La Nuit des Arts sur France 3 Hauts de France

Il y a des propositions comme ça qui ne se refusent pas, même si c’est un vendredi matin, à Amiens, une semaine avant l’événement. Parce que parler de la prochaine édition de la Nuit des Arts à des dizaines ou des centaines de milliers de personnes, c’est tout bonnement une occasion en or.

En effet, la Nuit des Arts, c’est un peu la quintessence de ce que la ville de Roubaix essaie de faire en matière de culture. Un événement festif, participatif, gratuit, généreux, qui rayonne sur toute la ville, qui essaime sur une cinquantaine de lieux, qui réunit les milliers de visiteurs de la Piscine et les quelques dizaines de visiteurs d’endroits plus confidentiels.

Et puis, cerise sur le gâteau, parce qu’on avait l’intime conviction que cette 18ème édition sera véritablement spéciale : première édition depuis la réouverture du Musée, 10ème anniversaire de Small is beautiful au Non-Lieu, dernière Braderie de l’Art à la Condition Publique avant le début des travaux, plus de 600 artistes (oui, 600, on les a comptés !), vraiment on ne compte plus les raisons de marquer cette édition d’une pierre blanche. Et je ne parle même pas du Marché des Modes ou de la Braderie de La Grand Plage !

Sur le plateau

C’est le message que j’ai modestement essayé de faire passer dans l’émission 9h50 le matin sur France 3 la semaine dernière. J’y ai été séduit par le sympathie et la bonne humeur des équipes, par la bienveillance de tous, ça a été un plaisir de parler de cet événement, et j’ai la faiblesse de croire que ce plaisir et cette bienveillance se sentent un peu dans l’interview…

Donc ce week-end, aucune hésitation : direction Roubaix pour le week-end des Arts !

un peu d’archives de blog ; la Nuit des Arts « groovy » de décembre 2013,

celle de décembre 2014 avec Délit Maille entre autres,

ou encore celle de décembre 2016 avec même un peu d’Alain Chamfort et Manureva 🙂

En duplexe

 

 

Ballet du Nord : un Let’s move dionysiaque !

Il y a des moments dans la vie culturelle dont on se souviendra longtemps, et on le sait presque sur le moment – et le savoir sur le moment augmente encore le plaisir de voir le spectacle en question…
Bref, c’est un de ces moments que j’ai vécu samedi soir, presque une épiphanie. De quoi s’agissait-il ? De la première – et unique – représentation de Let’s move, le spectacle participatif de Sylvain Groud, le nouveau directeur du Ballet du Nord.
Il faut bien dire qu’on l’attendait un peu au coin du tournant, le Sylvain. Depuis qu’il est arrivé au mois d’avril, il a montré de belles intentions et s’est impliqué dans beaucoup d’actions locales et régionales, mais on était impatient de voir ce que pouvaient donner ses grands projets…Et Let’s move était ce grand projet, commande de la Philharmonie de Paris (excusez du peu!), déjà en préparation pour le Havre, Paris et Sénart…
On n’a pas été déçu du voyage. 140 amateurs, c’est beaucoup quand on y pense, et c’était déjà un bel exploit, un beau signe de confiance, que d’avoir réussi à les réunir et les motiver pour 2 week-ends complet d’apprentissage, de répétition, de vie commune. Et sur le plateau du Colisée, ça fait vraiment BEAUCOUP de monde. A vrai dire, à part pour les spectacles de type « Chorale » – et encore, il n’y a alors aucun déplacement, aucun mouvement, aucune intention de danse -, on ne voit plus de nos jours autant de monde sur le plateau. Personne ne peut plus produire un spectacle avec 100 personnes.

du monde au balcon !

