux murs. Cette semaine, je vous recommande en particulier les règles de vie suivantes, valables à tous les âges à vrai dire !

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Et le vote dans tout ça ? Fort logiquement, au vu du contexte national et du vote de Roubaix au 1er tour de la présidentielle, un duo de tête LREM / France Insoumise; et pour être plus précis, la feuille de résultats :

Chroniques du bureau 112 : au 2ème tour de la Présidentielle

On avait laissé le bureau 112 farouchement mélenchoniste au soir du 1er tour, on se demandait ce que le 2ème tour allait donner…

L’urne enregistrera finalement presque 800 votes…

Première émotion du président du bureau : la porte d’entrée ne s’ouvre pas, la serrure est coincée. Il est 7h30 le dimanche matin (oui, le président arrive tôt…), comment fait-on dans ces cas-là ? La solution est simple : on appelle l’astreinte des ateliers municipaux, et quelques minutes après 8h, 2 techniciens changent le canon et permettent aux électeurs d’entrer par la porte principale et non plus par la porte arrière. Un grand merci à eux, et encore désolé pour les premiers votants qui ont dû faire un léger détour dans les couloirs de l’école maternelle !

Fin d’intervention sur porte récalcitrante !

Autre émotion du jour : les assesseurs sont toujours là; le 1er tour semble ne pas les avoir dissuadé de tenir une nouvelle fois le bureau de vote, et je suis bluffé par leur jeunesse (ils passent tous les 3 le bac cette année…), leur bonne humeur, leur enthousiasme, et le sérieux avec lequel ils tiennent la fonction. S’il y a bien une raison de croire à l’avenir de Roubaix, c’est bien en faisant confiance à ces jeunes, car ils ont un potentiel incroyable. Un grand merci à Yasmina, Léonardo et Thomas; en espérant les revoir aux Législatives…

Un moment un peu troublant a aussi été cette électrice, assez âgée, qui s’est présentée une 2ème fois à peu près une demie-heure après son premier vote, en nous disant qu’elle n’avait pas voté et qu’elle ne se souvenait pas du tout être déjà venue. Nous étions fort affirmatifs, mais il a fallu lui montrer sa signature sur le cahier d’émargement pour qu’elle convienne qu’elle était déjà venue. Evidemment, nous avons essayé d’être délicat, « ça arrive à tout le monde madame d’oublier qu’on a fait quelque chose »…

Enfin, un grand bonheur pour moi en tant qu’adjoint à la Culture, ça a été de lire, dans les couloirs de l’école maternelle, le panneau suivant :

oui, à Roubaix, les écoles maternelles vont visiter le Musée La Piscine, 1er musée de France, y font de la peinture, des dessins, bref apprennent ce qu’est un musée… Rien ne pouvait me rendre plus fier. J’en suis ressorti boosté comme jamais 🙂 Et puis cette punchline finale, « ils ont laisse de l’eau pour s’en souvenir », j’adore !

Bon, au final, le bureau 112 enregistre 30 voix de moins qu’au 1er tour et se retrouve farouchement macroniste 🙂

 

Chroniques du bureau 112 : 1er tour des Présidentielles 2017

Le bureau 112, c’est ce bureau de vote de la Potennerie à Roubaix dont je suis devenu le président fin 2015 pour les Régionales; succédant au regretté Jean-Pierre Rousselle comme je l’avais déjà raconté dans ces chroniques de l’époque…

C’était il y 15 mois et ça paraît très lointain, aujourd’hui on votait pour la Présidentielle, et la première différence notable, c’est la participation. Je notais un sursaut de participation en 2015 avec près de 500 votants, ils étaient cette fois près de 800 sur le même bureau. L’élection présidentielle est décidément la star de la politique française…

Pour ce jour de vote, les bureaux s’étaient aussi mis au Zéro Déchets, et c’est dans des éco-cups réutilisables que les assesseurs ont pu prendre café et boissons cette journée. Parfois, on se demande pourquoi de telles initiatives n’ont pas été mis en place bien plus tôt !

Le nombre de primo-votants n’était pas très élevé, mais de nombreuses questions plusieurs fois posées m’ont rappelé que le rituel républicain du vote reste encore peu familier à beaucoup de d’électeurs. En témoignent les « comment ça se passe ? », ou « qu’est-ce que je dois faire ? », parfois conclus d’un énigmatique « c’est comme à l’école alors ! », ce qui me faire dire que l’école ne joue pas si mal son rôle de formation civique…

Le sérieux du processus électoral est parfois troublé par des questions formulées de manière un peu étrange, comme ce « je n’ai pas reçu l’édition 2017 de ma carte d’électeur », comme un logiciel dont on attendrait la mise à jour, ou cette superbe question d’une accompagnante, demandant très sincèrement « je voulais savoir, je suis belge et j’habite Roubaix, est-ce que  j’ai le droit de venir voter ? »

Enfin, comme d’habitude, présider un bureau de vote, c’est un peu gérer une équipe, avec les employés municipaux, les assesseurs, les scrutateurs; présider pour la 3ème fois ce bureau a d’ores et déjà tissé des liens avec eux; j’ai hâte de les retrouver le 7 mai pour le 2ème tour !

