Archives de catégorie : Politique

La Piscine s’agrandit, c’est officiel !

C’est avec une grande fierté et un réel bonheur que je vous annonce officiellement que le musée de La Piscine va être agrandi !

L'entrée de la Piscine (photo Philippon Architecte)

L’entrée de la Piscine (photo Philippon Architecte)

Je vous avais déjà annoncé il y a quelques mois le financement de la salle d’Histoire de Roubaix grâce au mécénat, mais cette nouvelle annonce est d’une ampleur bien plus importante, et ce pour 4 principales raisons :

– Le musée a clairement atteint son seuil de saturation. Lors de l’exposition Camille Claudel et de son succès sans commune mesure, c’étaient jusqu’à 3 000 personnes qui visitaient le musée chaque jour, un niveau disproportionné par rapport aux capacités d’accueil. Les conditions de visite n’étaient pas agréables9, les œuvres étaient mises en danger, les équipes ne travaillaient plus dans de bonnes conditions…

– Des oeuvres et notre patrimoine sont à valoriser, mais les bâtiments du Musée sont déjà exploités au maximum de leur capacité, quand on pense que l’intérieur des cabines est utilisé pour valoriser des céramiques et des pièces textiles, on constate vraiment le manque criant d’espaces d’exposition.

– La Piscine est l’un des grands symboles de Roubaix (quand on pense que c’est elle qui a représenté le Nord-Pas de Calais dans l’émission Le Monument Préféré des Français). Son rayonnement est prestigieux et d’une ampleur certaine. Ce n’est pas que le musée de la ville de Roubaix et des roubaisiens, sa fréquentation est bien plus variée que cela, les habitants de l’Eurométropole étant les plus importants. Il était donc légitime que la Métropole Européenne de Lille, la Région ou encore le Département du Nord participent au financement des travaux d’agrandissement. Cela permet également de se rendre compte de la nouvelle place, plus assurée, plus reconnue, qu’occupe Roubaix dans les instances territoriales et intercommunales.

– Guillaume Delbar et moi-même n’avons cessé de le répéter, l’agrandissement de la Piscine était le dossier majeur dans le domaine de la culture pour la mandature (dis ici, encore ). Notre engagement et notre ténacité ont payé , l’extension est actée !

Le bassin de La Piscine, la star du soir

Les équipes du musée se réjouissent vivement de cette annonce, de même que l’équipe municipale, les roubaisiens et les amateurs d’art.

Début des travaux dès la fin de l’année pour un retour à la normale en 2017.

Petit plaisir final, le musée reste bien sûr ouvert durant la durée des travaux, et ça, c’est la nouvelle meilleure nouvelle qui soit 🙂

 

 

Oui, l’Institut du Monde Arabe à Tourcoing est une victoire pour Roubaix !

 

Dans sa une de ce jeudi 11 juin, Nord Eclair reproche à Roubaix d’avoir « laissé filer l’IMA », et interviewe Majdouline Sbai, élue EELV au Conseil Régional, qui parle d’une « faute politique majeure ».

C’est peu dire que je suis en profond désaccord avec  ce point de vue, et je voudrais expliquer ici pourquoi cette décision est une belle victoire, et que l’engagement de Roubaix POUR l’IMA a beaucoup compté.

Rappelons d’abord que c’était un dossier qui progressait très lentement depuis 3 ans. Dès notre élection l’an dernier, Guillaume Delbar et moi-même avons réaffirmé notre attachement à la pérennisation de l’IMA sur le territoire de Roubaix Tourcoing, nous avons proposé des solutions immobilières, nous avons largement contribué à la discussion sur le Projet Scientifique et Culturel, bref nous avons été très actifs sur ce dossier.

A tel point que la Métropole Européenne de Lille, jusqu’alors plus que prudente à l’idée de soutenir l’implantation, s’est finalement laissée convaincre d’y participer, et Damien Castelain son président et Olivier Henno son vice président à la Culture l’ont bien confirmé. Cette belle avancée n’aurait sûrement pas pu se produire sans l’implication des 2 villes et leur enthousiasme sur ce dossier.

Nous avons proposé le site de la Condition Publique pour l’implantation de l’IMA. la Région avait travaillé sur un bâtiment rue du Maréchal Foch à Roubaix, Tourcoing a proposé son ancienne école de natation; c’est finalement ce dernier choix que la région et l’IMA ont préféré; dont acte, nous avions convenu que Roubaix et Tourcoing ne s’opposeraient pas une fois la décision prise. Oui, c’est peut-être encore nouveau pour certains responsables politiques, mais il est grand temps d’enterrer les querelles de clocher entre les 2 voisines du versant Nord Est et de travailler en bonne intelligence !