D’ailleurs, cela faisait tellement de monde que les danseurs étaient partout : dans les couloirs de la salle, sur les fauteuils, sur les balcons; bref on était complètement entourés et pris par le spectacle!
Et le spectacle lui-même alors ? Il était diablement malin et bien troussé ! Encadrés, inspirés, coachés par une poignée de professionnels (on retiendra notamment le solaire Jérémy Martinez et l’élégant Julien-Henri Vu Van Dung), les amateurs dansaient, chantaient, jouaient la comédie, percussionnaient, faisaient leur show, à qui mieux mieux sur les grands airs de la comédie musicale.
Cela aurait pu être rapidement charmant mais lassant, mais Sylvain Groud avait plus d’un tour dans son sac; et la salle du Colisée s’est transformé tour à tour en salle de concert, en bal musette, en boîte techno; le public s’est rapidement mis à chanter et à danser à l’unisson avec la troupe, et c’est véritablement une salle complètement prise au spectacle et enthousiasmée qui s’est égosillée finalement sur le final de Summer Nights…
Bref, si l’adjectif dyonisiaque n’existait pas, il aurait fallu l’inventer pour cette incroyable représentation qui fera date dans l’histoire du CCN et du Colisée. On ne demande qu’une chose : les revoir bientôt !

Michèle Sabatier, un soleil de Roubaix

On ne se connaissait pas depuis si longtemps avec Michèle, 3 ans, depuis que j’étais élu. Elle m’avait pris à part comme ça, dans un vernissage ou un cocktail, et, pas intimidée pour 2 sous, elle m’avait raconté ce qu’elle avait fait, sa passion pour Roubaix, pour la culture, pour les gens.

photo Nord Eclair

Comme beaucoup, j’avais tout de suite été sous le charme de sa faconde, de sa bonne humeur, de son énergie; et aussi de son franc-parler. Elle n’avait pas sa langue dans sa poche, ça c’est sûr; mais toujours et avant tout cette gentillesse, cette attention pour les gens, cette chaleur humaine.

Oui, Michèle, depuis 30 ans, était un vrai soleil pour Roubaix, que ce soit pour les habitants de l’Alma où elle travaillait au Centre Social, pour les jeunes qu’elle avait pris son aile, et l’on pense en particulier très fort ce soir à Brahim Bouchelaghem, en qui elle avait cru avant tout le monde et même avant qu’il croit en lui-même peut-être; on pense à la Condition Publique, aux visites de musée, à la Cave aux Poètes; et depuis sa retraite au Rugby Club où elle était devenue une bénévole de choc…

De fil en aiguille, par hasard dans la rue ou dans une manifestation culturelle, je recroisais Michèle, et à chaque fois c’était un plaisir de s’arrêter, d’échanger des nouvelles, d’avoir son point de vue sur je ne sais quel sujet, ou juste de prendre un verre ensemble.

Hélas, parfois, le soleil est noir; et Michèle avait aussi ses côtés sombres; ses propres tourments l’ont emportée hier soir…Les témoignages d’affection affluent depuis l’annonce de sa disparition, et l’on mesure à quel point Michèle était appréciée.

Je ne peux ce soir que me joindre à ce concert de regrets, exprimer ma profonde tristesse à l’idée de l’avoir perdue, et présenter mes sincères condoléances à son fils et ses amis. Je serai là pour lui dire un dernier au revoir mardi au Crématorium de Wattrelos.

On retrouvera avec plaisir Michèle dans la vidéo ci-jointe, publiée ce jour par leblog2roubaix.com

 

Chroniques du bureau 112 #5 : merci à tous ceux…

Alors voila, ça fait déjà 6 fois que je tiens un bureau de vote sur les 7 derniers mois, 8 fois si je remonte aux Régionales de fin 2015, et je voulais conclure cette séquence électorale en remerciant les électeurs, tous les électeurs, un grand merci donc…

à ceux qui viennent en tenue juste avant leur jogging – et à ceux qui viennent juste après, toujours en tenue

à ceux qui pensent qu’il faudrait mettre une amende à ceux qui ne viennent pas voter (mais qui ne sont pas venus au 2ème tour de la présidentielle…)

à ceux qui s’excusent de ne pas être venus voter la semaine d’avant et qui nous expliquent pourquoi

à ceux qui ont scanné les professions de foi des candidats pour l’envoyer à l’électeur qui leur a fait une procuration, « pour qu’il puisse choisir »

à ceux qui refusent catégoriquement de signer leur carte d’électeur (ok, ça ne sert à rien, mais pourquoi refuser ?)