30 mois avec Jérôme Dumont à la Mairie de Roubaix

Je m’étais fendu d’un post de blog pour me réjouir de son arrivée, il paraissait logique que je fasse de même pour célébrer son départ !

Car, après 30 mois de bons et loyaux services, Jérôme Dumont, « le dircom de sa ville », renoue avec ses anciennes amours. Mais il aura marqué son passage, et je voudrais retenir quelques-uns des moments marquants de notre collaboration.

Le NRJ Music Tour

Ce fut un sacré coup de tonnerre quand Jérôme Dumont nous annonça en réunion que le NRJ Music Tour viendrait à Roubaix. A vrai dire, la plupart des élus ne semblaient pas réaliser l’importance du truc ; mais la liste des invités que Jérôme annonçait était juste incroyable (Kendji, Indila, Sam Smith !) ; je demandai benoîtement si c’était bien Cauet lui-même qui présenterait ; Jérôme me le confirma avec délectation. Je savais qu’on tenait une manifestation emblématique…

 

Roubaix au 20h de TF1

Il paraît que dans le temps, dans les écoles de comm, on disait que « faire le 20h de TF1 » c’était le Graal de tout communicant. Et il paraît que c’est encore vrai, qu’on n’a toujours pas trouvé mieux pour mettre un maximum de millions de Français devant le même sujet. Eh bien ce Graal, Jérôme Dumont l’a trouvé pour Roubaix. C’était le 25 janviers 2016, et c’était bien sûr sur un reportage sur les familles Zéro Déchet. Evidemment, c’est un travail collectif du service, de la comm, des élus, un patient travail de lobbying, de réseautage, de relations publiques. Mais quelle fierté de voir qu’on parle au niveau national de la ville pour ce programme qui nous tient tant à cœur !

 

L’affiche de #XU

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Un des secrets de la bonne entente avec un service comm, c’est de le laisser faire son travail, rien que son travail, et tout son travail. Le service culture avait préparé un projet de comm sur le nouveau festival consacré aux cultures urbaines. Au milieu de l’argumentaire consacré à justifier « Expériences urbaines », je note le nom du fichier de l’image en pièce jointe : xu.pdf. Et l’image en question était une vue en contre-plongée parfaitement iconique de l’immeuble 70s sous-estimé du rond-point de l’Europe. C’était bien plus qu’assez pour me convaincre.

 

Le naming de La Grand Plage

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Cela nous est apparu tout de suite comme une évidence ; même s’il  fallait sans doute toute l’inconscience d’un élu et d’un dircom fraîchement nommés pour se lancer là dedans : à sa réouverture, la Médiathèque de Roubaix allait changer de peau, de stature, d’aura ; il convenait qu’elle change aussi de nom. Et pour bien faire, une méthode participative maison pour agrémenter le tout. Le résultat a décontenancé certains et enthousiasmé d’autres, mais La Grand Plage est maintenant installée depuis plus d’un an sur la scène roubaisienne et n’est pas prête de la quitter !

 

La présentation de la nouvelle plateforme de communication de la ville.

Sa dernière intervention officielle au Conseil d’Administration, où il a présenté et défendu avec son brio habituel et incomparable la nouvelle communication de la ville de Roubaix. C’était un pur bonheur de l’entendre défendre et illustrer l’image de la ville, les punchlines pleuvaient comme à Gravelotte, nous sommes tous ressortis regonflés à  bloc d’une présentation aussi enthousiaste.

 

Car oui, c’est difficile de garder l’enthousiasme quand on est élu, confronté aux difficultés quotidiennes, après plus de 2 ans. Pendant ces 30 mois, Jérôme a réussi à nous faire aller au-delà de ça pour retrouver le cœur de notre amour pour cette ville. Grâces lui en soient rendues.

Dorignac, ou le « métier » de La Piscine

Nous inaugurons ce soir les 2 nouvelles expositions de La Piscine, l’une consacrée à Georges Dorignac, l’autre à la nouvelle présentation des collections animalières du Musée.