L'intérieur rénové de l'Ecole de Natation qui accueille l'IMA (photo ville de Tourcoing)

L’intérieur rénové de l’Ecole de Natation qui accueille l’IMA (photo ville de Tourcoing)

Car aujourd’hui, cette implantation à Tourcoing va bien évidemment aussi bénéficier à tous les roubaisiens, loin d’être d’une défaite pour la ville, c’est une victoire pour tout le territoire de Roubaix-Tourcoing que cette implantation d’une institution nationale voire internationale. Bien entendu, les actions de l’IMA vont se décliner dans les 2 villes comme c’était déjà le cas pour l’antenne de l’Union.

Et même  dans la gouvernance, Roubaix continuera à être présent avec 2 représentants, un élu et une personnalité qualifiée, ce qui lui assurera d’avoir voix au chapitre, certes un peu moins que les autres contributeurs, mais en ne participant pas financièrement au fonctionnement de l’établissement.

J’entends d’ailleurs Mme Sbai trouver que « 200 k€ c’est cadeau » pour un tel établissement. j’ai cru rêver. Non, les finances de Roubaix ne sont pas celles de la Région, et dans le budget de la Ville, en particulier de la culture, ces 200 k€ sont une somme significative et n’étaient pas disponibles, ou auraient eu pour conséquence des décisions négatives sur le financement d’autres structures.

Les « défaites » de Roubaix qui auraient « laisser filer » une belle occasion de ce genre, j’en voudrais bien toutes les semaines !

 

article mis à jour le 17 novembre 2016

Parce que « La Grand’Plage » sera bien plus qu’une médiathèque à Roubaix…

Nous voulions garder le nom secret jusqu’à la réouverture de l’équipement, malheureusement l’information a fuité aujourd’hui dans la presse, je confirme donc que la médiathèque de Roubaix aura donc, comme dit Nord Eclair « un vrai nom » et s’appellera à partir du mois de septembre « La Grand’ Plage ».

Le futur rez-de-chaussée de La Grand'Plage

Le futur rez-de-chaussée de La Grand’Plage

Pourquoi ce nom a priori surprenant ?

Parce que nous voulions signifier que 35 ans après son ouverture, le lieu allait radicalement changer dans sa disposition (l’implantation sera très largement revue), dans ses usages (introduction du libre emprunt et restitution des documents grâce à la technologie RFID), dans ses horaires d’ouverture…

Parce que nous voulions changer le nom aussi pour bien montrer que la vocation du lieu était bien plus large que celle d’un endroit de prêt de documents : aussi un lieu de programmation culturelle, de rencontre, de convivialité, de découverte, de restauration, de concert, de soutien scolaire, et bien d’autres choses encore. Bref, un équipement culturel à part entière, et quel meilleur moyen de le dire qu’en le dotant d’un nom spécifique ?

Parce que tout cela est l’aboutissement d’une démarche de large consultation menée l’été dernier, que je décrivais en toute transparence dans un post du 5 juillet, « Et si on trouvait ensemble un nouveau nom à la médiathèque de Roubaix » ? Des ateliers ont associé des usagers, des employés de la médiathèque, des acteurs de la culture et du monde du livre de Roubaix, des services municipaux; ils ont réfléchi ensemble aux valeurs de la médiathèque, à ce qu’elle voulait dire et défendre; ils ont brainstormé sur quantités de noms possibles; et qu’au terme de cette démarche de co-construction, c’est ce nom de  » La Grand’Plage » qui a remporté les suffrages du comité de sélection. Je précise que ce comité était constitué de la directrice de la Médiathèque, du directeur de la Culture de la Ville, du directeur de la Communication, et des 2 élus en charge du dossier, Véronique Lenglet et moi-même.

Un changement bientôt à prévoir sur la façade...

Un changement bientôt à prévoir sur la façade…

Parce que « La Grand’Plage » n’a rien à voir avec une médiathèque, et alors ? Clio n’a rien à voir avec une voiture, La rose des vents n’a rien à voir avec une scène nationale de théâtre, Amazon n’a rien à voir avec le commerce en ligne, qui s’en soucie ? C’est même justement l’absence de référence directe à l’univers du livre qui nous a parue pouvoir offrir plus de sens, plus de force, plus de d’imaginaire au nom.

Parce que, effectivement, ce qui nous plaisait dans ce nom, c’était les valeurs et les références qu’on pouvait lui associer : les loisirs, la détente, la famille, le soleil, la liberté, l’espace, la convivialité. Cerise sur le gâteau, on pouvait aussi filer la métaphore de lieux déjà bien connus de la ville : la Piscine (tiens, personne ne s’étonne plus que notre musée s’appelle la Piscine…), le Grand Bassin, le Vestiaire, et bien sûr la proximité physique et phonétique de la Grand’Place, cela permettait d’inscrire la Grand Plage dans un ensemble de noms déjà existants, et de souligner encore l’appartenance de la médiathèque au réseau d’équipements culturels de la ville.