à celles qui arrivent simultanément à tenir un enfant, avoir un sac en bandoulière, ranger leur carte d’identité et leur carte électorale, ET à signer le registre d’émargement sans faire tomber au moins un des ceux-là…

à ceux qui viennent voter en tong, en espadrilles, en claquettes, en babouches, en Birkenstock, en charentaises…(venez comme vous êtes, on s’en moque, on n’est pas au défilé Esmod !)

à celles qui demandent, à 80 ans bien passés, si elles doivent signer avec leur nom de jeune fille ou leur nom de femme marié sur le registre

à ceux qui « apprennent » à leur enfant à voter en lui faisant mettre le bulletin dans l’urne

à ceux qui laissent leur enfant faire des tours de patinettes dans le bureau de vote pendant qu’ils sont dans l’isoloir (parfois, les mêmes que ceux d’avant)

à ceux qui ne savent pas ou ne peuvent plus signer, mais qui viennent quand même voter (prenez votre temps, les suivants attendront…)

à ceux qui regardent d’un oeil ému leur progéniture voter pour la 1ère fois à 18 ans et ne peuvent s’empêcher de nous en faire la remarque (confidence pour confidence, nous aussi on est émus…)

à ceux qui arrivent tous les jours de scrutin à 7h55 le matin, et ceux qui passent après la fermeture, parce qu’ils sont sûrs d’avoir entendu que les bureaux fermaient partout à 20h

à ceux qui sont venus voter, ceux qui ne sont pas venus voter, ceux qui sont venus un jour et que reviendront peut-être, ceux qui ne sont jamais venus et viendront plus tard, ou jamais, parce que, quoi qu’ils en pensent, leur voix compte, et que s’ils venaient nous la donner, le résultat serait sans doute bien différent

Enfin, spécial dédicace à Olivia, qui nous remercie chaque semaine d’être là pour lui permettre de voter, qui se souvient que sa grand-mère lui disait qu’elle n’avait pas toujours eu le droit de vote, et que c’est aussi en pensant à elle qu’elle vient voter à chaque fois…

 

Chroniques du bureau 112 #4 : au 1er tour des Législatives 2017

La frénésie de la présidentielle est retombée, et pour ce jour de vote, le bureau 112 a accueilli à peine 400 électeurs, contre plus de 700 pour la présidentielle. Autant dire que l’activité était moins soutenue, et qu’on s’est même parfois un peu ennuyé.

 

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Autre conséquence, logique (ou plutôt cause à vrai dire) : quasiment aucun nouveau électeur, presque tous ont déjà voté à au moins 1 des 2 tours de la présidentielle. Avantage : on se connait déjà un peu, on discute mieux, les contrôles d’identité sont plus rapides. Et comme c’est déjà la 5ème fois en un an et demi que je préside ce bureau, je reconnais à peu près tous les visages, et suis maintenant repéré par une bonne partie des électeurs. La politique locale, de terrain, c’est ça aussi…

on fera finalement 4 fois plus…

Cela donne aussi le temps d’échanger avec ses assesseurs, et répondre à leurs questions parfois surprenantes : peut-on récupérer des bulletins de vote non utilisés dans la poubelle ? Doit-on écrire en bleu ou noir sur les procès verbaux ? Et puis surtout, bel hommage à la participation, cette réflexion d’une assesseur : finalement, c’est pas compliquée de tenir un bureau de vote, on avait l’impression qu’il y avait plein de choses à savoir mais en fait c’est simple. Alors oui, je le confirme : c’est simple, c’est sympa, on voit du monde et on discute; vous pouvez vous adresser au service Elections pour être volontaire pour un prochain tour !