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Ces deux expositions sont un magnifique exemple du travail de redécouverte que mènent Bruno Gaudichon et son équipe. Certes, ils ont à cœur de présenter des artistes connus du plus grand nombre, et on se souvient de l’affluence exceptionnelle que connaissent des expositions comme celles consacrées à Chagall et Picasso, avec plus de 100 000 spectateurs.

Mais le cœur du « métier » de la Piscine, si j’ose m’exprimer ainsi, c’est aussi de proposer des redécouvertes d’artistes d’exception, qui méritent un éclairage particulier ; et d’amener un nombre important de visiteurs à découvrir eux aussi ces formidables artistes.

C’était le cas, dans les expositions précédentes, d’Albert Braïtou Sala, ou tout récemment de Jean Martin ; et grâce au travail du musée, à la confiance qu’il a su susciter, et aussi à un travail scientifique remarquable, des dizaines de milliers de visiteurs ont pu admirer les œuvres de ces artistes ; et les replacer à nouveau dans la carte de l’art du 20ème siècle.

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C’est aujourd’hui le cas de Dorignac et de certains sculpteurs animaliers,- je pense en particulier à Marcel Lémar, auquel La Piscine avait déjà consacré une remarquable exposition monographique il y a quelques années ; et je souhaite que ces expositions remportent le même succès, comme cela semble être le cas sur les premiers jours d’ouverture !

Par ailleurs, je me réjouis que La Piscine mène, depuis son ouverture, un réel travail de fond sur la sculpture, travail qui constitue l’une des forces du Musée comme en témoigne l’emblématique Grand Bassin.

Nous avons ainsi accueilli le mois dernier le colloque « Montrer la sculpture », en partenariat avec l’Institut National d’Histoire de l’Art, et qui rappelait à quel point la Piscine est un des musées majeurs sur la sculpture des 19ème et 20ème siècles en France ; et qu’un des enjeux de l’agrandissement du musée serait de donner encore plus à voir pour la sculpture, en particulier avec l’installation unique de l’atelier restitué d’Henri Bouchard.

La nouvelle présentation sur la sculpture animalière en est aussi une très belle illustration. Elle donne un aperçu passionnant de notre collection permanente.

Je voudrais terminer en saluant Cédric Guerlus, dont la scénographie met avec talent en valeur la collection animalière, tout en facilitant la visite des groupes, en particulier des enfants et des jeunes, qui sont nombreux à visiter ces collections du Musée.

extrait du discours prononcé le 25 novembre 2016 pour le vernissage de l’exposition Dorignac au Musée la Piscine

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La recette d’une saison réussie au Colisée – Théâtre de Roubaix

mot d’accueil des 2 soirées de présentation de la saisons 2016-2017 du Colisée, les 24 et 25 mai 2016

Nous fêterons donc ensemble cette saison les 90 ans du Colisée de Roubaix; et donc, c’est à peu près la 90ème fois ou presque qu’un adjoint à la Culture de la Ville prend la parole devant les spectateurs du Colisée réunis pour l’annonce de la prochaine saison …

Alors pour fêter cet anniversaire, j’ai décidé de vous livrer quelques secrets; et de partager avec vous la recette du Colisée, cette recette si particulière, au goût inimitable – et pourtant beaucoup s’y sont essayés ou s’y essaient encore…, qui permet, année après année et depuis si longtemps, de vous concocter un programme qui attire toujours plus de monde.

La recette, elle est très simple : du travail, de la passion, de l’intuition, et de l’ambition.

Du travail bien sûr, parce que vous imaginez bien qu’assembler plus de 52 spectacles, 90 représentations, 3 lieux, cela implique de grands efforts, de longues réunions, des contrats à gogo, d’innombrables mails; bref une année de dur labeur.

Mais cette année de labeur n’a de sens que parce que tous ici sont guidés par l’amour de leur métier et par la passion du spectacle, du partage, de la joie d’être ensemble et de vous accueillir. Et aussi, ne l’oublions par la passion pour accompagner les artistes, les découvrir, les guider, les encourager; et finalement leur permettre de donner sur scène le meilleur de leur art

De l’intuition aussi, car il n’y a pas de science exacte de la programmation; un artiste qui tourne à guichets fermés pour un spectacle peut faire un four avec le suivant; personne ne peut prévoir ce qui va plaire ou pas; nous nous posons sans arrêt mille questions pour deviner ce qui va vous plaire et quels spectacles en vaudront vraiment la peine; nous espérons cette année encore que cette intuition ne nous aura pas trop fait défaut.