Au final, la Grand’Plage sera donc un lieu de lecture publique et de démocratisation culturelle largement rénové, en phase avec son temps, en harmonie avec les usages et les souhaits des roubaisiens, une référence nationale (la Bibliothèque Numérique de Roubaix fait partie des 10 bibliothèques numériques labellisées par le Ministère de la Culture); il fallait bien un nouveau nom décalé, original et sympathique pour dire tout ça 🙂

Non, la salle de lecture de "La Grand'Plage" ne ressemblera pas à ça, mais l'esprit est là...

Non, la salle de lecture de « La Grand’Plage » ne ressemblera pas à ça, mais l’esprit est là…(photo Ouest France)

Affiches du Ch’ti : de la responsabilité sociale des étudiants…

Comme je l’avais annoncé ce week-end, j’ai reçu dès ce matin Julie Orsini, la présidente de l’Association Le Ch’ti, pour débriefer avec elle de la regrettable affaire des panneaux électoraux de la Grand Place de Roubaix, recouverts jeudi soir par des affiches annonçant la sortie du Ch’ti.

avec Julie Orsini, la présidente de l'Association Le Ch'ti

avec Julie Orsini, la présidente de l’Association Le Ch’ti

Je lui ai bien évidemment rappelé l’importance de respecter ces espaces d’expression politique, qui plus est en plein cœur d’une campagne électorale. Je lui ai surtout dit que beaucoup de roubaisiens m’avaient fait part de leur incompréhension devant ce geste, n’arrivant pas à comprendre comment des étudiants de l’Edhec avait pu ne pas se rendre compte de la gravité de leur geste.

Julie Orsini m’a assuré d’une part que, dès le lendemain vendredi, les affiches en question avaient été décollées, et que les étudiants avaient proposé leur service aux candidats pour recoller les affiches qu’ils avaient recouvertes. Et effectivement, ce lundi matin les affiches du Ch’ti avaient bien disparu (et de nouvelles affiches politiques ont été recollées depuis).

Les panneaux électoraux en question le lundi 16 matin.

Les panneaux électoraux en question le lundi 16 matin.

Sur le fond, elle a bien volontiers reconnu que c’était une erreur flagrante, une vraie bêtise de la part des étudiants qui n’avaient pas respecté les consignes qui avaient été données.

Pour ma part, je lui ai fait remarquer que le dynamisme de l’association, le professionnalisme de son action et l’action caritative qu’elle soutenait (l’an dernier, le Ch’ti a pu faire un don de plus de 20 000 euros au Secours Populaire) n’excusaient pas tout, et que le moins qu’on pouvait attendre des étudiants du Ch’ti, c’est qu’ils aient suffisamment d’instruction civique pour se rendre compte de l’importance du respect des panneaux électoraux. Il en va de la responsabilité sociale des étudiants d’une ville; et parmi les 10000 étudiants que compte Roubaix, ceux de l’Edhec comme des autres établissements se doivent d’en être conscients et d’agir en conséquence.

Pour ma part, je resterai vigilant sur ce sujet, mais étant la rapidité de la réaction et la réelle prise de conscience de l’association Ch’ti, je considère que l’affaire est close.

 

Festival « Les petits pas » : les CM2 de Michelet disent « Merci »…

C’était il y a 10 jours, pour le dernier jour du festival « Les petits pas », le festival de danse contemporaine pour le jeune public qu’organise depuis 10 ans maintenant le Gymnase.

photo Magali Chojnicki Mattana

photo Magali Chojnicki Mattana

Le spectacle « Frontières » était une des plus belles propositions de ce festival, et présentait le résultat de la collaboration d’une classe de CM2 de Roubaix, à l’Ecole Michelet, avec le chorégraphe belge Pol Coussement, qui menait aussi un travail en parallèle avec des élèves belges à Courtrai. La pièce était superbe et rendait fier du travail accompli en si peu de temps.

C’était déjà beaucoup; mais après les applaudissements, le jeune Oussama s’est levé, a pris son courage a 2 mains et a lu le texte suivant au public nombreux du Gymnase :

photo Magali Chojnicki Mattana

Standing ovation… photo Magali Chojnicki Mattana

 » Merci ! 

On voulait tous vous remercier d’être là aujourd’hui, d’être présents pour notre projet. On remercie tout le monde. Mais on voudrait remercier plus particulièrement Pol [NDA : Coussement, le chorégraphe] et Passerelle [NDA : le programme transfrontalier dans lequel s’inscrivait ce spectacle]. 