Petit plaisir Zéro déchet d’une électrice à qui l’on signale la poubelle pour les bulletins non utilisés : « oh non, ça va me faire mes listes de courses pendant 1 mois » 😉

Enfin, dans ce bureau de vote situé dans la salle de jeu d’une maternelle, c’est un régal de lire les panneaux et autres indications aux murs. Cette semaine, je vous recommande en particulier les règles de vie suivantes, valables à tous les âges à vrai dire !

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Et le vote dans tout ça ? Fort logiquement, au vu du contexte national et du vote de Roubaix au 1er tour de la présidentielle, un duo de tête LREM / France Insoumise; et pour être plus précis, la feuille de résultats :

Avec « Un été au Havre », la ville rentre dans le jeu culturel métropolitain

Dans le « jeu métropolitain » d’aujourd’hui, pour exister, il faut avoir « sa » grande manifestation attractive, touristico-culturelle ou culturello-touristique. On appellera ça « Voyage à Nantes », « Lille 3000 », Festival d’Avignon, « Normandie impressionniste », que sais-je encore.

Le Havre l’a bien compris, et a profité de l’occasion de ses 500 ans (la ville fut fondée par François 1er en 1517) pour concocter « Un été au Havre », qui a fêté son ouverture ce week-end, le 27 et 28 mai 2017.

On y retrouve des ingrédients déjà utilisés ailleurs, avec un certain brio et un vrai bonheur ; sans doute dû à la présence derrière les manettes de Jean Blaise, grand manitou du Voyage à Nantes, référence en la matière.

Le bien nommé « Dans le port du Havre », de Pierre et Gilles, l’expo inaugurale d’Un été au Havre au Muma

Ainsi, la présence d’oeuvres magistrales dans l’espace public, les itinéraires de découverte de la ville, les lieux investis par des artistes, un espace urbain rénové et rebalisé, 1 fête d’ouverture et de fermeture (là plutôt à la Lille 3000…), les grandes manifestations qui ponctuent la période (expos prestigieuses dans les musées, défile de rue avec Royal De Luxe, les voiliers, la transat Jacques Vabre, le FISE…), on retrouve à peu près tout dans Un été au Havre ; et ça fonctionne plutôt bien.

 

Des couleurs éclatantes sous un soleil de plomb pour la Catène de containers de Vincent Ganivet, star de la saison

J’ai particulièrement apprécié la magnifique œuvre « Catène de containers » de Vincent Ganivet, évidente icône Instagram de la ville (les équipes d’Un été au Havre n’ont pas oublié le besoin de nos jours de proposer quelques photos ultra reconnaissables qui inondent les réseaux sociaux…), mais surtout œuvre forte et porteuse de sens, magnifiquement placée dans une perspective majeure de la ville, dont on espère qu’elle puisse rester plus longtemps, un peu à la manière des « fleurs d’Euralille » pour Lille 2004 qui ont gagné le droit de devenir permanentes (ok, je sais, les Tulipes de Shangri-La, de Yayoi Kusama…).

Le défilé et la Magnifik parade du samedi d’ouverture fonctionnaient bien, et réussissaient à la fois à remplir la place de l’hôtel de ville, à proposer quelque chose d’à la fois décalé et accessible, et aussi très lié à l’histoire et l’architecture de la ville ; belle gageure !

Mais c’est surtout dans les parcours de découverte qu’Un été au Havre prend tout son sens, on découvre le charme fou d’un centre ville entièrement reconstruit et qui étonne par sa splendeur, on apprécie la proximité de la mer et le caractère de port de la ville se fait sentir à tous les instants ; mais on découvre aussi des hauteurs charmantes, des lieux magiques comme le fort de Tourneville auquel on accède par des escaliers d’un pittoresque remarquable.