Colisee saison 1617

Et enfin, de l’ambition; car croyez moi il en fallait pour avoir l’idée de faire de la salle de spectacles de l’Epeule à Roubaix le plus grand théâtre au Nord de Paris; de l’ambition il en fallait pour se dire que plus de 100 000 spectateurs y viendraient chaque année; et cette ambition vous la partagez avec nous puisque chaque année, de plus en plus d’abonnés nous rejoignent et soutiennent la programmation du Colisée.

Alors voilà, pour la 90ème fois ou presque, nous vous présentons ce soir le fruit de cette recette simple et espérons que ce travail, cette passion, cette intuition et cette ambition, vous serez encore nombreux et pour très longtemps à la partager avec nous ce soir !
Je vous souhaite une excellente saison 2016-2017 au Colisée !


le lien sur le site du Colisée pour avoir toute la programmation 2016-2017

Présider la Commission Culture de « France Urbaine »…

Il y a un an et demi, je ne connaissais pas même France Urbaine (qui s’appelait à l’époque l’AMGVF, l’Association des Maires des Grandes Villes de France; qui a fusionné depuis avec l’ACUF, l’association des Communautés Urbaines de France, pour former France Urbaine), et je n’avais qu’une très vague idée de ce à quoi servaient les « associations d’élus », au delà d’un lobbying pour leur cause, mais cela restait très virtuel.

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Cela a bien changé aujourd’hui, et je me suis retrouvé la semaine dernière, hasard des calendriers et des grèves des transports des présidents en titre, à présider par intérim la Commission Culture de France Urbaine. De quoi s’agit-il et à quoi ça sert ?

Les rôles des associations d’élus sont multiples, mais les principaux sont l’échange d’information avec le gouvernement et les différents services ministériels, dans le cadre de l’élaboration des projets de loi, ou dans la remontée des informations et des points de vue des membres ; et pour ce faire au préalable, la détermination d’un point de vue des membres de l’association et d’un consensus ; ou encore l’échange de bonnes pratiques.

L'entrée du Conservatoire de Roubaix  (photo Empreinte paysage)

L’entrée du Conservatoire de Roubaix (photo Empreinte paysage)

L’ordre du jour de la réunion de cette semaine était un bon exemple de la valeur ajoutée que peut avoir cette association. Les sujets étaient des sujets d’actualités, avec par exemple les modalités du retour de l’Etat dans le financement des Conservatoires ; ou le fonctionnement du Fonds d’urgence d’aide aux salles de spectacles suite aux attentats de novembre 2015. Nous avons pu bénéficier d’un dialogue direct avec les responsables de ces dossiers au Ministère de la Culture, avons pu poser les questions qui nous préoccupaient, et finalement mieux comprendre le sens des mesures en cours d’élaboration, et avons pu ainsi anticiper certaines actions que nos Conservatoires devraient mener. Et cela n’est possible que par l’intermédiaire de telles associations, on comprend bien que le Ministère de la Culture ne pourrait pas avoir cet échange avec chaque ville ; et que les DRAC, bras armé du ministère en région, ne peuvent pas donner d’informations sur ce qui n’est pas encore officiellement décidé.

Mais au-delà de ce contact direct avec la « fabrique de la loi », c’est aussi l’occasion d’échanger avec ses homologues, de partager des points de vue, de découvrir d’autres organisations et manière de faire. Et parfois même, paradoxalement, d’échanger avec des villes proches, de la région, dont on n’avait pas eu l’occasion de rencontrer les élus ou les services, et avec lesquelles on se découvre des pistes de travail en commun.

Alors oui, décidément, présider cette commission culture, c’était une vraie valeur ajoutée et un réel moment d’échange.

Les curieux pourront même trouver sur ce lien le compte-rendu de la réunion, (presque) comme si vous y étiez !

Régionales : chroniques du bureau 112 à Roubaix…

Le bureau 112 à Roubaix, c’est un secteur tarabiscoté, qui part du haut de la rue d’Hem, qui englobe tous les immeubles autour du parc de la Potennerie, puis qui se prolonge le long de la rue Dupuy de Lôme et de la rue de la Potennerie pour caresser le boulevard de Reims. C’est un secteur relativement à l’aise à ses extrémités, mais sans extravagances; plutôt classes moyennes, parfois modestes voire très modestes dans son centre, et qui flirte avec la pauvreté et la misère dans certaines rues dégradées.

Et ce bureau, situé à l’Ecole maternelle Lavoisier, pour la première fois aujourd’hui, c’est moi qui le présidais pour le 1er tour des Régionales 2015. Alors, qu’entend un président de bureau de vote pendant toute la journée, quand plus de 500 roubaisiens viennent exprimer leur point de vue et en profitent souvent pour engager la discussion, lâcher un commentaire, une remarque…?