Ce n’est pas notre maîtresse qui nous a dit de t’écrire, on en avait envie, elle nous a aidés à trouver des mots pour nos sensations et nos émotions. On a tous écrit un mot pour toi et ensemble on les a réunis et ça donne cette petite lettre que je te lis de la part de nous tous.

Pol,

Merci d’être venu jusqu’en France à Roubaix pour le projet, pour nous, pour notre classe. Le projet Frontières c’est pour nous plus qu’un projet de danse. C’est notre projet.

Au début, on était plusieurs et moi aussi à dire que la danse c’était nul, et on dit bien c’était car maintenant on a changé. La danse maintenant c’est super. C’est difficile mais c’est super.

Oui, on a changé d’avis car pendant ces 2 mois, on a franchi pleins de frontières et la première c’est celle des a priori. On avait pleins d’avis sur tout et sur tout le monde et on a découvert qu’on se trompait.

Dans la classe, on est devenu soudé, une équipe, avec ce projet on avait besoin d’être ensemble et maintenant on a tous compris ce que ça veut dire d’être ensemble. On a aussi franchi des frontières terrestres, on est venu en Belgique, on s’est émerveillé des différences, et maintenant on est plus tolérant et d’ailleurs on a appris ce mot.

On a découvert le monde de la danse grâce aux spectacles qu’on a vus et on sait avoir un avis un peu…sur ce que l’on voit.  

On a franchi donc des nombreuses frontières: l’amitié, oser, danser, s’exprimer, essayer, se tromper mais on a franchi avec toi et notre maîtresse des frontières de courage et d’émotions !!!! 

On est sorti de notre carapace et on s’est dévoilé, ce spectacle c’est nous beaucoup de nous, un peu de toi, un peu de la maîtresse mais c’est NOUS. Pendant ce projet on nous a donné de l’importance. 

Aujourd’hui, le projet s’arrête, on ne te verra plus tous les mardis mais en réalité pour nous tout commence, une nouvelle vie car on a grandi.

Dans notre cœur et notre tête le projet a trouvé sa place, une place à tout jamais.

Pol, tu l’auras compris tu vas nous manquer mais on sait qu’on va se revoir car le projet avec les correspondants n’est pas terminé.  

Et on espère peut-être pouvoir à nouveau montrer notre projet à toute l’école ……et à ceux qui n’ont pas pu venir aujourd’hui !  

Les élèves de CM2 de Magalie Chojnicki-Mattana; Aïcha, Amine, Oussama, Sofiane, Zahra, Halya, Elias, Doniazed, Maxime, Walid, David, Mongia, Marco, Lina, Hajar, Karima, Abdellah, Elias, Chahine, Nasrine, Halim, Yasmine, Camélia, Donovan. ».

Autant vous dire qu’à la suite de cette lecture les gorges étaient serrées et les yeux humides, sur scène comme dans la salle, et aussi pour la « maîtresse » Magali Mattana :)!

après le spectacle...

après le spectacle…

Je recommande donc vivement à ceux qui considèrent qu’on dépense trop pour la culture à Roubaix et au Gymnase ou en danse contemporaine en particulier de se remémorer ces mots  des élèves… : « pendant ces 2 mois, on a franchi pleins de frontières et la première c’est celle des a priori »; ou encore « Pendant ce projet on nous a donné de l’importance »; ou bien encore « avec ce projet on avait besoin d’être ensemble et maintenant on a tous compris ce que ça veut dire d’être ensemble »

Je n’ai pour ma part pas trouvé meilleure expression de la nécessité d’avoir une politique culturelle dans notre ville, ni meilleure motivation pour continuer à la développer…

Roubaix, une capitale des cultures urbaines

Oui, Roubaix a les moyens d’affirmer sa place et de devenir une capitale des cultures urbaines en France et en Europe.

Il faut pour cela d’abord que des acteurs locaux existent, soient présents, témoignent d’une activité soutenue, assurent une création, une diffusion, un enseignement dans ce domaine. C’est bien évidemment le cas à Roubaix, qui depuis plus de 35 ans est une des villes françaises les plus fertiles, qui a vu passer tout ce qui a compté et compte dans les cultures urbaines, et qui est aussi un creuset d’où les talents émergent. Le dernier d’entre eux – et non le moindre – c’est bien entendu Gradur, « l’homme au bob », la nouvelle coqueluche du rap français, dont le très attendu 1er album sort justement aujourd’hui…

Gradur, l'homme au bob

Gradur, l’homme au bob

Il y faut ensuite une volonté commune et partagée de l’ensemble des partenaires. Des acteurs culturels qui assument cette ambition, des équipements culturels qui jouent le jeu, des acteurs publics qui s’engagent et portent ce projet. Et à Roubaix, ces éléments sont réunis : tous les équipements culturels programment, soutiennent, participent aux cultures urbaines : depuis le seul début de l’année 2015, une “Battle Brams” à la Condition Publique, des ateliers de danse hip hop dans le festival “Les petits pas” du Gymnase, du rap palestinien à la Cave aux Poètes, un Open Mic Human Beat Box au Bar Live…Qui pourrait sérieusement prétendre que les cultures urbaines sont discriminées à Roubaix ?