Mission accomplie pour cet « Eté au Havre » donc, et l’on se demande déjà si suite il peut y avoir, et surtout quand:)

Chroniques du bureau 112 : au 2ème tour de la Présidentielle

On avait laissé le bureau 112 farouchement mélenchoniste au soir du 1er tour, on se demandait ce que le 2ème tour allait donner…

L’urne enregistrera finalement presque 800 votes…

Première émotion du président du bureau : la porte d’entrée ne s’ouvre pas, la serrure est coincée. Il est 7h30 le dimanche matin (oui, le président arrive tôt…), comment fait-on dans ces cas-là ? La solution est simple : on appelle l’astreinte des ateliers municipaux, et quelques minutes après 8h, 2 techniciens changent le canon et permettent aux électeurs d’entrer par la porte principale et non plus par la porte arrière. Un grand merci à eux, et encore désolé pour les premiers votants qui ont dû faire un léger détour dans les couloirs de l’école maternelle !

Fin d’intervention sur porte récalcitrante !

Autre émotion du jour : les assesseurs sont toujours là; le 1er tour semble ne pas les avoir dissuadé de tenir une nouvelle fois le bureau de vote, et je suis bluffé par leur jeunesse (ils passent tous les 3 le bac cette année…), leur bonne humeur, leur enthousiasme, et le sérieux avec lequel ils tiennent la fonction. S’il y a bien une raison de croire à l’avenir de Roubaix, c’est bien en faisant confiance à ces jeunes, car ils ont un potentiel incroyable. Un grand merci à Yasmina, Léonardo et Thomas; en espérant les revoir aux Législatives…

Un moment un peu troublant a aussi été cette électrice, assez âgée, qui s’est présentée une 2ème fois à peu près une demie-heure après son premier vote, en nous disant qu’elle n’avait pas voté et qu’elle ne se souvenait pas du tout être déjà venue. Nous étions fort affirmatifs, mais il a fallu lui montrer sa signature sur le cahier d’émargement pour qu’elle convienne qu’elle était déjà venue. Evidemment, nous avons essayé d’être délicat, « ça arrive à tout le monde madame d’oublier qu’on a fait quelque chose »…

Enfin, un grand bonheur pour moi en tant qu’adjoint à la Culture, ça a été de lire, dans les couloirs de l’école maternelle, le panneau suivant :

oui, à Roubaix, les écoles maternelles vont visiter le Musée La Piscine, 1er musée de France, y font de la peinture, des dessins, bref apprennent ce qu’est un musée… Rien ne pouvait me rendre plus fier. J’en suis ressorti boosté comme jamais 🙂 Et puis cette punchline finale, « ils ont laisse de l’eau pour s’en souvenir », j’adore !

Bon, au final, le bureau 112 enregistre 30 voix de moins qu’au 1er tour et se retrouve farouchement macroniste 🙂

 

Chroniques du bureau 112 : 1er tour des Présidentielles 2017

Le bureau 112, c’est ce bureau de vote de la Potennerie à Roubaix dont je suis devenu le président fin 2015 pour les Régionales; succédant au regretté Jean-Pierre Rousselle comme je l’avais déjà raconté dans ces chroniques de l’époque…

C’était il y 15 mois et ça paraît très lointain, aujourd’hui on votait pour la Présidentielle, et la première différence notable, c’est la participation. Je notais un sursaut de participation en 2015 avec près de 500 votants, ils étaient cette fois près de 800 sur le même bureau. L’élection présidentielle est décidément la star de la politique française…

Pour ce jour de vote, les bureaux s’étaient aussi mis au Zéro Déchets, et c’est dans des éco-cups réutilisables que les assesseurs ont pu prendre café et boissons cette journée. Parfois, on se demande pourquoi de telles initiatives n’ont pas été mis en place bien plus tôt !