La première chose que j’ai entendue, c’est « Où est Jean-Pierre », ou « Jean-Pierre nous manque ». Car, sans le savoir, j’ai été affecté au bureau mythique du récemment disparu Jean-Pierre Rousselle, celui qu’il a tenu pendant des années, lui, habitant du quartier, acteur associatif et municipal infatigable Autant dire qu’il connaissait personnellement une bonne moitié des électeurs…

la dernière apparition publique de Jean-Pierre Rousselle (photo Nord Eclair)

la dernière apparition publique de Jean-Pierre Rousselle (photo Nord Eclair)

Alors oui, mon coeur se serrait un peu chaque fois que j’ai entendu un « Ça fait tout drôle ce bureau sans Jean-Pierre »; ou un trentenaire me dire « Monsieur, c’est la première fois que je viens voter sans Jean-Pierre » (il faut croire d’ailleurs que beaucoup l’appelaient Jean-Pierre, ce qui ne m’étonne guère…). Il fallait être aujourd’hui au bureau 112 pour mesurer l’attachement que cet homme avait su créer. Evidemment, je mesure aussi l’honneur qui m’est fait de prendre sa place et sa présidence, et j’espère modestement réussir à lui succéder…

L’autre évidence de cette journée, c’était la mobilisation; et effectivement la participation finale a été de 39,5%, près de 4 points au dessus de la ville; où la participation a monté de 7 points par rapport à 2010. Ainsi, j’ai entendu des remarques comme « J’avais perdu l’habitude de voter, mais là… » , ou un autre électeur qui ne savait pas où il devait voter et qui avait fait 3 bureaux de vote avant d’arriver au 112, visiblement soulagé !

Non je n'ai pas vu une si vieille carte d'électeur ;)!

Non je n’ai pas vu une si vieille carte d’électeur ;)!

Les cartes d’électeur parlent aussi, et j’ai tamponné pour la première fois la carte de cette grand mère de 83 ans pourtant émise en 1997 ! Comme le notait au détour d’une discussion Florence Aubenas ce soir au Métropole, venue prendre la température du 2ème tour à Roubaix, « ça ne veut rien dire sur la raison pour laquelle les électeurs sont venus voter », en effet…

Et puis, aller voter c’est aussi un acte familial et intime; c’était plaisant de voir cette mère de famille essayer de voir si ses enfants étaient tous venus voter pour relancer ceux qui ne s’étaient pas encore déplacés; ou touchant de voir Mohand et Andrée, ce couple mixte des années 60, maintenant largement septuagénaire, venir voter ensemble…

Alors pour conclure, encore une citation en forme d’hommage entendue hier : « Oui, y’a du monde qui vote aujourd’hui, mais y’en a un qui nous manque, c’est Monsieur Rousselle; on lui rend aussi hommage en étant là ». Il n’aurait pas plus imaginer de plus bel hommage en effet je crois…

 

 

Journal d’un élu en état d’urgence, Jour 6 : les annulations

A la une de mon journal local favori, la polémique sur les annulations.. Je dois avouer que les bras m’en tombent. Au beau milieu de la tourmente actuelle, certains reprochent donc aux municipalités et autres d’annuler des événéments. Il ne faut vraiment avoir aucune idée de ce que signifie être un acteur public, responsable de la sécurité de ses concitoyens, pour faire ce reproche.

L'affiche de l'édition 2011

L’affiche de l’édition 2011

Oui, en tant qu’adjoint à la Culture, je pourrais effectivement déplorer l’annulation de l’intéressant Festival du Dessin de Presse de Tourcoing. Mais en tant qu’élu tout court, comment ne pas comprendre que, si la Ville de Tourcoing a estimé que ce Festival présentait un risque non négligeable, elle a eu raison de ne pas courir et faire courir ce risque à ses habitants ? Ce n’est pas non plus une censure, qui pourrait croire que la Ville ait peur de l’expression des dessinateurs. Mais les mots ont un sens et un poids, nous sommes en état d’urgence, cela a malheureusement quelques conséquences fâcheuses.

De la même manière, les étudiants de Roubaix nous ont sollicité cette semaine pour organiser une marche et une manifestation de recueillement en mémoire des victimes du 13 novembre. Si la démarche était bien sûr sympathique et partait d’un bon sentiment, nous avons cependant préféré ne pas y donner suite, en application des consignes de la Préfecture, et surtout parce qu’il apparaît évident qu’un rassemblement public sur ce sujet représente un risque, qu’on le veuille ou non, difficilement contrôlable. Les étudiants l’ont entendu fort heureusement…