Quant à la ville de Roubaix, bien évidemment elle accompagne et anime cette effervescence, plus que jamais même. Si parfois le soutien a eu quelques ratés – des baisses de subventions drastiques de certaines associations dans la précédente mandature -, depuis le mois d’avril 2014, le climat a bien changé, il y a même un Conseillère Municipale dédiée à “Roubaix capitale des cultures urbaines”, Virginie Carbon, et la nouveauté majeure de l’année 2015 sera la première édition d’un Festival des Cultures Urbaines, début octobre, qui fédèrera sur un week-end tous les partenaires de la ville. Il est encore en gestation et la programmation est loin d’être arrêtée, mais on peut d’ores et déjà avancer qu’il sera l’occasion de belles rencontres, notamment avec les manifestations de Lille3000 Renaissance, où un lien artistique fort entre Roubaix et Detroit semble une évidence.

dam cave

Les rappeurs de DAM étaient à la Cave le 18 février 2015

 

Il faudrait aussi s’interroger sur ce que sont réellement les cultures urbaines; il pourrait y avoir un côté un peu vieux jeu de cantonner les acteurs roubaisiens à ces pratiques culturelles. Nous le disons haut et fort : non, les roubaisiens ne s’intéressent pas qu’à la danse hip hop et au rap; et c’est une des fiertés de la ville de voir l’ensemble des habitants se retrouver au Conservatoire, dans les cours de danse ou dans les salles de concert.

Nous soutenons des cultures urbaines ouvertes, métisses, hybrides, qui ne se cantonnent pas à une old school déjà dépassée mais qui s’interfacent à tous les autres champs culturels aussi divers soient-ils, et en tirent des créations innovantes, étonnantes, inédites. Nous pensons aussi que les cultures urbaines ont, peut-être plus que d’autres, cette caractérisque de dépasser le champ traditionnel de la culture et des 9 Muses , et incluent aussi des pratiques sportives (les sports dits « urbains » comme le Parkour sont joliment à la frontière de l’art et de la culture), artisanales (la mode s’en inspire à l’évidence et ce depuis bien longtemps), économiques, et que tout cela est particulièrement fécond et nouveau.

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Sillons, la dernière création de Brahim Bouchelaghem

 

Des acteurs nombreux et au top niveau, des équipements engagés, une ville présente et à l’initiative, une vision ouverte et d’avenir; oui, vraiment, tous les éléments sont réunis pour Roubaix, capitale des cultures urbaines…

 

Alors de grâce, évitons toute instrumentalisation politique du sujet, qui ne le mérite pas. Car malgré tout mon intérêt pour les cultures urbaines et mon envie de les faire encore progresser à Roubaix, je n’ai pas non plus la prétention, comme certains acteurs culturels locaux, de penser que cela suffit à apaiser des situations sociales, économiques, personnelles parfois dramatiques, ni de penser qu’il suffirait d’augmenter les subventions de certaines associations culturelles et de financer plus de projets pour que tout aille mieux à Roubaix. C’est aller bien vite en besogne, et c’est aussi oublier de prendre en compte le travail fait par beaucoup d’autres acteurs de terrain. L’action culturelle est bien sûr utile et même nécessaire, mais elle ne peut se concevoir qu’en maillage avec toutes les autres structures.

 

#JeSuisCharlie : Roubaix à la hauteur

Oui, Roubaix a vraiment été à la hauteur ces derniers jours. Souvenez-vous encore, c’était il y a une semaine, il y a un siècle, il y a une éternité. Nous rentrions de vacances, François Hollande venait de faire une intervention sans relief à la matinale de France Inter, on s’apprêtait à rentrer dans le cycle ronronnant des voeux; bref la vie normale quoi.

Mais depuis tout a changé. Les événements dramatiques de mercredi à vendredi dernier ont secoué toute la France, y compris notre petit coin du Roubaisis.

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Alors oui, Roubaix a été à la hauteur, d’abord par ce rassemblement de jeudi soir dernier sur la Grand Place, à l’appel de son maire, où les roubaisiens sont venus témoigner spontanément de leur solidarité avec les victimes et de leur volonté de faire face ensemble. Certains polémiquent sur le nombre de personnes et sur les roubaisiens présents; pour ma part j’ai vu plusieurs centaines de personnes, les photos en témoignent, et j’ai vu tout Roubaix rassemblée et représentée. Ce rassemblement m’a vraiment fait chaud au coeur, je suis resté près de 2 heures sur le parvis à discuter avec les uns et les autres, on sentait une vraie envie de faire face ensemble.