Le nombre de primo-votants n’était pas très élevé, mais de nombreuses questions plusieurs fois posées m’ont rappelé que le rituel républicain du vote reste encore peu familier à beaucoup de d’électeurs. En témoignent les « comment ça se passe ? », ou « qu’est-ce que je dois faire ? », parfois conclus d’un énigmatique « c’est comme à l’école alors ! », ce qui me faire dire que l’école ne joue pas si mal son rôle de formation civique…

Le sérieux du processus électoral est parfois troublé par des questions formulées de manière un peu étrange, comme ce « je n’ai pas reçu l’édition 2017 de ma carte d’électeur », comme un logiciel dont on attendrait la mise à jour, ou cette superbe question d’une accompagnante, demandant très sincèrement « je voulais savoir, je suis belge et j’habite Roubaix, est-ce que  j’ai le droit de venir voter ? »

Enfin, comme d’habitude, présider un bureau de vote, c’est un peu gérer une équipe, avec les employés municipaux, les assesseurs, les scrutateurs; présider pour la 3ème fois ce bureau a d’ores et déjà tissé des liens avec eux; j’ai hâte de les retrouver le 7 mai pour le 2ème tour !

Ça marche pour moi !

J’avais soutenu la candidature d’Alain Juppé à la Primaire de la Droite et du Centre, et espéré jusqu’au dernier moment qu’il revienne dans la course, tellement sa stature personnelle et son projet me paraissaient plus que jamais adaptés aux enjeux de la France et à l’exigence de rassemblement, nécessaire pour gagner.
Ainsi va la vie politique, il n’en a pas été ainsi, et c’est bien François Fillon qui est candidat. Hélas, l’actualité des 3 derniers mois nous a montré que, au delà d’un projet plutôt cohérent , c’est l’homme Fillon qui avait bien des limites et des faiblesses dont nous n’avions pas connaissance auparavant, et qui m’empêchent de lui accorder mon soutien. Je considère en effet que l’élection présidentielle est, comme on le dit si souvent, « la rencontre d’un homme et d’un peuple »; et que si le projet est bien entendu fondamental, les qualités et vertus personnelles du candidat le sont encore plus.

en visite chez OVH à Roubaix

C’est pourquoi j’ai décidé d’accorder ma préférence à la candidature d’Emmanuel Macron. Son projet me convainc par son alliance de cohésion nationale, d’engagement européen, de modernisation et de renouveau économique et de souci de justice sociale. La campagne en cours a montré un homme qui sait parler aux Français de l’avenir de notre pays, et sans doute de manière bien plus vibrante et profonde qu’on ne l’aurait cru il y a quelques mois. Si je regrette son manque d’expérience politique et son absence de parcours d’élu, force est de reconnaître qu’il est devenu un candidat crédible pour tous, et sans doute le meilleur candidat face au Front National.
C’est donc sans hésitation que je voterai dès le 1er tour pour Emmanuel Macron.

Billet dur aux Inrocks

D’habitude je t’aime bien les Inrocks, d’ailleurs je te lis depuis tellement longtemps, mais là t’es venu à Roubaix, t’as fait un article et t’as pas assuré du tout.

Reflet d’immeubles Photo Jean Miaille www.jeanmiaille.fr

D’abord, dis à ta journaliste Inès Bouchareb que le premier devoir du journaliste, c’est de vérifier les faits. Et là, tout ce que tu racontes, c’est truffé d’erreurs et d’inexactitudes. Ça fait pas sérieux pour la suite. 300 structures dans le tissu associatif local ? Il y en a déjà 400 sur le portail associatif de la ville, sans compter toutes celles qui n’y sont pas référencées. Le tabac du Pile graffé dans le cadre de l’expo Street Art de la Condition Publique ? Non, elle commence à la fin du mois, c’était l’an dernier avec la Maison du Projet. Un projet « Blanchemaille consacré à la rénovation des quartiers insalubres » ? Euh pas vraiment, il s’agit d’accueillir des start-up dans les espaces libérés par La Redoute. La manne de la rénovation urbaine pour Blanchemaille ? Pas un centime de l’ANRU, c’est un programme MEL et EPF. Pierre Dubois « ancien élu de 75 ans » ? Aux dernières nouvelles, il est toujours élu. Bref, en 4 pages, ça commence mal niveau crédibilité.