Roubaix a aussi été à la hauteur de par les réactions spontanées de ses acteurs, je n’en prendrais pour exemple que la façade du Colisée, qui au lieu d’annoncer le prochain spectacle, s’est pendant quelques jours transformée en un gigantesque « Je suis Charlie » qui a été plébiscité.

 

La façade du Colisée de Roubaix le jeudi 8 janvier 2015
La façade du Colisée de Roubaix le jeudi 8 janvier 2015

 

Cependant, je ne ferai aucun angélisme. Certains ne se sont pas vraiment sentis Charlie, d’autres ont fait part de leur scepticisme devant cette mobilisation, sur les réseaux sociaux d’autres ont cru bon de remarquer que les dessinateurs de Charlie l’avaient « bien cherché », et une inscription, plus stupide qu’autre chose, offensait gravement les victimes et a été promptement recouverte.

Un tag nauséabond rapidement recouvert bld Beaurepaire (photo Nord Eclair)

Un tag nauséabond rapidement recouvert bld Beaurepaire (photo Nord Eclair)

On peut le déplorer et se draper dans sa dignité républicaine. Mais ici, peut-être plus qu’ailleurs, cette mobilisation nous interpelle sur le sens qu’on doit lui donner, ainsi que sur la manière de la relier avec la réalité roubaisienne, et les sujets sont nombreux sur lesquels nous, acteurs locaux, devront sans doute nous pencher dans la période qui s’ouvre. Parmi les questions qu’il nous faudra nous poser collectivement à nous-mêmes :

. notre système éducatif est-il à la hauteur concernant les notions de liberté d’expression, de laïcité mais aussi du fait religieux ?

. comment faire pour que l’ensemble des roubaisiens se sentent partie prenante et membres à part entière de la République, celle qui se serre les coudes et applaudit les policiers qui la protègent ?

Je n’ignore pas qu’on attend Roubaix au tournant sur ces sujets aussi. Certains présentent déjà notre ville comme celle où les islamistes ont pris le pouvoir, nous devons montrer à tous que c’est faux, et peut-être par là même montrer que nous sommes la ville qui sait vivre avec l’ensemble de sa population, ses religions, ses origines, et se retrouver autour de ce qui fait notre socle commun : la République.

Késako la CLETC…?

La vie politique est aussi faite de ces instances mystérieuses, de ces sigles incompréhensibles, de ces procédures improbables, de ces commissions apparemment feutrées et techniques mais dont on découvre un jour l’importance cruciale.
Les bâtiments du siège de Lille Métropole (photo LM)

Késako  Les bâtiments du siège de Lille Métropole (photo LM)

La CLETC de Lille Métropole vient de connaître sa séance d’installation cette semaine. De quoi s’agit-il? De la Commission Locale d’Evaluation des Transferts de Charges. Eh oui, le sigle même en dit peu sur le rôle réelle de cette commission.
Pourquoi des transferts de charges ? Tout simplement parce que, à l’initiative de l’état et notamment de la loi « Mapam » récemment votée, Lille Métropole va bientôt se doter de nouvelles compétences qui étaient auparavant exercées par les communes. Parmi les premières, l’énergie, la politique de la ville, ou le tourisme. On voit tout de suite qu’il ne s’agit pas de sujets anodins, mais de sujets qui sont au cœur de la vie quotidienne, avec des enjeux financiers ou immatériels colossaux.
Qui dit transfert de compétences, dit qu’il faut soit transférer les agents qui s’en occupent; ou embaucher de nouveaux agents pour s’en occuper. Et aussi transférer les ressources qui permettent de financer ces compétences, c’est à dire isoler dans le budget des villes ce qui correspondaient à ces activités, et le transférer à la métropole. On imagine bien les débats lourds de conséquences que ces transferts peuvent entraîner, mais aussi l’aspect technique de ces débats.
La liste des membres du bureau de la CLETC

La liste des membres du bureau de la CLETC

J’ai été désigné par la ville de Roubaix comme un de ses représentants à la CLETC; et mercredi lors de la séance d’inauguration ma nomination au bureau de cette commission a été validée. Le bureau, composé de 15 membres, est l’instance intermédiaire qui prépare les dossiers qui seront votés par la commission plénière. A ce titre, je serai donc au cœur des discussions de cette instance; et pourrai ainsi faire valoir l’intérêt de Roubaix dans ces transferts, tout en défendant les règles de la communauté.
Ce rôle sera d’autant plus important que les transferts de compétence prévus seront significatifs pour Roubaix, et dès 2015 avec la compétence tourisme. Ce rôle obscur de la CLETC, c’est aussi une garantie pour Roubaix que ces transferts se feront dans le respect de son intérêt…

 

L’IUT C s’implante au Campus Gare : une victoire pour Roubaix !

IUT vue d'ensembleRappelons-nous il y a un an, la presse nous avait appris que l’IUT C envisageait de quitter Roubaix après 25 ans de présence, nous étions tous un peu sonnés, j’en avais même fait un de mes premiers articles sur ce blog, tellement le sujet me tenait à coeur et que la perspective de voir les 1400 étudiants de l’IUT quitter la ville me semblait ahurissante. Cruel, l’article de Nord Eclair précisait que la possibilité de déménager sur le Campus Gare à Roubaix n’était qu’une des possibilités envisagées, et qu’elle n’était absolument pas privilégiée par rapport à d’autres.

6 mois plus tard, par un de ces clins d’oeil facétieux dont le destin n’est pas avare – et surtout par le vote des roubaisiens-, je me suis retrouvé élu de la ville de Roubaix, en charge du dossier de l’Enseignement supérieur; et j’ai déjà expliqué et combien ce dossier me semblait prioritaire pour la ville, et quelles actions nous comptions mener pour convaincre l’IUT de rester sur « ses terres »

photo Nord Eclair

La semaine dernière, nous avons donc eu la confirmation officielle par le vote du Conseil d’Administration de l’Université de Lille2 que l’implantation future de l’IUT serait bien sur Roubaix, et que le dossier du Campus Gare avait recueilli la quasi unanimité des voix tant du Conseil de l’IUT que de Lille2. Qu’il me soit d’ailleurs permis de remercier Lille2 et l’IUT pour cette belle décision, qui montre qu’ils ont su aller au delà du mouvement d’humeur pour juger sur le fond et objectivement de la qualité du dossier présenté par la ville.

Et quelle belle victoire collective pour Roubaix ! Je dois avouer que cette décision m’a fait chaud au coeur, d’abord bien sûr pour la ville, qui voit ainsi confirmée sa vocation étudiante, et son attractivité auprès des établissements d’enseignement supérieur de la métropole. Chaud au coeur pour ces nouvelles générations d’étudiants qui viendront à Roubaix, découvriront la ville, en partageront avec nous, ses habitants, quelques unes de leurs plus belles années, et nous ferons bénéficier de leur entrain et de leur dynamisme. Chaud au coeur de voir renforcé un des plus ambitieux projets d’urbanisme de la ville pour les années à venir, celui de la rénovation profonde d’un quartier, celui de la Gare. Et, modestement, une réelle satisfaction personnelle de voir ce dossier qui m’était cher aboutir positivement, en un temps ma foi assez court.

Avant d'être l'IUT, le bâtiment était l'hôtel des postes, ouvert en 1928... (photo Nord Eclair)

Avant d’être l’IUT, le bâtiment était l’hôtel des postes, ouvert en 1928… (photo Nord Eclair)

Je voudrais aussi souligner l’implication dans ce dossier de Pierre Pick, Conseiller Municipal à la vie étudiante, qui en tant qu’ancien étudiant de l’IUT C lui-même a su trouver les mots pour parler aux différents acteurs du dossier, et a su montrer à cette occasion qu’il serait un contact précieux avec le monde étudiant.

Soyons honnêtes aussi, le travail de l’équipe municipale précédente ne doit pas être nié ni oublié; car nous avons hérité d’un projet Campus Gare largement ficelé, sans lequel il aurait été bien difficile de convaincre l’IUT de rester; merci donc à Arnaud Verspieren en particulier qui était en charge de l’Enseignement Supérieur lors du mandat précédent. Enfin, les services de la ville ont été en pointe sur ce dossier, en particulier Bertrand Sauvage, le directeur de l’Economie, qui chapeaute aussi l’Enseignement Supérieur, ainsi qu’Anouk Teneul la DGA Rayonnement Economie et Culture

Alors oui, c’est une vraie victoire pour Roubaix que cette décision, car il était important de continuer la dynamique étudiante de la ville, il était important de renforcer ce campus gare et tout ce qu’il va pouvoir apporter à la ville dans les années qui viennent, et il était important de montrer que Roubaix était, demeure et sera de plus en plus une ville attractive, malgré les préjugés et les difficultés.