La « boutique abandonnée » du Pile a aussi été le support d’une oeuvre d’Aurélien Nadaud l’été dernier pour Pile au rdv…

Après, j’aurais aussi aimé que tu sortes des clichés ressassés sur Roubaix qu’on croirait plutôt sortis de Valeurs Actuelles. On enchaîne en quelques pages la « ville la plus pauvre de France » (entre guillemets, mais de qui ?), les « briques de misère », des « structures urbaines quasi insalubres » (ça veut dire quoi ?), la « grisaille du ciel » (original!), un FN « qui aurait dû rafler la mairie depuis longtemps » (toutes les villes pauvres votent FN partout en France, c’est ça ?), un « environnement peu accueillant » (ah bon ?), une ville qui est une « ancienne ville dortoir » (sérieux ?), etc. Ça a l’air d’être dur pour toi de sortir de ton 11ème arrondissement et de te renseigner sur l’histoire et l’architecture d’une ville industrielle, qui se trouve aussi être labellisée Ville d’Art et d’Histoire, depuis plus de 15 ans, avec plus de 40 sites inscrits à l’inventaire des Monuments Historiques, mais c’est un détail qui a dû t’échapper.

Parmi les bâtiments inscrits aux Monuments historiques, les Archives Nationales du Monde du Travail

Bon, si l’on fait abstraction des inexactitudes et d’un biais franchement négatif, j’aurais aussi aimé te dire que sur le fond, je ne suis franchement mais franchement pas d’accord avec toi. Tu parles des jeunes qui ne se retrouvent pas à la Condition Publique, moi je t’aurais parlé de Pile au Rendez-vous, un festival co-construit avec les habitants, qui a attiré plus de 5000 personnes en juin dernier. Pas mal pour une « forteresse […] même pas au quartier ». Tu parles des jeunes talents de la région dont les rappeurs pour qui on ne fait rien, je t’aurais parlé du Festival #XU avec sa grand place noire de monde autour des animations danse et musique de Brahim Bouchelaghem, des ateliers de l’ARA, des salles de répétition du Bar Live, des événements de Da-Mas, du weekend hip hop de So Street, de cette belle expo Street Generation(s) de la Condition Publique qui va aussi – et surtout – investir le quartier du Pile et en faire un musée à ciel ouvert…

So Street weekend 2016, salle Watremez. Photos Ahmed Djemai.

Et puis , si tu avais cherché à me joindre, je t’aurais aussi parlé de Camerone Bida, ce jeune danseur du cru, repéré à Shake shake shake, et finalement intégré à Auguri, la dernière création du directeur du Ballet du Nord, Olivier Dubois. Je t’aurais parlé des Fil aux Records, ce collectif de jeunes musiciens qui ont accompagné ce beau projet étudiant et littéraire de « Roubaix en 150 mots » qui a enthousiasmé la ville. Je t’aurais parlé de ces 15 enfants des Quartiers Nord qui vont intégrer l’orchestre Démos de la Métropole Européenne de Lille et jouer du hautbois et de la flûte 2 fois par semaine avec des intervenants de l’Orchestre National de Lille au Centre Social de l’Alma. Je t’aurais parlé de Toi Président, où les jeunes des quartiers vont être formés et rémunérés pour prendre la parole via des vidéos Youtube sur les Présidentielles…

Finalement, je crois que ça aurait donné un bien meilleur article, et là on aurait vraiment compris pourquoi « ma cité va pas craquer », au lieu du misérabilisme condescendant, plein d’erreurs et de clichés que tu nous as asséné. Sans rancune, la prochaine fois on s’appelle avant ?