C’est ainsi qu’on aime Roubaix qui gagne, quand tous les roubaisiens s’unissent autour d’une cause, quand ils mettent en avant les atouts de leur ville, quand ils arrivent finalement à emporter la décision; c’est pour des moments comme ça que Roubaix vaut bien qu’on se batte pour elle…

Zombies : toutes les cultures sont les bienvenues à Roubaix…

Zombie Walk Lille 2013, photo page Facebook Zombie Walk Lille

Zombie Walk Lille 2013, photo page Facebook Zombie Walk Lille

Cachez ce zombie que je ne saurais voir…

C’est peu dire que l’interdiction par la ville de Lille du « Zombie Walk »  initialement prévu ce week-end à Lille m’a vraiment surpris. J’avais d’abord bien du mal à imaginer les débordements éventuels qui auraient pu avoir lieu dans un rassemblement qui est de manière évidente bon enfant, familial et participatif. J’ai été d’ailleurs assez étonné de la désinvolture avec lesquels sont traités les 5000 participants, excusez du peu, qui devaient initialement en faire partie. Mais ce qui est encore plus étonnant, c’est la raison invoquée pour cette interdiction, la « mauvaise image » qu’ils donneraient de la ville. On croit franchement halluciner. Qui pourrait croire un seul instant que quelqu’un irait penser « Non, je n’irai pas en week-end à Lille, j’ai vu qu’ils avaient fait un Zombie Walk »…? Je me suis même demandé à un moment si on n’allait pas interdire aux enfants lillois de se déguiser en sorcières et sorciers et de sonner aux portes pour demander des bonbons pour Halloween !

Un jeune zombie (photo Voix du Nord)

Un jeune zombie (photo Voix du Nord)

Un décalage sociétal et générationnel

Derrière ce ram-dam médiatique, de quoi s’agit-il en fait ? Tout simplement et très clairement d’un décalage sociétal et générationnel des responsables politiques, qui apparaît sous ces 2 interdictions. La « culture zombie », qu’on le veuille ou non, est un fait réel et massif. Les films de zombie sont légion et font recette. La série Walking Dead, sous forme de comics et en série TV, bat record sur record. C’est bien évidemment une sous-composante de ce qu’on pourrait appeler une « culture geek », à base de science fiction, de jeux vidéos, de Star Wars, de bien d’autres choses encore, le tout agrémenté de mauvais goût et d’humour potache. Sur cette base de culture partagée par les ados, les jeunes adultes, les trentenaires et les quadras, un zombie walk n’est finalement qu’un rassemblement convivial et festif, où l’on exprime ensemble sa passion pour un univers alternatif, transgressif et finalement bien sage, sans doute bien plus qu’une Fête de la Musique ou qu’une nuit de Braderie…

A Roubaix, toutes les cultures sont les bienvenues

Mais encore faut-il pour cela partager ces codes, considérer que la culture geek existe , et ne pas s’intéresser qu’à une prétendue « vraie culture », celle qu’on peut mettre en exposition au Tri Postal ou dans une création de l’Opéra de Lille.

Zombie Walk Paris 2013 (photo dvelec.com)

Zombie Walk Paris 2013 (photo dvelec.com)

Alors je le dis haut et fort : à Roubaix, toutes les cultures sont les bienvenues, même la culture zombie ! Depuis plus de 20 ans, Roubaix s’attache certes à accueillir et soutenir des propositions culturelles d’excellence, mais aussi et surtout (c’est bien ce qui fait la spécificité du projet culturel roubaisien) à veiller à ce que les acteurs culturels de la ville « parlent » aux roubaisiens, par le biais d’ateliers, de visites, de projets participatifs, d’actions culturelles, de festivals des habitants, et bien d’autres initiatives encore.

Pour ce faire, tout ce qui « fait culture » pour les roubaisiens fait culture pour la ville aussi. La « culture zombie » et par extension la « culture geek » sont bien évidemment des objets culturels tout à fait dignes d’être considérés. Est-elle de mauvais goût, outrancière, agressive, politiquement incorrecte..? Oui, bien évidemment, et je dirais presque tant mieux ! L’art officiel, consensuel et lisse n’a jamais été très intéressant. Et puis quelle belle affaire, Jan Fabre fait bien pire sur la scène de l’Opéra de Lille (voir mon post de blog à ce sujet), simulacres de viols à répétition jusqu’à la nausée, et miction en direct sur scène, mais comme il est dans les codes d’une culture reconnue et officielle, ça ne pose de problèmes à personne.

Zombie Walk Paris 2013, Don du Sang... (photo dvelec.com)

Zombie Walk Paris 2013, Don du Sang… (photo dvelec.com)

Les zombies et tous ceux qui veulent affirmer leur attachement à ce mouvement culturel sont donc les bienvenus à Roubaix; je rêve personnellement de voir 5000 zombies descendre l’avenue Jean-Baptiste Lebas le 31 octobre 2015, chiche..?